Coronavirus : création d'un fonds de solidarité, élargissement de la garantie pour les prêts accordés aux PME... Bruno Le Maire annonce des mesures pour aider les entreprises

Il s'est exprimé, jeudi, en marge d'un déplacement dans le département des Hauts-de-Seine, près de Paris.

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Bruno le Maire, le ministre de l'Economie, lors d'une conférence de presse, à Paris, le 9 mars 2020. (ERIC PIERMONT / AFP)

Il évoque un "choc économique", un "choc massif, mondial" et "violent". Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, a fait plusieurs annonces, jeudi 12 mars, pour tenter de renforcer l'économie française afin qu'elle puisse affronter l'épidémie de coronavirus. Franceinfo revient sur les mesures évoquées par le ministre à l'issue d'une table ronde avec des chefs d'entreprise, à Colombes (Hauts-de-Seine).

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Création d'un fonds de solidarité

Il est "vraiment réservé aux entreprises les plus modestes, les plus petites, qui sont à court de trésorerie", a indiqué Bruno Le Maire. Il a promis d'en annoncer lundi les modalités de financement et de fonctionnement. "Je veux juste m'assurer que [l'argent] va bien à ceux qui en ont vraiment besoin", a-t-il ajouté, après une demande unanime de la dizaine de chefs d'entreprises rencontrés à Colombes.

L'accès à ce potentiel fonds, dont le montant n'a pas été précisé, serait décidé sur des critères de chiffre d'affaires, pour le "réserver aux plus petites entreprises", et de perte de chiffre d'affaires ou d'exploitation, a précisé le ministre. "Je ne veux pas que le fonds permette à certains de se défausser de leur responsabilité", a-t-il insisté, citant les banques, les assureurs et les grands donneurs d'ordre.

Elargissement de la garantie pour les prêts accordés aux PME

"En matière de trésorerie, nous souhaitons aussi que toutes les entreprises puissent avoir accès aux prêts dont elles ont besoin. Nous avons donc décidé de porter la garantie de l'Etat à travers la BPI de 70% à 90%", a déclaré le ministre de l'Economie. "Cette garantie de l'Etat est un instrument extrêmement puissant pour que les entreprises puissent continuer à avoir des prêts à avoir de la trésorerie", a-t-il affirmé. "Nous élargissons cette couverture de l'Etat des PME aux entreprises de taille intermédiaire", a également souligné Bruno Le Maire.

Report des charges sociales et des charges fiscales

Bruno Le Maire a confirmé que les entreprises les plus touchées pourraient demander un report des charges sociales et fiscales, comme il l'avait évoqué lundi. "Nous allons leur proposer ce report. Ce n'est pas à elle de le demander, c'est l'administration sociale et fiscale qui va proposer aux entreprises le report de leurs charges sociales et de leurs charges fiscales, a-t-il déclaré. Si, au bout du compte, des entreprises ne peuvent pas payer, nous ferons des dégrèvements fiscaux", a promis Bruno Le Maire.

Amélioration du chômage partiel

Le ministre de l'Economie s'est engagé à améliorer la couverture du chômage partiel, qui est, selon lui, "l'un des dispositifs les plus efficaces" pour aider les entreprises en difficulté. "Nous voyons bien que rien n'est plus précieux pour une entreprise que ses employés et nous voulons absolument que les entreprises évitent les licenciements et recourent davantage à l'activité partielle", a-t-il déclaré.

L'indemnité horaire compensatrice versée par l'Etat aux employeurs ayant recours au dispositif d'activité partielle atteint jusqu'à présent le niveau du Smic (8,03 euros net de l'heure). "Je pense qu'il faut profiter de cette crise et des difficultés économiques actuelles pour porter une amélioration radicale du dispositif de chômage partiel en France", a-t-il ajouté, dénonçant un système "lacunaire" et "trop lent".

"Nous allons donc étudier avec Muriel Pénicaud [la ministre du Travail] une amélioration des dispositifs (...) pour refonder l'activité partielle en France, afin qu'elle couvre mieux les salariés, qu'elle aille au-delà d'un Smic et permette aux entreprises de conserver leurs salariés et leurs compétences", a-t-il ajouté.

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