Le journal Libération relate la supercherie. Selon des militants fillonistes, Emmanuel Macron a un compte bancaire caché. Et pour le prouver, ils parlent d'un article publié le 21 mars sur le site de L'Express, et supprimé depuis. L'intitulé de ce dernier ? "Comment Macron a (tacitement) reconnu l’existence d’un compte caché… tout en cherchant à le démentir." Sur Twitter, les partisans de François Fillon hurlent au complot et à la censure.

Dans la réalité, explique Libération, il s'agit plutôt d'une stratégie de militants anti-Macron pour discréditer le candidat. L'article n'a pas été écrit par la rédaction de L'Express, mais sur l’espace de contribution libre du site, "Express Yourself", qui permet à chaque internaute de partager ses idées. "Il a été mis en ligne dans l’après-midi de vendredi, explique à Libération Emma Defaud, rédactrice en chef web de l’hebdomadaire. Je m’en suis aperçue vendredi soir et jugeant le titre diffamant, je l’ai mis hors ligne comme on le fait quotidiennement avec des tribunes qui ne respectent pas le cadre de la loi ou de notre charte."

Quant à l'existence d'un compte caché qu'Emmanuel Macron aurait reconnu tacitement, l'article se base sur une interview réalisée par BFMTV le 17 mars. Pourtant, le candidat y dénonce "les fausses nouvelles propagées par ses adversaires, notamment sur de prétendus comptes dans des paradis fiscaux". Loin des aveux relayés par ce faux article.

Il se laverait les mains après avoir serré celles des ouvriers

Mercredi 26 avril, lors de sa visite mouvementée à l'usine Whirlpool d'Amiens (Somme), certains salariés ont demandé au candidat s'il allait leur serrer la main.

Comme l'explique Le Lab d'Europe 1, cette étrange question vient d'une rumeur née dans... un article du Gorafi, le site satirique s'amusant de fausses informations. Le papier, titré "Quand je serre la main d’un pauvre, je me sens sale pour toute la journée", a été publié le 1er juin 2016. Le site bellaciao.org et le blog citoyensveilleurs, très hostiles au candidat d'En marche !, ont relayé cette étrange information dans des articles accompagnés d'un montage vidéo montrant Emmanuel Macron se lavant les mains avec des lingettes après avoir rencontré et serré la main à des ouvriers. Les vidéos ont été dépubliées, mais les articles sont toujours en ligne.

   
    (BELLACIAO.ORG)

   
    (CITOYENVEILLEUR.CANALBLOG.COM)

Comme l'explique Europe 1, ces montages étaient en fait une vulgaire manipulation d'images extraites du documentaire Macron, la stratégie du météore, diffusé sur France 3 en novembre. On y voyait une séquence datant de juin 2016, durant laquelle Emmanuel Macron participe à une partie de pêche et va jusqu'à attraper une anguille à pleines mains. Il est ensuite filmé en train de se les laver, puis de se les essuyer avec des lingettes. Rien à voir, donc, avec le dégoût que lui procureraient les poignées de main ouvrières.

Voir la vidéo
FRANCE 3

Sa campagne aurait été financée par l'Arabie saoudite

Le 2 mars sur Twitter, Marion Maréchal-Le Pen partage un article du très sérieux quotidien belge Le Soir. On y apprend que la campagne d'Emmanuel Macron a été financée à 30% par l'Arabie saoudite. Le papier cite l'AFP et un député belge. La nouvelle se met à circuler sur certains sites d'extrême droite, comme Fdesouche. 

Cet article, inventé de toutes pièces puis repris par l\'extrême droite, a été diffusé sur un site qui copie le site Internet du quotidien belge \"Le Soir\". 
Cet article, inventé de toutes pièces puis repris par l'extrême droite, a été diffusé sur un site qui copie le site Internet du quotidien belge "Le Soir".  (DR)

Or, il ne s'agit pas du tout d'un article du Soir, mais d'un habile plagiat. L'article, inventé de toutes pièces, est diffusé sur un site internet dont l'adresse est "lesoir.info". Ce faux site reprend la structure de Le Soir.be, le site du quotidien belge. La supercherie va jusqu'à recopier le code source de ce dernier, amplifiant encore la confusion.

La rédaction du journal belge découvre le plagiat quelques heures plus tard. "On l'a vu apparaître à la fois dans les articles qui étaient à ce moment consultés sur le site et dans nos flux Twitter, où il était mentionné comme étant un article du Soir", explique à France 2 Gil Durand, le chef du service web du quotidien. Le temps de réagir, la fausse information a été partagée plus de 15 000 fois sur les réseaux sociaux.