Attaque du Hamas contre Israël : la position de La France insoumise crée la polémique, Elisabeth Borne dénonce des "ambiguïtés révoltantes"

LFI a dénoncé d'une même voix le mouvement islamiste et la colonisation israélienne, une position en décalage avec le reste de la classe politique.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon lors de la Fête de l'Humanité, à Brétigny-sur-Orge (Essonne), le 15 septembre 2023. (CLAIRE SERIE / HANS LUCAS / AFP)

L'attaque du Hamas contre Israël provoque des remous au sein de la classe politique française. Le positionnement de La France insoumise (LFI) sur l'offensive menée depuis la bande de Gaza samedi 7 octobre, qui a fait des centaines de morts civils de part et d'autre, a été vivement critiqué. "L'offensive armée de forces palestiniennes menée par le Hamas intervient dans un contexte d'intensification de la politique d'occupation israélienne à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem Est", a affirmé dans un communiqué sur le réseau social X (ex-Twitter) le groupe parlementaire du parti de la gauche radicale.

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Jean-Luc Mélenchon a de son côté expliqué que "toute la violence déchaînée contre Israël et à Gaza ne prouv[ait] qu'une chose : la violence ne produit et ne reproduit qu'elle-même". "Horrifiés, nos pensées et notre compassion vont à toutes les populations désemparées victimes de tout cela. Le cessez-le-feu doit s'imposer", a-t-il ajouté sur la plateforme X. Une prise de position encore appuyée par le député LFI Louis Boyard : "Trop longtemps que la France ferme les yeux sur la colonisation et les exactions en Palestine. Trop longtemps que la France renvoie dos à dos la violence de l'Etat israélien et celle de groupes armés palestiniens."  

Elisabeth Borne dénonce "une forme d'antisémitisme"

De quoi faire bondir certains, y compris à la tête de l'exécutif. Elisabeth Borne a ainsi dénoncé dimanche les "ambiguïtés révoltantes" d'une partie de la gauche "face au drame de ces dernières heures""A l'extrême gauche, la violence verbale est assumée, la recherche du chaos, revendiquée", a déclaré la Première ministre devant les militants du parti présidentiel français Renaissance réunis à Bordeaux (Gironde). Interrogée par la suite sur BFMTV, la cheffe du gouvernement a dénoncé un "antisionisme" qui est "parfois une façon aussi de masquer une forme d'antisémitisme".  

"Madame Borne profite de la guerre au Moyen-Orient pour mener sa guerre contre LFI", a commenté sur X Jean-Luc Mélenchon. "On attend de la Première ministre de la France une autre voie que de récupérer ce qui est en train de se passer du côté d'Israël et de la Palestine à des fins de politique intérieure de façon à diaboliser son opposition", a fustigé de son côté le député LFI Éric Coquerel invité de franceinfo.

Des condamnations dans le reste de la Nupes

Des socialistes, alliés de LFI au sein de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), ont eux vivement condamné les propos de certains Insoumis. "Les juifs sont toujours responsables de ce qui leur arrive. C'est une constante du discours antisémite", a répondu la sénatrice PS Laurence Rossignol à Louis Boyard. "Aux idiots utiles des terroristes du Hamas qui les exonèrent en relativisant au nom de l'impasse politique du conflit israélo-palestinien, de la poursuite de la colonisation, de Netanyahu... vous me dégoûtez. Qu'on en trouve à gauche est insupportable", s'est emporté le député socialiste Jérôme Guedj également dans un message sur X. Au micro de la radio RCJ, il s'est interrogé sur le fait de rester au sein de la Nupes.

Le président de la Cour des comptes et ex-ministre socialiste Pierre Moscovici est sorti de sa réserve pour juger "aussi choquant que désespérant" le positionnement de LFI.

Dans un communiqué par le compte X du président du PS Olivier Faure, le parti a souligné condamner "sans réserve l'attaque terroriste du Hamas" et écrit que "nul ne devrait renvoyer dos à dos Israël et l'organisation terroriste Hamas". Parmi les insoumis, le député François Ruffin, l'un des candidats potentiels à la présidentielle de 2027, s'est distingué de ses camarades de parti en exprimant "une condamnation totale de l'attaque du Hamas". Il a toutefois émis des "craintes" du fait que la réponse à cette attaque " soit dans les mains du gouvernement israélien le plus brutal depuis trente ans".

Les communistes et écologistes dénoncent les attaques

Toujours à gauche, les écologistes et les communistes ont clairement dénoncé les attaques du Hamas. Pour le leader communiste Fabien Roussel, elles sont "inacceptables et injustifiables". Mais il appelle à "se défaire d'une indignation sélective" et estime que le gouvernement israélien "a lourdement contribué à cet engrenage". Invité sur France 3 dimanche à la mi-journée, Fabien Roussel a ajouté souhaiter que "les forces de gauche" se "rassemblent sur un appel clair à la paix et à dénoncer ces actes terroristes". 

Dans un communiqué, EELV condamne "ces événements particulièrement effroyables sans aucune ambiguïté" et appelle à des "solutions politiques et diplomatiques pour faire cesser la violence". Sur X, l'écologiste Sandrine Rousseau déplore une "attaque intolérable" avec "des civils pris pour cible".

Même tonalité du côté de la secrétaire nationale d'EELV, Marine Tondelier, qui fait part sur X de son "immense effroi devant l'horreur des attaques" et invoque le "droit indiscutable des Israéliens de vivre en sécurité". L'élue estime toutefois que ces attaques "ne doivent pas justifier une réaction indiscriminée sur les civils de Gaza".

Le député de La France insoumise Arnaud Le Gall a répondu à ces critiques dimanche matin sur franceinfo. "Si critiquer le gouvernement d'extrême droite israélien, qui est dénoncé par des ONG israéliennes et par de nombreuses associations de juifs dans le monde, c'est être antisémite, je ne comprends plus rien", a-t-il fait valoir.

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