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Le décryptage éco. Vers le retour des plans sociaux

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2 000 postes de la chaîne de meubles Alinéa risquent de disparaître. Plus d'un millier chez le spécialiste du vêtement Naf-Naf. Les plans sociaux dûs au coronavirus commencent à apparaître. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Express").

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Radio France
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La chaîne d'ameublement Alinéa a été placée en redressement judiciaire. Un magasin Alinéa à La-Chapelle-Saint-Aubin (Sarthe). Photo d'illustration. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

L’enseigne de meubles Alinéa mais aussi la marque de vêtements Naf Naf sont placées en redressement judicaire. C’est le retour de plans sociaux.

On a raison de parler de "retour", parce que ces deux dernières années, les plans sociaux avaient beaucoup diminué en France : moins de 500 par an, contre deux fois plus il y a dix ans. Avec l’épidémie de Covid, on s’attend de nouveau à des vagues de licenciements économiques. Dans la chaîne de meubles Alinéa, c’est 2 000 postes qui risquent de disparaître. Plus d’un millier pour Naf-Naf. Il y a quelques semaines, c'était La Halle qui était mise en procédure de sauvegarde, avec 6 000 emplois sur la sellette. Certes, toutes ces marques étaient déjà bien affaiblies par le mouvement des "gilets jaunes" et le conflit sur les retraites. Et, pour elles, le Covid-19, signe le coup de grâce. Mais il y a toutes les autres.

Même dans les secteurs qui allaient bien, les entreprises se retrouvent avec moins 30%, parfois 50% d’activité. Prenez le tourisme ou l’aéronautique dont les carnets de commande étaient pleins avant la crise. Pour le moment, les entreprises s’en sortent avec le chômage partiel, et les aides de l’État. Mais quand ces dispositifs vont s’arrêter,  elles vont tailler dans les effectifs et supprimer des emplois.

Des voix s’élèvent pour améliorer les conditions de ces plans de sauvegarde 

Les professionnels des restructurations, mais aussi de l’emploi alertent tous sur la difficulté que vont rencontrer ces actifs. Outre la rapidité avec laquelle ils vont perdre leur poste, ils vont être tellement nombreux sur le marché du travail dans les mois prochains, qu’ils vont avoir beaucoup de mal à retrouver un emploi. D’où cette nécessité de mieux renforcer les dispositifs Raymond Soubie, l’ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy qui a géré la crise de 2008. Il plaide, par exemple, pour qu’on allonge les congés de reclassement pendant lesquels l'entreprise continue de payer le salarié ou encore qu’on renforce les systèmes de formation, pour aider les demandeurs d’emploi à se reconvertir.  

Revoir les règles de l’assurance chômage

Les syndicats demandent tous que le gouvernement renonce totalement à sa réforme de l’assurance chômage. Avec la crise, une partie des mesures qui devaient entrer en vigueur en avril, a été suspendue mais, normalement, cette réforme doit entrer en vigueur en septembre prochain. Ça fait partie des sujets en cours de discussion avec l’exécutif. Étant donné la situation, le gouvernement réfléchit à revoir sa copie. 

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