"Quoi qu'il en coûte" : Emmanuel Macron lance un appel général à la mobilisation contre le coronavirus

Lors de son allocution télévisée, le chef de l'Etat a tenu un discours très solennel, appelant à "reprendre le contrôle, construire plus encore que nous ne le faisons déjà une France et une Europe souveraines". 

L\'allocution d\'Emmanuel Macron sur le coronavirus Covid-19, le 12 mars 2020. 
L'allocution d'Emmanuel Macron sur le coronavirus Covid-19, le 12 mars 2020.  (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

Face à "la plus grave crise sanitaire depuis un siècle", Emmanuel Macron a livré un discours très solennel, jeudi 12 mars, appelant "à la cohésion de la Nation" pour lutter contre l'épidémie de coronavirus Covid-19"La France unie, c'est notre meilleur atout dans la période troublée que nous traversons", a affirmé le chef de l'Etat dans cette longue déclaration de 25 minutes depuis son bureau de l'Elysée.

Il s'est notamment adressé aux entreprises et aux hôpitaux, les appelant à mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires pour lutter contre l'épidémie, et ce, "quoi qu'il en coûte", a insisté le chef de l'Etat à trois reprises dans son discours. 

"La santé n'a pas de prix" 

Dans les hôpitaux, les soins non essentiels seront reportés et le maximum de médecins et de soignants seront mobilisés, y compris les étudiants et les jeunes retraités, a annoncé le chef de l'Etat."La santé n'a pas de prix. Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies. Quoi qu'il en coûte", a déclaré Emmanuel Macron. 

Le président de la République a estimé qu'il faudrait "tirer les leçons" et "interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies". 

"Protéger les salariés et les entreprises" 

"Tout sera mis en oeuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises, quoi qu'il en coûte, là aussi", a-t-il assuré. Pour ce faire, Emmanuel Macron a annoncé un mécanisme "exceptionnel et massif" passant notamment par la mise en place de chômage partiel.

"L'État prendra en charge l'indemnisation des salariés contraints à rester chez eux", a-t-il promis. En outre, "toutes les entreprises qui le souhaitent pourront reporter sans justification, sans formalité, sans pénalité, le paiement des cotisations et impôts dus en mars".

Déjà 3 600 entreprises ont demandé à bénéficier de mesures de chômage partiel pour environ 60 000 salariés, selon la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Le tourisme, la restauration, l'événementiel et les transports sont particulièrement touchés.

"Nous sommes en train d'apprendre de cette crise" 

Le chef de l'Etat a particulièrement loué le modèle français de l'État-providence, en allant jusqu'à remettre en cause notre système de développement. "Ce que révèle d'ores et déjà cette pandémie, c'est que la santé gratuite, sans condition de revenus, de parcours ou de profession, notre État-providence, ne sont pas des coûts ou des charges, mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe", a-t-il déclaré d'un ton grave à la fin de son discours. 

Le chef de l'Etat a également fait savoir qu'il n'entendait plus "déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner", ni les laisser "aux lois du marché"