Vidéo "On n'y arrive plus" : dans cette maison d'accueil pour adultes autistes, il manque la moitié du personnel médico-social

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"On n'y arrive plus" : dans cette maison d'accueil pour adultes autistes, il manque la moitié du personnel médico-social -
"On n'y arrive plus" : dans cette maison d'accueil pour adultes autistes, il manque la moitié du personnel médico-social "On n'y arrive plus" : dans cette maison d'accueil pour adultes autistes, il manque la moitié du personnel médico-social - (ENVOYÉ SPÉCIAL / FRANCE 2)
Article rédigé par France 2
France Télévisions
Sur les hauteurs d'un village de Savoie, cette maison d'accueil spécialisée a tout pour assurer à ses résidents, des adultes autistes pour la plupart, le calme et la sérénité dont ils ont besoin... Mais il lui manque l'essentiel : le personnel, qui devrait être deux fois plus nombreux. Extrait d'un reportage d'"Envoyé spécial" dans un secteur médico-social à bout de souffle, qui compte désormais 50 000 postes vacants.

Sur la route du col du Granier, elle offre une vue magnifique sur le massif de la Chartreuse. A L'Orée de Sésame, maison d'accueil spécialisée gérée par l’association Sésame Autisme Rhône-Alpes, tout est fait pour que les 35 résidents, des adultes atteints d'autisme, de trisomie ou de troubles envahissants du comportement (TED) se sentent chez eux.

Les quinze salariés permanents de l'établissement connaissent par cœur ces patients fragiles, que le moindre changement perturbe profondément. Pour en prendre soin dans de bonnes conditions, il faudrait qu'ils soient au moins deux fois plus nombreux… mais les démissions et les arrêts maladie se succèdent, au point qu'établir un planning est devenu presque impossible. Aide-soignante depuis douze ans, Céline se rappelle de "périodes dures, où il y avait un manque de personnel pour des arrêts, des choses comme ça, mais on arrivait tout le temps à rebondir, affirme-t-elle. Là, on n'y arrive plus. Plus du tout." 

"Et pourtant, quand il y a le personnel, ça se passe super bien !"

Le fonctionnement de la maison d'accueil ne repose aujourd'hui que sur l'énergie des salariés qui sont encore là – comme Marie-Laure, une habituée des heures supplémentaires bénévoles. Un cercle vicieux, car la surcharge de travail les épuise eux aussi. Sans compter qu'en sous-effectif, gérer les crises, parfois incontrôlables, des résidents s'avère encore plus compliqué. 

Il y a encore un an, une telle situation était impensable pour le directeur, Etienne Michon. En vingt-quatre ans de carrière, il n'avait jamais rien connu de semblable. Pour lui, ce à quoi il est confronté depuis juin 2021 ressemble, "d'une certaine manière, à 'la grande démission' dans le secteur médico-social, avec tout un tas de professionnels qui ont quitté le secteur, qui sont partis faire tout autre chose que le secteur médico-social".

Faute d'encadrement, les activités proposées se raréfient. L'accompagnement se détériore chaque jour davantage. Inédite à ce point, la pénurie de personnel met en danger ces résidents handicapés, qui nécessitent beaucoup de temps et d'attention. Au moment du tournage d'"Envoyé spécial", Etienne Michon s'était résolu à annoncer aux familles qu'il devait se séparer de neuf d'entre eux, dont il n'a plus les moyens de s'occuper.

Extrait de "Cherche aides-soignants désespérément", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 13 avril 2023.

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