Présidentielle 2022 : Emmanuel Macron toujours en tête malgré ses propos sur les non-vaccinés, Marine Le Pen et Valérie Pécresse au coude-à-coude, selon notre sondage

Selon notre sondage Ipsos - Sopra Steria publié vendredi, le chef de l'État conforte sa large avance dans les intentions de vote pour le premier tour de l'élection présidentielle, malgré ses propos mardi sur les non-vaccinés. 

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Emmanuel Macron le 4 décembre 2021 lors d'un dépacement en Arabie saoudite. (THOMAS SAMSON / AFP)

franceinfo tient à rappeler qu’un sondage n'est pas une prédiction, mais une photographie de l'opinion à un instant donné. Un sondage est nécessairement assorti d'une marge d’erreur, dite aussi "marge d’incertitude" ou "intervalle de confiance". Plus l'échantillon est faible, plus la marge d'erreur progresse. Pour plus de détails, voici tout ce qu'il faut savoir pour décrypter les sondages.


À un peu plus de trois mois du premier tour de l'élection présidentielle, prévu le 10 avril 2022, Emmanuel Macron confirme son avance dans les intentions de vote, selon le sondage* Ipsos - Sopra Steria pour franceinfo et Le Parisien-Aujourd'hui en France publié vendredi 7 janvier. En effet, le chef de l'État recueille près de 26% des intentions de vote, contre 17% pour Marine Le Pen, placée en deuxième position. Ces valeurs sont quasiment identiques à notre sondage précédent, il y a un mois. 

Il y a donc une "très grande stabilité des rapports de force au lendemain des fêtes", assure Mathieu Gallard, directeur d'études chez Ipsos. "Il n'y a pas eu d'effet majeur", note-t-il, notamment pour Emmanuel Macron qui "ne profite pas des vœux ni de sa petite phrase sur le fait qu'il se dit prêt à 'emmerder' les non-vaccinés". L'actuel président de la République est crédité de 26% des intentions de vote au premier tour si Christiane Taubira ne se présente pas, contre 25,5% avec une candidature de l'ancienne garde des Sceaux.

Des évolutions chez les candidats de droite

Par ailleurs, depuis le dernier sondage réalisé le 8 décembre, "il y a une petite évolution qui n'est pas négligeable sur le rapport de force à l'extrême droite", pointe Mathieu Gallard. En effet, Marine Le Pen gagne un point en un mois (17%) alors qu'Eric Zemmour en perd deux (12%). La candidate du Rassemblement national devance d'ailleurs légèrement la candidate Les Républicains, Valérie Pécresse (16%), qui reste stable. La deuxième place pour accéder au second tour de la présidentielle reste ainsi très disputée et très incertaine. "C'est encore très serré" résume sur franceinfo Brice Teinturier, directeur général délégué de l'institut Ipsos.

Ce sondage met aussi en lumière un sentiment partagé par les électorats des principales concurrentes d'Emmanuel Macron au second tour : la victoire finale du chef de l'État. Selon Mathieu Gallard, "il y a un fort scepticisme" de l'électorat de Marine Le Pen et de Valérie Pécresse sur une victoire de leur candidate. Un peu moins de la majorité de l'électorat de la candidate du RN (47%) croit en son élection. C'est un peu plus (54%) pour l'électorat de Valérie Pécresse alors que 88% de l'électorat d'Emmanuel Macron croit en sa réélection. "Ça peut jouer sur la mobilisation de l'électorat" du RN et de LR lors de l'élection, analyse Mathieu Gallard. Il relativise tout de même : "Il reste moins de 100 jours avant le premier tour, il peut y avoir des dynamiques de campagne. Mais pour l'instant, seul l'électorat d'Emmanuel Macron reste stable." 

Christiane Taubira ne perce pas

Enfin, notre sondage met également en lumière que Christiane Taubira ne perce pas dans les sondages, avec 3% d'intentions de vote au premier tour. Ipsos - Sopra Steria a testé deux hypothèses auprès des sondés : un premier tour sans l'ancienne ministre de la Justice et un premier tour avec elle. Si Christiane Taubira n'a pas encore confirmé sa candidature à l'élection présidentielle, l'éventualité de sa présence ne crée pas de séisme à gauche dans les intentions de vote.

Ainsi, dans le cas où Christiane Taubira serait candidate, la socialiste Anne Hidalgo perdrait 1,5 point d'intention de vote (3%), alors que l'écologiste Yannick Jadot passerait de 8 à 7% d'intentions de vote et resterait stable par rapport à la dernière enquête. Jean-Luc Mélenchon resterait stable dans les deux cas (9%). Le leader de La France insoumise gagne d'ailleurs un point par rapport à la dernière enquête il y a un mois. La même stabilité est retrouvée pour le communiste Fabien Roussel (2%), Arnaud Montebourg (1%), Nathalie Arthaud soutenue par Lutte Ouvrière (1%) et Philippe Poutou, soutenu par le Nouveau parti anticapitaliste (1%).

D'après Mathieu Gallard, directeur d'études chez Ipsos, "Christiane Taubira ne suscite pas d'enthousiasme. Elle est nettement distancée par Yannick Jadot. Elle prend un peu de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon et de Benoît Hamon en 2017." En effet, 11% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l'élection présidentielle de 2017 voteraient pour Christiane Taubira le 10 avril prochain et 14% des électeurs de Benoît Hamon.

*Enquête Ipsos-Sopra Steria pour franceinfo et "Le Parisien/Aujourd'hui en France", réalisée du 5 au 6 janvier 2022 sur un échantillon de 1 500 personnes inscrites sur les listes électorales, représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Actualité Présidentielle 2022

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.