Porte verrouillée, tenue de protection renforcée et personnels nombreux : on a visité un service réanimation qui accueille les malades graves du coronavirus

C'est dans ce service de l'hôpital Bichat, à Paris, qu'ont été amenés les premiers malades du coronavirus. Une vingtaine de patients y sont actuellement soignés.

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Édité par Noémie Bonnin - Solenne Le Hen
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
L'entrée de l'hôpital Bichat, à Paris, le 29 janvier 2020. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

"Zone à haut risque infectieux", le message est écrit sur la porte du service de réanimation de l'hôpital Bichat, à Paris. La porte est verrouillée, il n'accueille que des malades du coronavirus Covid-19. C'est ici qu'ont été accueillis les premiers patients graves du coronavirus. C'est là aussi qu'est morte la première personne en France de ce virus, un ressortissant chinois de 80 ans. Désormais, ce service accueille tous les jours de nouveaux patients, sérieusement atteints.

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Une équipe de soignants se prépare justement à entrer dans l'une des chambres : "Ils sont tous en tenue : un pyjama jetable, une sur-blouse, des gants, une charlotte, un masque et des lunettes, explique la professeure Lila Bouadma. Vous voyez que les médecins sont habillés dans une tenue assez lourde, on s'épuise assez vite, c'est extrêmement fatigant."

Une vingtaine de malades sont soignés pour le moment, mais l'hôpital pourra bientôt en accueillir 40 en réanimation. À travers la vitre, on peut voir un patient endormi. Comme tous les autres, il a un tuyau dans la bouche, relié à une machine, un respirateur qui remplace ses poumons. Autour de lui, six soignants, il leur faut près d'une demi-heure pour le retourner sur son lit pour lui permettre de mieux respirer, lui faire la toilette et refaire son lit.

Ces patients vont nécessiter des soins extrêmement lourds, et beaucoup de personnel à leurs côtés.

Professeure Lila Bouadma

à franceinfo

Ici, le coronavirus a endommagé les poumons de tous les malades : "C'est essentiellement ça, la pathologie du coronavirus. Cela donne une destruction du poumon et notamment de sa membrane qui permet d'oxygéner le sang. Ce qui va nécessiter du temps pour se réparer."

Aucun pronostic

Ce qui étonne la professeure Bouadma depuis quelques jours, c’est le profil des patients qui arrivent : "Ils ont tous les âges, à partir de 30 ans. De 30 ans à 77 ans." Étaient-ce des patients en bonne santé ou déjà malades ? "C'est toujours extrêmement difficile de trouver le patient parfaitement en bonne santé, répond la médecin. Si on cherche bien, il y a toujours des patients un peu en surpoids, qui ont un peu d'hypertension artérielle, qui ont un peu de diabète, etc. Mais ils n'ont pas de comorbidité, ces facteurs de risques très importants. Donc ça peut toucher, a priori, tout le monde."

On voit un éventail de patients qui ressemble à une population française tout à fait banale : un peu en surpoids, un peu d'hypertension, etc.

Professeure Lila Bouadma

à franceinfo

La professeur Bouadma revient donc sur l'hypothèse de départ, selon laquelle le coronavirus ne touchait que les personnes âgées ou déjà malades. "Ce n'est pas le cas, ça peut toucher tout le monde. Mais les plus fragiles vont probablement être plus sévères." En revanche, elle ne se risque pas à donner de pronostic pour ces patients. "Nous n'avons pas encore assez de recul sur la maladie", explique-t-elle.

En pleine crise du coronavirus, reportage au cœur du service réanimation de l'hôpital Bichat, à Paris.
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