Sondage présidentielle 2022 : c'est "encore très serré" à droite face à Emmanuel Macron, explique Brice Teinturier

Le chef de l'Etat est crédité de 26% des intentions de vote au premier tour selon un sondage Ipsos-Sopra Steria pour "Le Parisien" et franceinfo. Il devance largement Marine Le Pen et Valérie Pécresse, au coude-à-coude.

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Radio France
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À droite, "les choses sont encore très serrées, face à Emmanuel Macron qui, lui, domine le premier tour", explique Brice Teinturier, directeur général délégué de l'institut Ipsos, invité de franceinfo samedi 8 janvier. Selon un sondage Ipsos Sopra-Steria pour Le Parisien-Aujourd'hui en France et franceinfo publié la veille, Emmanuel Macron arriverait largement en tête du premier tour de l'élection présidentielle, s'il avait lieu dimanche prochain, devant la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen, et celle des Républicains Valérie Pécresse, au coude-à-coude.

franceinfo : Emmanuel Macron a envie "d'emmerder" les non-vaccinés, en a-t-il pâti dans le sondage  ?

Brice Teinturier : Non, ça ne semble pas avoir affecté ses intentions de vote. Il est à 26% aujourd'hui, il était à 25% le mois dernier. On est dans la marge d'erreur mais, a minima, il n'y a pas de décrue après ses déclarations, le sondage ayant été réalisé au lendemain et au surlendemain de ses déclarations. Ça lui permet de bien mobiliser son camp, parce qu'on voit très clairement que par rapport au vote de 2017, les électeurs de 2017 d'Emmanuel Macron se reportent à nouveau sur lui en intentions de vote, à hauteur de 68%. Cela n'est pas du tout le cas des autres concurrents. 51% seulement des électeurs de François Fillon de 2017 ont l'intention de voter pour Valérie Pécresse. Il n'y a que Marine Le Pen qui réussit à mobiliser 62% de son électorat passé. Cette déclaration [sur les non-vaccinés] entretient un socle qui semble fidèle au chef de l'Etat. Non seulement Emmanuel Macron est stable, voire en légère hausse, mais il est au-dessus de tous les autres candidats. Valérie Pécresse est à 16% et Marine Le Pen à 17%.

Si on regarde à l'extrême droite, maintenant, il y a la confirmation d'un creux pour Eric Zemmour ?

Il se passe quelque chose d'intéressant. La baisse d'Eric Zemmour est maintenant continue : 15% lors de la première mesure, 14% ensuite, 12% aujourd'hui. On a une érosion continue qui permet à Marine Le Pen, avec 17% des intentions de vote, de se maintenir.

"Plus Éric Zemmour baisse, plus Marine Le Pen peut potentiellement retrouver un ballon d'oxygène."

Brice Teinturier, directeur général délégué de l'institut Ipsos

à franceinfo

Marine Le Pen est un point devant Valérie Pécresse, donc ça reste un match à trois où nous ne pouvons pas dire aujourd'hui si c'est Valérie Pécresse ou Marine Le Pen qui se qualifie au second tour face à Emmanuel Macron. L'autre enseignement important, c'est que Valérie Pécresse est stable à 16% depuis sa victoire à la primaire de la droite. Les choses sont encore très serrées dans ce bloc face à Emmanuel Macron qui, lui, domine le premier tour.

Vous avez testé pour la première fois Christiane Taubira, qui n'est toujours pas déclarée ?

On teste deux hypothèses. Une hypothèse avec Christiane Taubira, une hypothèse sans Christiane Taubira, et on le fait parce que Christiane Taubira ne cesse de dire qu'elle songe à être candidate. On se contente de voir son potentiel électoral. C'est assez intéressant. Christiane Taubira obtiendrait 3% des intentions de vote et ces 3%, elle les prend au détriment d'autres candidats de gauche, principalement Yannick Jadot et Anne Hidalgo. Donc ça ne change rien, c'est uniquement à l'intérieur du bloc de gauche que Christiane Taubira pourrait éventuellement, s'ils restaient candidats, être dans une zone malgré tout inférieure à 5%.

Vous ne constatez pas de dynamique à gauche ?

Le bloc de gauche reste rigoureusement stable et à un niveau faible : 26,5% des suffrages. Donc il n'y a pas de mouvement fort à l'intérieur de ce bloc. Tout ce qu'on constate, c'est que Jean-Luc Mélenchon est devant les autres, à 9%, devant Yannick Jadot à 8%, et cela depuis plusieurs semaines. Ce ne sont pas des avantages déterminants, mais il y a quand même un petit leadership de Jean-Luc Mélenchon par rapport aux autres candidats.

franceinfo tient à rappeler qu’un sondage n'est pas une prédiction, mais une photographie de l'opinion à un instant donné. Un sondage est nécessairement assorti d'une marge d’erreur, dite aussi "marge d’incertitude" ou "intervalle de confiance". Plus l'échantillon est faible, plus la marge d'erreur progresse. Pour plus de détails, voici tout ce qu'il faut savoir pour décrypter les sondages.

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