Nucléaire, pesticides, Notre-Dame-des-Landes... Quelle est la position de François de Rugy sur les questions environnementales sensibles ?

Le successeur de Nicolas Hulot défend une écologie "réformiste" et a affiché, par le passé, des avis tranchés concernant des dossiers importants.

Le président de l\'Assemblée nationale, François de Rugy, à Paris, le 20 juin 2018.
Le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, à Paris, le 20 juin 2018. (THOMAS SAMSON / AFP)

François de Rugy prône une écologie "réformiste". Le nouveau ministre de la Transition écologique, qui a été coprésident du groupe EELV à l'Assemblée nationale, sera attendu sur plusieurs dossiers brûlants, dont la transition énergétique et la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées. Mais quelles étaient ses positions sur les questions environnementales avant d'accepter ce portefeuille ministériel ? 

Sur le nucléaire

François de Rugy s'est régulièrement engagé en faveur d'une sortie progressive et totale du nucléaire. En janvier 2017, il proposait, dans son programme de candidature à la primaire de la gauche, de réduire la part de cette énergie à 50% en 2025 et la "disparition, à l'horizon 2040, de toute production d'électricité nucléaire", rappelle Libération. Il souhaitait en outre parvenir à 100% d'énergies renouvelables d'ici à 2050.

Dans un entretien pour ce même quotidien, il expliquait vouloir "fermer progressivement les centrales, reclasser et reconvertir les salariés dans le renouvelable". "Cela coûte plus cher de prolonger les centrales que de les fermer. Investissons dans le renouvelable ces 100 milliards que coûterait la prolongation des centrales", assurait François de Rugy.

En novembre 2017, le président de l'Assemblée nationale s'était dit "déçu qu'on ait depuis des années sans cesse repoussé les échéances" sur la baisse de la part du nucléaire. "Nous n'avons plus que huit ans car pendant cinq ans, malheureusement, EDF n'a rien voulu faire, n'a rien voulu bouger et a sans cesse repoussé. Les gouvernements ont cédé à la pression d'EDF, avait-il estimé sur le plateau de BFMTV. Et je le regrette bien car ce n'est pas une bonne façon de procéder."

Sur les transports

Lors de la primaire de la gauche, François de Rugy souhaitait "traiter le problème" des pics de pollution atmosphérique "à la source". "Je propose que, d'ici à 2025, tous les véhicules neufs vendus soient des voitures électriques et hybrides, expliquait-il à Libération. Pour les moteurs comme pour les chauffages à bois, il faut combiner des aides à la conversion et des interdictions progressives. Je propose que toutes les traversées alpines ou pyrénéennes soient basculées de la route vers le rail."

Sur les pesticides

Le nouveau ministre de la Transition écologique s'est engagé en faveur de l'interdiction des néonicotinoïdes, des pesticides "tueurs d'abeilles", dès 2016, rapporte Sud Ouest. Il s'est d'ailleurs félicité de cette mesure, entrée en vigueur en France samedi 1er septembre. "Après des débats durs, grâce à la mobilisation de députés de différentes sensibilités et à la persévérance de [l'ancienne] ministre Barbara Pompili, la loi biodiversité de 2016 a permis l'interdiction des néonicotinoïdes : engagement tenu malgré les sceptiques !", a-t-il écrit sur Twitter.

François de Rugy a par ailleurs estimé, en juin, qu'inscrire dans la loi la sortie du glyphosate d'ici à 2021 aurait été "un message plus clair". "On dit qu'on veut interdire le glyphosate, on fait une loi sur l'agriculture et l'alimentation, on le met dans la loi, c'est vrai que ça relève du bon sens pour beaucoup de Français", a-t-il jugé, comme le rapporte Ouest-France. "La bonne démarche pour se débarrasser définitivement de ces produits dangereux : travailler avec les agriculteurs sur les solutions alternatives et fixer une date butoir", a-t-il encore assuré sur Twitter, mi-août.

Le député de La France insoumise Eric Coquerel lui a toutefois reproché, mardi 4 septembre, d'être responsable du rejet par l'Assemblée nationale des amendements qui visaient à graver dans la loi la sortie du glyphosate d'ici trois ans. "[François de Rugy], c'est celui qui a fait en sorte de retarder le débat à une heure du matin sur la question du glyphosate, quand il y avait une forte pression pour l'interdire, a-t-il affirmé sur BFMTV. Il a [défendu] des intérêts qui n'avaient rien d'écologique, parce qu'il s'est assuré que l'amendement proposé recueille moins de voix."

Sur Notre-Dame-des-Landes

Lors de son mandat parlementaire, François de Rugy s'est fermement opposé au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). "L'écologiste avançait évidemment des arguments environnementaux, considérant que l'actuel aéroport, Saint-Jacques-de-la-Lande, était 'fonctionnel et efficace' et que sa simple extension serait satisfaisante", rappelle Le FigaroFrançois de Rugy n'a toutefois jamais soutenu les zadistes. Il avait notamment défendu le démantèlement de la ZAD "le plus tôt possible", alors que le gouvernement s'apprêtait à trancher sur le sujet, en janvier 2018.