Ce que l'on sait des attaques qui ont fait au moins 128 morts à Paris

Plusieurs fusillades ont eu lieu dans le centre de Paris, notamment dans la salle de concerts du Bataclan. Des explosions ont aussi retenti près du Stade de France, à Saint-Denis.

Le Comptoir Voltaire, un des sites des attaques de Paris survenues le 13 novembre 2015.
Le Comptoir Voltaire, un des sites des attaques de Paris survenues le 13 novembre 2015. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Au moins 128 personnes sont mortes, vendredi 13 novembre, lors de plusieurs attaques survenues simultanément en plein centre de Paris, ainsi qu'au Stade de France, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), selon un bilan toujours provisoire. Plus de 250 personnes ont été blessées, dont 99 dans un état critique.

>> Suivez la suite des événements dans notre du direct du samedi 14 novembre.

Six attaques meurtrières simultanées

Les attaques menées vendredi soir à Paris ont été menées sur six points différents, selon le procureur de Paris. Trois explosions ont d’abord retenti à Saint-Denis, aux abords du stade de France, au cours du match France-Allemagne. Cinq autres lieux parisiens sont ensuite touchés : rue de la Fontaine au roi, rue Bichat, boulevard Voltaire, rue de Charonne, et au Bataclan.

Près du Stade de France. Trois explosions se sont produites, entre 21h20 et 22 heures, à quelques mètres du Stade de France, à Saint-Denis, où avait lieu un match de football entre la France et l'Allemagne, auquel assistaient François Hollande et plusieurs ministres. Deux explosions ont eu lieu rue Jules-Rimet, à Saint-Denis, la troisième à La-Plaine-Saint-Denis, près d'un restaurant McDonald's, également à proximité du stade. Le stade a été évacué. En tout, l’attaque a fait quatre morts dont trois assaillants.

Au Bataclan. C'est l'attaque qui a fait le plus de victimes. Au Bataclan, célèbre salle de concert parisienne du 11e arrondissement dans laquelle se produisait le groupe de rock Eagles of Death Metal, plusieurs hommes armés à visage découvert ont ouvert le feu dans la salle de spectacles aux cris de "Allah Akbar". Un bilan provisoire, cité par l'AFP à 6h45, samedi, fait état de 82 morts.

"Je les ai clairement entendu dire aux otages 'C'est la faute de Hollande, c'est la faute de votre président, il n'a pas à intervenir en Syrie'. Ils ont aussi parlé de l'Irak", a raconté un témoin à l'AFP.

L'assaut des forces de l'ordre a été lancé peu avant 0h30 et s'est terminé vers une heure du matin. Quatre assaillants sont morts, dont trois en actionnant leur ceinture d'explosifs. Le Bataclan, à la capacité de 1 500 places, affichait complet.

Des fusillades dans les 10e et 11e arrondissements. Des fusillades ont éclaté dans plusieurs endroits de la capitale. Rue de la Fontaine au roi (11e arrondissement), la terrasse d'une pizzeria, La Casa Nostra, a été visée. Cinq personnes ont été abattues par plusieurs rafales d'une "mitrailleuse automatique", selon un témoin. Un autre témoin raconte qu'il "a vu une Ford Focus noire qui tirait, puis plusieurs douilles par terre".

Plus à l'est, rue de Charonne, 19 personnes ont péri dans une autre fusillade. Un homme dit avoir entendu des tirs pendant "deux, trois minutes", "des rafales". "J'ai vu plusieurs corps à terre ensanglantés. Je ne sais pas s'ils étaient morts." Selon lui, un café et un restaurant japonais ont été la cible des tirs, juste en face du foyer Palais de la femme. Dans le 10e arrondissement voisin, une fusillade a éclaté à l'angle des rues Bichat et Alibert, sur la terrasse du restaurant Le Petit Cambodge, et devant le bar Le Carillon faisant au moins 12 morts.

Huit assaillants sont morts

Au total, on dénombre huit terroristes morts, dont sept en se faisant exploser. On ignore s'il s'agit de la totalité des auteurs des attaques. Quatre des assaillants sont morts au Bataclan, dont trois en actionnant leur ceinture d'explosifs ; le dernier a été tué lors de l'assaut des forces de l'ordre. Au Stade de France, trois kamikazes sont morts, et un autre boulevard Voltaire.

Les attaques revendiquées par le groupe Etat islamique

Dans un communiqué publié sur internet samedi, le groupe Etat islamique a revendiqué les attentats. "Huit frères portant des ceintures explosives et armés de fusils d'assaut ont pris pour cible des endroits choisis soigneusement au cœur de la capitale française", déclare l'organisation terroriste. "Que la France et ceux qui suivent sa voie sachent qu'ils resteront à la tête des cibles de l'Etat islamique", menace l'organisation extrémiste sunnite dans le document.

Hollande décrète l'état d'urgence et rétablit le contrôle aux frontières

Dans une allocution télévisée, le chef de l'Etat a déclaré l'état d'urgence "sur tout le territoire". "Certains lieux seront fermés, la circulation pourra être interdite et il y aura également des perquisitions qui pourront être décidées dans toute l'Ile-de-France", a-t-il indiqué.

Le chef de l'Etat a également annoncé avoir décidé la fermeture des frontières. "Nous devons nous assurer que personne ne pourra rentrer pour commettre quelque acte que ce soit. Et en même temps que ceux qui auraient pu commettre les crimes qui sont hélas constatés puissent également être appréhendés, s'ils devaient sortir du territoire", a-t-il expliqué. Toutefois, un communiqué de l'Elysée a par la suite précisé qu'il s'agissait d'un rétablissement du contrôle aux frontières et non d'une fermeture.

"J'ai également demandé qu'il y ait des renforts militaires, ils sont en ce moment sur l'agglomération parisienne pour être sûrs qu'aucune attaque ne puisse de nouveau avoir lieu", a-t-il ajouté. L'Elysée a par la suite annoncé la mobilisation de "1 500 militaires supplémentaires". Un Conseil de défense a été convoqué ce samedi à 9 heures.

Les écoles, lycées et établissements scolaires et universitaires sont fermés ce samedi en Ile-de-France et les voyages scolaires annulés. A Paris, l'ensemble des bâtiments municipaux sont fermés, tout comme certains parcs d'attractions et grands magasins. Les hôpitaux ont été mobilisés et le plan blanc a été déclenché.