Retrait militaire, fermeture de l'ambassade... Entre la France et le Niger, le divorce est consommé

La France annonce vendredi qu'elle va fermer son ambassade "pour un délai indéterminé" à Niamey, la capitale du Niger. Cette nouvelle étape sépare encore un peu plus les deux pays, dont les relations se sont tendues depuis le coup d'État de juillet dernier.
Article rédigé par Christian Chesnot
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Des agents de la Police nationale nigérienne devant l'ambassade de France à Niamey, au Niger, le 28 août 2023. (- / AFP)

La France a achevé son retrait militaire du Niger, conformément à la demande de la junte au pouvoir à Niamey. Par ailleurs, Paris annonce vendredi 22 décembre qu'elle va fermer son ambassade à Niamey. C'est bel et bien la rupture entre les deux pays, et ce n'est pas une surprise. Elle était dans les tuyaux depuis déjà plusieurs mois, tant la tension était grande entre la France et le Niger depuis le coup d'État qui a renversé le président Bazoum au début de l'été.

Le 22 septembre dernier, Emmanuel Macron avait annoncé le retrait complet de l'ensemble des troupes françaises déployées dans le pays, dont la situation devenait intenable sur le terrain. Ce départ était exigé par la junte au pouvoir. Le matériel et les soldats ont donc été évacués ces dernières semaines par voie aérienne vers la France, et par la route vers le Tchad voisin.

C'est un divorce qui fragilise la lutte contre le jihadisme dans la région puisque cette rupture avec Niamey intervient après les retraits militaires français du Mali et du Burkina Faso. Présente au Sahel depuis 2013, la France avait déployé jusqu'à 5 500 militaires au sein de l'opération Barkhane. Paris avait obtenu le déploiement de forces spéciales européennes, avec le soutien des Américains qui fournissaient renseignement et appui logistique. Ces derniers conservent encore une base de drones dans le pays à Agadez. 

Le cadre de l'action militaire française en Afrique se rétrécit donc comme peau de chagrin. Les deux derniers points d'appui pour l'armée française restent le Tchad avec sa base aérienne de N'Djaména, et le Bénin. 

L'influence russe grandit dans la région

C'est aussi le signe du déclin de l'influence politique française au Sahel, puisque ce retrait militaire s'accompagne de la fermeture de l'ambassade de France à Niamey. Et, fait rarissime, cette mesure n'avait pas été mise en œuvre avec le Mali et le Burkina Faso alors que ces deux pays sont aussi dirigés par des juntes, avec qui les relations sont également très tendues. 

Cet effacement de la France au Sahel coïncide avec la montée en puissance de l'influence russe. Un accord de défense a été signé début décembre entre la junte au pouvoir au Niger et Moscou. Dans le même temps, les généraux nigériens ont dénoncé des accords de coopération militaire avec l'Union européenne. De leur côté, le Mali et le Burkina Faso se sont aussi rapprochés des Russes et tournent le dos aux Occidentaux.

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