Santé : pourquoi sommes-nous plus vulnérables à de nombreux virus en ce moment ?

écouter (3min)

Les virus sévissent. Les DRH comptent entre10 et 15% de salaries en arrêt maladie dans les entreprises. Il y a aussi beaucoup d’absents à l'école. Comment expliquer cette situation ? Notre système immunitaire est​-il devenu plus fragile ?

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un homme se mouche. (MATHIEU HERDUIN / MAXPPP)

Le fait de ne pas avoir croisé beaucoup de virus saisonniers depuis deux ans, n’a pas fragilisé notre système immunitaire mais nous sommes tout simplement beaucoup plus exposés ! En ce moment, avec la levée des gestes barrière, tous les virus se sont remis à circuler en même temps, explique le professeur Bruno Lina, virologue et membre du Conseil scientifique. Non seulement on relève 127 000 cas positifs au Covid-19 par jour, en moyenne (un chiffre en hausse de 43% en une semaine) mais la grippe sévit aussi en ce moment alors qu’habituellement son pic a plutôt lieu en février. 

À cela s’ajoutent la gastro-entérite et la varicelle, qui est une maladie d’intersaison. Si, nous, les adultes, nous ne sommes pas devenus plus fragiles, en revanche, les très jeunes enfants sont un peu en session de rattrapage. Leurs défenses immunitaires sont parfois confrontées pour la première fois à certains virus saisonniers, qu’il n’avaient pas croisés à cause des gestes barrières. Ils sont donc un peu plus nombreux à être malade en ce moment et cela peut créer des boucles de contaminations avec les adultes.

>> infographies. Chiffres du Covid-19 : morts, hospitalisations, vaccins... Suivez l’évolution de l'épidémie en France et dans le monde

Par ailleurs, beaucoup de Français qui avaient échappé au Covid-19 jusqu’ici se retrouvent rattrapés par le virus. D’abord, parce qu’effectivement, ceux qui ne sont protégés que par la vaccination ont un peu moins d’immunité que ceux qui sont protégés par le vaccin et par une infection précédente. Ensuite, parce que le sous-variant d’Omicron, le BA.2, qui est encore plus contagieux que le BA.1, représente désormais 66% des contaminations. Soit trois fois plus qu’il y’a un mois, alors même que nous avons laissé tomber le masque. Il est difficile effectivement de passer à travers les gouttes dans ce contexte. Heureusement, chez les personnes vaccinées, les symptômes restent, en général, légers.

Protégés grâce aux vaccins

Les vaccins reçus cet automne contre la grippe ou contre le Covid-19 nous protègent. Pour le vaccin contre la grippe, les anticorps perdurent en général de six à huit mois. Même chose pour la vaccination contre le Covid-19 qui reste efficace contre les formes graves, insiste le professeur Jean-Daniel Lelièvre, expert à la Haute autorité de Santé.

Ainsi, au bout de six mois, on reste en général protégé à plus de 80% lorsque l’on a reçu trois doses. Cette efficacité vaccinale décroît après trois ou quatre mois, chez les personnes âgées ou fragiles, d'où l'importance de la 4e dose proposée aux plus de 80 ans et aux personnes immunodéprimées. La question se pose d’ailleurs d'élargir cette 4e dose aux plus de 65 ans à risque.
 
Enfin, si vous avez le nez bouché ou la gorge qui irrite en ce moment, c'est peut-être aussi... à cause des allergies. Le risque d’exposition aux pollens de bouleau, de frêne, ou de platane, est élevé actuellement  en Île-de-France, en Normandie, et en Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.