Présidentielle 2022 : battu par Valérie Pécresse, le finaliste Eric Ciotti a tout de même "gagné son pari" au congrès LR

Article rédigé par
Thibaud Le Meneec - franceinfo
France Télévisions
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Temps de lecture : 3 min.
Le député Les Républicains Eric Ciotti, lors d'un meeting à Sainte-Foy-lès-Lyon, le 18 novembre 2021. (NORBERT GRISAY / HANS LUCAS / AFP)

Promis à un faible score quand il s'est lancé dans la bataille du congrès, fin août, Eric Ciotti s'est frayé un chemin jusqu'au second tour de la primaire, remportée samedi par la favorite Valérie Pécresse.

Il a perdu tout espoir dans la bataille de l'Elysée, mais a gagné un nouveau statut. Eric Ciotti, battu samedi 4 décembre par Valérie Pécresse au second tour du congrès des Républicains (39,05% contre 60,95%), reste la surprise majeure de ce scrutin interne. Outsider il y a encore quelques semaines, le député des Alpes-Maritimes est devenu finaliste aux dépens de deux favoris, Michel Barnier et Xavier Bertrand. Les adhérents l'ont même placé en tête au premier tour, jeudi, avant que les candidats battus n'appellent à voter contre lui au second.

Une surprise, sachant qu'Eric Ciotti s'est lancé dans cette compétition aux contours longtemps flous parce que Laurent Wauquiez avait renoncé. "S'il avait été candidat à la présidentielle, je n'aurais pas été candidat", affirmait le député azuréen sur BFMTV, le 24 novembre.

"Impunité zéro" et "Guantánamo à la française"

L'Auvergnat et le Niçois sont liés par un respect mutuel et une convergence de vues sur certains sujets, surtout ceux liés à l'identité et à la sécurité. Aucun hasard à ce que ces deux thèmes soient au cœur du projet d'Eric Ciotti, qui martèle à longueur de réunions publiques (cinquante depuis le début de campagne) sa volonté de voir la France "rester la France". "Impunité zéro" face aux délinquants, "Guantánamo à la française" pour les terroristes, "priorité nationale et européenne" en matière d'emploi et d'allocations… Autant de mesures qu'il prône depuis longtemps et qui ont rythmé cette campagne sans animosité entre les candidats.

Pour arriver là, le "monsieur Sécurité" de la droite a mis en valeur sa fidélité à la maison LR : jamais il n'a quitté Les Républicains, contrairement à Xavier Bertrand et Valérie Pécresse. Le député en a fait l'un de ses axes de campagne et la garantie de son indépendance face à Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Sur ce créneau, il affronte Michel Barnier, lui aussi fidèle au parti de droite depuis 2017. Mais l'ancien commissaire européen a réalisé, selon ses détracteurs, une prestation décevante au Conseil national du 20 novembre, sans marquer de points lors des débats.

"Ciotti est apparu sympa aux yeux du public"

Lors des quatre affrontements télévisés, Eric Ciotti est justement resté "dans son couloir", selon son équipe, gardant son calme pour développer son programme. N'avait-il pas dit à ses sympathisants réunis sur les hauteurs de l'arrière-pays niçois, fin août, qu'il mènerait "une campagne sereine, apaisée, sur des idées" ? "Ciotti est apparu sympa aux yeux du public pendant les débats", concède un ministre, pas vraiment surpris : "C'est le mec de droite qui déroule des idées de droite." "Il fait une très bonne campagne en suivant sa ligne", reconnaissait-on dans l'entourage de Xavier Bertrand.

"Eric Ciotti a fait une belle campagne, que ce soit sur sa personnalité ou sur ses propositions sur les sujets régaliens."

Un proche de Valérie Pécresse

à franceinfo

Le "petit" candidat a profité d'une dynamique favorable, semaine après semaine. Au point de faire naître les doutes chez les concurrents : et si c'était lui, la surprise de 2021, comme le fut cinq ans plus tôt François Fillon, un modèle programmatique pour ce libéral-conservateur ? "On se doutait qu'on était dans le juste", confiait à franceinfo sa directrice de campagne, Alexandra Borchio-Fontimp, au lendemain du premier tour. "Fin août, on voulait faire une belle campagne et essayer d'imposer les idées d'Eric Ciotti au vainqueur. Lors des débats et sur le terrain, les gens l'ont découvert et on a senti un engouement."

"On ne travaillera pas avec Eric Zemmour"

Finalement, peu importe l'issue du deuxième round. "Le pari est largement gagné", affirmait un soutien parlementaire à la veille du second tour. Déjà, les appétits s'aiguisent en prévision de l'après-congrès. Valérie Pécresse aura l'obligation de composer avec lui. A moins qu'il n'envisage la suite autrement.

Battu par la représentante d'une ligne moins droitière, le député des Alpes-Maritimes va-t-il se rapprocher d'Eric Zemmour, pour qui il avait appelé à voter en cas de duel face à Emmanuel Macron en avril 2022 ? Le polémiste d'extrême droite, candidat déclaré à l'élection, l'a d'ailleurs félicité après son résultat du premier tour. "On ne travaillera pas avec Eric Zemmour, qui n'a jamais sorti une seule proposition", balaie Alexandra Borchio-Fontimp. "Eric Ciotti restera fidèle à sa famille politique. Il ne l'a pas quittée quand ça allait mal, il ne va pas la quitter maintenant qu'elle va bien."

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