De sa proclamation à Raqqa à la reddition de Baghouz : six dates-clés sur le "califat" du groupe terroriste Etat islamique

Les forces arabo-kurdes, soutenues par les Etats-Unis, ont annoncé samedi la chute du dernier territoire tenu par le groupe Etat islamique en Syrie.

Le drapeau des Forces démocratiques syriennes à Baghouz (Syrie) après la chute du dernier territoire du groupe Etat islamique, le 23 mars 2019.
Le drapeau des Forces démocratiques syriennes à Baghouz (Syrie) après la chute du dernier territoire du groupe Etat islamique, le 23 mars 2019. (GIUSEPPE CACACE / AFP)

C'est la fin territoriale du groupe Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie. Les forces arabo-kurdes soutenues par les Etats-Unis ont annoncé la chute de Baghouz, dernier territoire de l'EI en Syrie, samedi 23 mars, soit cinq ans après l'autoproclamation du califat.

>> Pourquoi il faut rester prudent après la "victoire" annoncée sur le groupe Etat islamique

Le président Emmanuel Macron a estimé qu'un "danger majeur pour notre pays" avait été "éliminé" dans deux tweets postés en hommage à la coalition internationale, samedi. Franceinfo revient sur les dates-clés de la présence du groupe terroriste en Irak et en Syrie.

29 juin 2014 : le "califat" est proclamé

Le 29 juin 2014, les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) annoncent l'établissement d'un "califat islamique" dans les régions conquises en Irak et en Syrie. Dans un enregistrement audio diffusé au premier jour du ramadan, l'EIIL, qui se fait appeler "Etat islamique" pour supprimer toute référence géographique, désigne son chef Abou Bakr al-Baghdadi comme "calife".

En Syrie, dès janvier, l'EIIL avait chassé les groupes rebelles et pris le contrôle de la ville de Raqqa ainsi que d'une grande partie de la province de Deir ez-Zor, frontalière de l'Irak, ainsi que des positions dans celle d'Alep.

En Irak, où il bénéficie du soutien d'ex-officiers de Saddam Hussein et de groupes salafistes, l'organisation s'était emparée le 10 juin de la deuxième ville du pays Mossoul, et d'une grande partie de la province de Ninive dont elle dépend, après la déroute de l'armée irakienne. Raqqa et Mossoul deviennent ses deux "capitales". Le 5 juillet, Baghdadi apparaît dans une vidéo postée sur des sites jihadistes où il appelle tous les musulmans à lui "obéir".

Des milliers de jihadistes affluent du monde entier vers Raqqa, devenue capitale de l’organisation, rappelle Libération. Des lois, des institutions sont mises en place. L'Etat islamique poursuit ses offensives pour conquérir des territoires.

26 janvier 2015 : l'EI perd Kobané

En octobre 2014, le département d'Etat américain révèle que des responsables ont rencontré pour la première fois des Kurdes du  Parti de l'union démocratique (PYD), la branche syrienne du PKK. Cette rencontre s'est déroulée dans le cadre de la stratégie des Etats-Unis contre le groupe Etat islamique.

Au début de l'année 2015, les forces kurdes soutenues par les frappes aériennes de la coalition antijihadistes conduite par Washington chassent le groupe Etat islamique de Kobané, après plus de quatre mois de violents combats. Cette ville proche de la frontière turque est devenue le premier symbole de la lutte contre l'Etat islamique.

2 mars 2017 : la reprise de Palmyre

Conquise en mai 2015 par l'Etat islamique, Palmyre, qui ouvre sur le grand désert syrien, est reprise en mars 2016. Puis, la cité antique retombe aux mains des jihadistes à la fin de l'année 2016. Ces derniers y détruisent une partie des trésors archéologiques classés au patrimoine mondial de l'Unesco. Il faut attendre le 2 mars 2017 pour que Palmyre, soit reprise par le régime aidé de l'allié russe à l'Etat islamique.

17 octobre 2017 : l'Etat islamique perd Raqqa

Le groupe Etat islamique subit un lourd revers avec la perte de Raqqa, son principal bastion en Syrie, le 17 octobre 2017. La ville passe sous le contrôle des Forces démocratiques syriennes (FDS).

En quatre mois, les combats dévastateurs dans cette cité millénaire ont fait 3 250 morts, dont 1 130 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Des dizaines de milliers d'habitants ont été déplacés.

9 décembre 2017 : l'EI est chassé d'Irak

Le 31 mars 2015, les forces irakiennes reprennent Tikrit. L'opération met en évidence le rôle crucial des Unités de mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi), dominées par des milices chiites. Le 13 novembre 2015, les forces kurdes appuyées par des frappes de la coalition reprennent Sinjar, dans le nord-ouest du pays. En février 2016, l'EI est chassé de Ramadi, chef-lieu d'Al-Anbar, puis de Falloujah en juin.

Le 9 juillet 2017, le Premier ministre Haïder al-Abadi proclame la libération de Mossoul, à l'issue d'une offensive de neuf mois des forces fédérales soutenues par la coalition internationale. En août, les forces irakiennes reprennent Tal Afar et la totalité de la province de Ninive. Le 9 décembre 2017, le gouvernement irakien proclame la victoire sur l'Etat islamique.

23 mars 2019 : l'EI perd son dernier territoire

Les Forces démocratiques syriennes "déclarent la totale élimination du soi-disant califat et une défaite territoriale à 100% de l'EI", le 23 mars 2019, à l'issue de leur dernier assaut contre Baghouz. Lancée début février, c'est l'ultime phase d'une opération déclenchée en septembre 2018 pour chasser l'EI des derniers secteurs sous son contrôle en Syrie.

La campagne militaire soutenue dans les airs par la coalition internationale soutenue par les Etats-Unis a été ralentie par la sortie de l'enclave de dizaines de milliers de personnes, dont des milliers de jihadistes qui se sont rendus avec leurs familles.