Chômage partiel, report de cotisations, plan de relance : quatre annonces d'Emmanuel Macron pour atténuer les effets du coronavirus sur l'économie

La journée de jeudi a été marquée par la débâcle historique des places boursières, Paris connaissant la plus forte chute de son histoire, avec une clôture à la baisse de -12,3%.

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Le comptoir d'enregistrement vide de la compagnie Delta Airlines à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, le 12 mars 2020. (BERTRAND GUAY / AFP)

C'était l'un des points les plus attendus de l'allocution présidentielle. Comment atténuer les effets du puissant ralentissement de l'économie en raison de l'épidémie du nouveau coronavirus ? La journée du jeudi 12 mars a illustré spectaculairement cette urgence, notamment avec la nouvelle débâcle historique des places boursières, Paris connaissant la plus forte chute de son histoire avec une clôture à la baisse de -12,3%.

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Indemnisation des salariés mis au chômage partiel, plan de relance national et européen... Emmanuel Macron a profité de son allocution aux Français pour détailler son plan pour empêcher le Covid-19 de terrasser l'économie française. Voici ses annonces.

Un mécanisme de chômage partiel pour les salariés

"Nous n'ajouterons pas aux difficultés sanitaires la peur de la faillite pour les entrepreneurs, l’angoisse du chômage et des fins de mois difficiles pour les salariés", a lancé Emmanuel Macron, qui a promis que "tout [serait] mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises. Quoi qu’il en coûte, là aussi"

Emmanuel Macron annonce des mesures en faveur des entreprises et des salariés

Pour répondre à l'urgence économique, le président de la République a annoncé la mise en place d'un mécanisme d'aide "exceptionnel et massif" qui passera notamment par le chômage partiel. 

Il a assuré que le dispositif irait "beaucoup plus loin" que les mesures déjà annoncées par le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, et celle du Travail, Muriel Pénicaud, pour soutenir les entreprises. "L’Etat prendra en charge l’indemnisation des salariés contraints à rester chez eux. (...) Je veux que nous puissions protéger aussi nos indépendants et donc nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour donner cette garantie sur le plan économique", a indiqué le chef de l'Etat.

Une intensification du télétravail

Emmanuel Macron a également appelé de ses vœux une montée en puissance du télétravail pour les entreprises capables de le mettre en œuvre. En France, plus d'un tiers des salariés du privé (34%), la moitié en Ile-de-France, ont recouru au télétravail pendant les grèves contre la réforme des retraites, selon une étude CSA pour Malakoff Humanis publiée jeudi. 

Une enquête menée du 6 au 15 février n'a pas pu mesurer l'impact du coronavirus, encore à ses prémices, mais 27% des entreprises déclarent avoir déjà incité leurs salariés à télétravailler en période d'épidémie, et 36% des salariés indiquent que leur entreprise les a effectivement incités à travailler chez eux afin d'éviter toute contamination ou arrêt de travail.

Coronavirus : Emmanuel Macron demande l'intensification du télétravail

Un report facilité du paiement des cotisations

Les entreprises qui font face à une baisse soudaine d'activité auront droit à un délai pour régler leur dû à l'Etat, a annoncé Emmanuel Macron : "Toutes les entreprises qui le souhaitent pourront reporter sans justification, sans formalité, sans pénalité, le paiement des cotisations et impôts dus en mars".

Une mesure qui va dans le sens de celles déjà annoncées par Bruno Le Maire, qui avait proposé la suspension du paiement de certains impôts et cotisations, ou encore la garantie par la Banque publique d'investissement (Bpifrance) des crédits de trésorerie des PME en difficulté.

Un plan de relance national et européen qui reste à définir

En revanche, Emmanuel Macron n'a pas annoncé, pour l'instant, de plan de relance budgétaire comme le demandent les institutions financières comme le FMI ou l'OCDE pour faire redémarrer l'économie. Il s'est limité à annoncer sa préparation et en lançant un appel à l'Union européenne. "J'ai demandé au gouvernement de préparer d'ores et déjà un plan de relance national et européen cohérent avec nos priorités et nos engagements pour l'avenir", a-t-il déclaré, sans donner plus de détails.

L'Europe doit réagir "vite et fort", a-t-il insisté, estimant que les annonces de la Banque centrale européenne (BCE), dévoilées quelques heures plus tôt, ne seraient pas suffisantes pour faire face à la crise.

Nous, Européens, ne laisserons pas une crise financière et économique se propager, nous réagirons fort et nous réagirons vite, l'ensemble des gouvernements européens doit prendre les décisions de soutien de l'activité puis de relance, quoi qu'il en coûte.

Emmanuel Macron

Le président a, par ailleurs, insisté sur le besoin de coordonner les efforts. "Ce n'est pas la division qui permettra de répondre à ce qui est aujourd'hui une crise mondiale, mais bien notre capacité à voir juste""Il faut éviter le repli nationaliste. Ce virus n'a pas de passeport", a enfin lancé Emmanuel Macron, soulignant que les fermetures de frontières devront être décidées "à l'échelle européenne", le cas échéant.

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