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Le brief éco. Coronavirus et soutien à l'économie : Emmanuel Macron renvoie la balle à Christine Lagarde

Emmanuel Macron a renvoyé la balle à la BCE. "La Banque centrale européenne a fait part de ses premières décisions. Seront-elles suffisantes ? Je ne le crois pas", a-t-il dit lors de son allocution télévisée sur le coronavirus jeudi.

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(DENIS CHARLET / AFP)

Dans son allocution télévisée jeudi 12 mars, Emmanuel Macron a répondu à la présidente de la Banque centrale européenne. Quelques heures plus tôt, Christine Lagarde appelait les États membre de l'Union à agir rapidement pour soutenir l'économie mise à mal par l'épidémie de coronavirus. Le président de la République lui a renvoyé la balle.

Dans la bouche du chef d'État on peut parler d'une réponse cinglante, même si celle-ci est restée très courtoise : "La Banque centrale européenne a fait part de ses premières décisions. Seront-elles suffisantes ? Je ne le crois pas". Le ton était donné... ne manquait plus qu'à annoncer la couleur.

Boîte à outils présidentielle

Le président de la République a annoncé un mécanisme exceptionnel et massif de chômage partiel qui ira bien plus loin que les annonces déjà faites par le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, pour préserver les emplois ; prise en charge de l'indemnisation des salariés contraints de rester chez eux ; report, sans justification ni pénalité, du paiement des cotisations et impôts dus au mois de mars pour les entreprises (petites ou grandes) qui en feront la demande. Ce qu'a annoncé Emmanuel Macron s'inspire largement de la méthode employée par l'Allemagne pour gérer la crise de 2009 : recours massif au chômage partiel pour éviter les licenciements et permettre aux entreprises de réintégrer tout le monde une fois la crise terminée. Mesure réaliste et pragmatique. L'État est là pleinement dans son rôle.

Chaque chose en son temps

Il s’agit de mesures d'urgence mais pas de plan de relance comme la présidente de la BCE l'a suggéré. Chaque chose en son temps. L'urgence est d'aider les entreprises à tenir bon. Ce que recommande Christine Lagarde arrivera, peut-être, dans un second temps : un plan de relance budgétaire. Une arme beaucoup plus lourde à mettre en place car elle engage des milliards, voire des dizaines de milliards d'euros, avec les contraintes de déficits imposées par Bruxelles. Cette réponse n'est pas individuelle, elle doit être collective et émaner de l'ensemble des Etats européens à travers une action coordonnée, pour être vraiment efficace. Nous en sommes encore loin.

(DENIS CHARLET / AFP)