Législatives 2024 : l'économie retient son souffle, les élections pèsent sur l’optimisme des patrons

Cette période électorale met l’économie sur pause, c’est ce qu’assurent les chefs d’entreprise. À l’issue des résultats, ils craignent, notamment, une remise en cause de la politique de l’offre ou une hausse de la fiscalité.
Article rédigé par Fanny Guinochet
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Les chefs d'entreprise sont inquiets des résultats possibles des élections législatives de 2024. Photo d'illustration. (GETTY IMAGES)

La France du business est comme figée, suspendue aux élections législatives, dont le second tour à lieu dimanche 7 juillet. L’attentisme du marché immobilier s’étend à tous les secteurs de l’économie. Dans les entreprises, depuis la dissolution, les investissements sont mis de côté, les embauches gelées, les nouveaux projets repoussés, des événements et des séminaires sont annulés. Selon François Asselin, le président de la CPME, l’organisation patronale qui représente les petites et moyennes entreprises, la mise à l’arrêt est telle que "l’on a d’ores et déjà perdu un trimestre de croissance", a-t-il déclaré, mercredi 3 juillet lors d'une interview.

L’activité du secteur privé, par exemple, que l’on mesure avec l’indice PME /PMI (qui prend en compte à la fois le secteur manufacturier et celui des services) a été publié lundi. Celui-ci indique qu’il s’est légèrement contracté au mois de juin, il est passé tout juste en dessous de la barre des 50, c’est un petit signal qui montre combien les élections pèsent sur l’optimisme des patrons. Or, la confiance, élément essentiel en économie, en a pris en coup.

Les patrons sont inquiets et attendent que la situation politique se dénoue. À l’issue des résultats, ils craignent une remise en cause et l’abandon de la politique de l’offre, favorable aux entreprises que menait Emmanuel Macron. Ils ont peur aussi d’une hausse de la fiscalité sur les particuliers comme sur les sociétés. Ils se désolent aussi de voir que les textes qu’ils attendaient, par exemple, la loi sur la simplification, sont passés à la trappe avec la dissolution, idem pour la réforme de l’assurance-chômage.

Du soulagement du côté des marchés

En même temps, les marchés eux n’ont pas trop bougé cette semaine. Il y a du soulagement déjà parce que depuis les résultats de dimanche soir, leur principale crainte a été évacuée : celle d’une arrivée en force, en majorité absolue, du Nouveau Front populaire. L'alliance de gauche est  perçue comme très anti-entreprises et investissements. Les investisseurs étrangers se disent que même avec la forte montée du Rassemblement national, la France restera gouvernable, à l’instar de l’Amérique sous Trump ou encore de l’Italie de Giorgia Meloni. Et depuis mercredi, avec les désistements et la tentative de constitution d'un front républicain, les investisseurs voient la possibilité d'une majorité absolue du RN s'éloigner, ce qui les rassure un peu. Mercredi soir, la Bourse de Paris terminait en hausse.

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