Ce qu'il faut retenir du grand oral de Manuel Valls

Le style du nouveau Premier ministre, ses annonces, ses éléments de langage devant l'Assemblée nationale... Voici les principaux points discours de politique générale de Manuel Valls.

Manuel Valls quitte la tribune de l\'Assemblée nationale, après avoir prononcé son discours de politique générale, le 8 avril 2014.
Manuel Valls quitte la tribune de l'Assemblée nationale, après avoir prononcé son discours de politique générale, le 8 avril 2014. (PATRICK KOVARIK / AFP)

L'Assemblée nationale a accordé mardi 8 mars par 306 voix contre 239 sa confiance à Manuel Valls. Juste avant ce vote, le Premier ministre a vécu son baptême du feu dans un hémicycle plein à craquer. Pendant 47 minutes, le nouveau chef du gouvernement a prononcé un discours de politique générale offensif. Le style du nouveau Premier ministre, ses annonces, ses éléments de langage... Voici ce qu'il faut retenir de la déclaration de Manuel Valls. 

Le style 

Tendu au début de son discours, le nouveau chef du gouvernement a peu à peu fendu l'armure pour se poser en chef. Dressant le portrait d'un pays qui ne croit plus en lui-même, Manuel Valls a inscrit ses pas dans ceux de Pierre Mendès France qui fixait comme règle d'or de "dire la vérité aux Français".  "Vérité" et "efficacité", des mots que le Premier ministre a scandés. "Big bang" territorial, allègements de charges sur les bas salaires, mains tendues aux écologistes... le chef du gouvernement a détaillé sa feuille de route pour la France.

François Hollande avait annoncé un gouvernement "de combat", Manuel Valls s'est posé en commandant. S'il a rendu hommage à Jean-Marc Ayrault, il s'en est clairement démarqué par son énergie. Comme attendu, le Premier ministre a été aussi précis sur le pacte de responsabilité et de solidarité qu'évasif sur les économies à réaliser pour le financer. 

FRANCE 3

A la fin de son discours, Manuel Valls a également déclaré sa flamme à la France. "Soyons fiers d'être Français !", s'est-il exclamé avant de saluer le fait que "peu de pays" permettent les "plus hautes fonctions" à des citoyens nés à l'étranger. Manuel Valls, né à Barcelone, en Espagne, a été naturalisé français à 20 ans en 1982.

La phrase 

"Trop de souffrance, pas assez d'espérance, telle est la situation de la France" : c'est ainsi que Manuel Valls a entamé son discours de politique générale devant les députés. Evoquant le vote des Français aux élections municipales, il a dit avoir "entendu leur voix. J'ai aussi entendu leur silence"

FRANCE 3

Les annonces

• "Millefeuille territorial". Le Premier ministre propose une vaste réforme territoriale, avec notamment une réduction de moitié du nombre de régions d'ici à 2017 et la suppression des conseils départementaux "à l'horizon 2021".

> Lire "Comment Valls veut simplifier le "millefeuille territorial"

• Rythmes scolaires. La réforme des rythmes scolaires sera "assouplie", "après les concertations nécessaires avec les enseignants, les parents et les élus".

> Lire "Rythmes scolaires : la réforme sera "assouplie" après concertation"

• Pouvoir d'achat. Manuel Valls promet de baisser les cotisations salariales pour les employés payés au smic, à partir du 1er janvier 2015, pour "procurer 500 euros par an de salaire net supplémentaire" aux salariés concernés. Il a aussi annoncé des mesures en faveur des ménages modestes à hauteur de 5 milliards d'euros d'ici à 2017, évoquant des allègements fiscaux. 

> Lire "Ce qu'a annoncé Manuel Valls pour le pouvoir d'achat"

• Compétitivité. Le Premier ministre confirme l'objectif, inscrit dans le pacte de responsabilité, de réduction de 30 milliards d'euros du coût du travail d'ici à 2016. Il a promis la suppression des charges pour l'employeur d'un salarié payé au smic au 1er janvier 2015, une réduction du taux de l'impôt sur les sociétés, de la Contribution sociale de solidarité... 

> Lire "Zéro charge pour le smic, baisse de l'imposition : ce que prévoit Manuel Valls pour les entreprises"

• Transition énergétique. Main tendue aux écologistes : la loi sur la transition énergétique sera présentée "avant l'été" et comprendra l'objectif de limiter le nucléaire à 50% de la production d'électricité d'ici à 2025.

> Lire "La loi sur la transition énergétique présentée "avant l'été", annonce Manuel Valls"

L'oubli délibéré

Comment réaliser la promesse présidentielle d'économiser 50 milliards d'euros d'ici à 2017 ? Difficile de le dire. Certes, le Premier ministre a affirmé qu'il fallait poursuivre le redressement des comptes publics "tout au long du quinquennat" et a réaffirmé l'objectif de réduire de 50 milliards d'euros la dépense publique de 2015 à 2017.

L'Etat devra économiser 19 milliards d'euros, l'assurance-maladie sera amputée de 10 milliards d'euros et les collectivités locales devront elles aussi faire un effort de 10 milliards d'euros, a annoncé Manuel Valls, sans détailler davantage la nature des économies pour chacun. Le Premier ministre évite soigneusement de froisser sa majorité sur un sujet hautement sensible, l'affectation des économies. La question est particulièrement délicat concernant la Sécurité sociale, car il s'agit d'un des trois piliers du pacte de solidarité, avec l'éducation et le pouvoir d'achat.