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Ce que l'on sait d'Hervé Gourdel, l'otage français enlevé en Algérie

Ses ravisseurs, liés à l'Etat islamique, menacent de le tuer si la France ne met pas fin à son intervention en Irak

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France Télévisions
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Photo d'Hervé Gourdel, le touriste français dont l'enlèvement en Algérie a été revendiqué par un groupe proche de l'Etat islamique, le 22 septembre 2014. (DR)

La situation est "extrêmement critique", a estimé Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, mardi 23 septembre. Un touriste français, Hervé Gourdel, a été enlevé dimanche soir en Algérie. Le rapt est revendiqué par le groupe algérien Jund Al-Khilafa, qui a fait allégeance à l'Etat islamique. Francetv info fait le point sur ce que l'on sait de cet otage et de ses ravisseurs. 

Qui est Hervé Gourdel ?

Le Français enlevé est un Niçois de 55 ans. Il est guide de haute montagne dans le parc national du Mercantour, dans les Alpes-Maritimes. Sur son site internet personnel, il explique également être un passionné de photographie et de voyages.

Hervé Gourdel a créé en 1987 un bureau de guides de montagne d'été, basé à Saint-Martin-Vésubie. Il a également formé des accompagnateurs dans l'Atlas marocain pendant plusieurs années. Sa mère, contactée par L'Express (article payant), a expliqué que son fils était arrivé samedi 20 septembre en Kabylie pour entamer un trekking d'une dizaine de jours.

Où a-t-il été kidnappé ?

Hervé Gourdel a été enlevé, selon les autorités françaises et algériennes, dimanche soir à hauteur du village d'Aït Ouabane, dans la région de Tizi Ouzou, à plus d'une centaine de kilomètres à l'est d'Alger.

Il se trouvait à bord d'une voiture avec des Algériens quand il a été "intercepté par des individus" à 21 heures. "Les assaillants, après avoir libéré ses compagnons algériens et abandonné le véhicule sur les lieux, ont gardé le ressortissant français et pris la fuite vers une direction inconnue", précise le Quai d'Orsay.

Cette région montagneuse et boisée de Kabylie est connue pour être le fief d'Aqmi en Algérie, rappelle Le Figaro. Dimanche, des sources militaires ont ainsi annoncé avoir tué un émir de l'ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat, devenu Aqmi. Pendant la campagne présidentielle, quatorze militaires ont été tués dans un attentat. Cette zone est également fréquentée par des bandits qui, depuis 2005, ont kidnappé près de 80 Algériens, explique El Watan, et tué trois d'entre eux.

Quel est ce groupe terroriste qui se dit proche de l'EI ? 

Le groupe qui a revendiqué l'enlèvement se nomme Jund Al-Khilafa ("les soldats du califat"). Il avait annoncé la semaine précédente avoir rompu avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Son leader, Abdelmalek Gouri, alias Khaled Abou Souleimane, en était un des commandants les plus importants, rappelle Le Figaro.

Dans un premier temps RTL croyait savoir que ce groupe était le même que celui qui aurait revendiqué la présence de Mohamed Merah dans ses rangs. Il semblerait en réalité qu'il s'agit de deux groupes distincts, mais portant le même nom. 

Que réclame-t-il ?

Avec Hervé Gourdel en sa possession, le groupe espère faire chanter la France et l'obliger à stopper son intervention en Irak. L'annonce de cet enlèvement est en effet survenue quelques heures après un appel de l'EI à tuer les "incroyants", notamment américains et français, et quelques jours après les premières frappes françaises contre l'Etat islamique. Dans l'enregistrement vidéo, authentifié par le ministère des Affaires étrangères, Hervé Gourdel s'adresse à François Hollande et explique que "ce groupe armé [lui] demande de [lui] faire la demande de ne pas intervenir en Irak".

Quelle est la position de la France ? 

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a rejeté en bloc ces exigences, estimant qu'il n'était "pas question de céder aux menaces d'un groupe terroriste". Prendre des Français en otage n'empêchera pas la France de participer à la coalition contre l'Etat islamique, a-t-il ajouté. Même discours pour Manuel Valls, mardi, qui a rappelé que la France n'engagerait "aucune discussion, aucune négociation" avec les ravisseurs. Le Premier ministre a estimé que "si on cède, si on recule d'un pouce" face au terrorisme, "on lui donne cette victoire".

FRANCE 2

Mais le chef de la diplomatie ne cache pas son inquiétude. "Tout est mis en œuvre pour libérer notre compatriote, mais la situation est extrêmement critique."

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