Covid-19 : la Chine n'en a pas fini avec le virus... ni avec les restrictions

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En Chine, le Covid-19 repart : l'épidémie est même à son plus haut niveau depuis six mois. Plus question donc d'assouplir la politique sanitaire très stricte qui pèse pourtant de plus en plus sur la population.

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Un homme est testé au Covid-19 dans une rue de Shanghaï (Chine), le 1er novembre 2022. (HECTOR RETAMAL / AFP)

5000 nouveaux cas lundi, près de 8000 le lendemain: les chiffres restent très modestes à l'échelle du pays. En mars par exemple, il y avait quasiment dix fois plus de contaminations. Mais ce rebond manifeste suffit pour que Pékin donne un tour de vis supplémentaire à sa politique zéro-Covid, qui n'a jamais cessé d'être appliquée.

>> Chine : le lycée international français de Pékin victime de la stratégie "zéro Covid"

En Europe, on a peu oublié le Covid mais la Chine, elle, vit toujours au rythme des fermetures d'établissements scolaires, des confinements massifs. Quelques cas dans un quartier et c'est une ville tout entière qui peut se retrouver complètement isolée, avec des dépistages quotidiens des personnes testées positives emmenées – de gré ou de force – dans des centres de quarantaine. Tout cela crée un sentiment d'exaspération qui croit de jour en jour.

Il y a quelques jours dans la ville de Lanzhou, c'est au centre du pays, un petit garçon de 3 ans est mort dans son appartement, intoxiqué au monoxyde de carbone. Il aurait pu être sauvé s'il avait été emmené à l'hôpital, sauf que les agents chargés de surveiller le confinement de sa résidence ont refusé de le laisser sortir. Son père a publié un message accusateur sur les réseaux sociaux, qui a ensuite été effacé. Autre fait-divers dramatique, ce week-end dans la ville confinée de Hohhot, en Mongolie intérieure : une femme de 55 ans s'est jetée par la fenêtre. Ses filles avaient pourtant alerté les secours, expliquant que leur mère souffrait d'anxiété et avait des pensées suicidaires. Ils n'ont jamais pu entrer. Les portes de l'immeuble avaient été soudées, par le comité de quartier... pour empêcher les habitants de sortir.

Des exportations en baisse

Ces confinements à répétition ont aussi des conséquences lourdes pour la deuxième économie de la planète. Vu d'occident l'usine du monde n'est plus considérée comme un fournisseur fiable. Pour prendre un seul exemple, la plus grande usine d'iPhone au monde, Foxconn, à Zhengzhou, fonctionne au ralenti.

On a vu la semaine dernières les vidéos des ouvriers qui s'échappaient par dizaines en escaladant les grillages pour ne pas rester confinés sur place. Résultat, Apple devrait produire deux à trois millions d'iPhone en moins ce trimestre.

Les délais de livraison s'allongent - ce n'est pas un bon signal avant les fêtes de fin d'année. Et c'est la même chose pour les voitures ou les appareils électroménagers. Le mois dernier, l'ensemble des exportations chinoises a baissé de 0,3%. C'est la première fois depuis deux ans et demi que le moteur principal de l’économie se retrouve dans le rouge.


La croissance, elle, perd encore un point pour le quatrième trimestre, à environ 3,5%. Parallèlement, la Chine traverse une crise sans précédent dans l'immobilier, historiquement un moteur de la croissance.

De moins en moins de milliardaires

Tous ces mauvais chiffres ont nourri ces dernières semaines les rumeurs d'un assouplissement de la politique sanitaire. Espoirs douchés ce week-end par les autorités sanitaires. La Chine s'en tient de manière "indéfectible" à sa stratégie. Cela pourrait décevoir les investisseurs qui espèrent en une levée
des restrictions. La perspective d'une récession mondiale risque d'aggraver les choses.

Pour l'anecdote, la Chine n'a d'ailleurs jamais compté aussi peu de milliardaires. Selon le classement établi par le cabinet chinois Hurun publié ce mardi, 1 305 personnes ont une fortune estimée à au moins cinq milliards de yuans (environ 691 millions de dollars), un chiffre en recul de 11% sur un an. C'est surtout la plus forte chute depuis 24 ans. 

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