Lutte contre le terrorisme : la plateforme Stop-Djihadisme a-t-elle été efficace ?

Créée en 2015 pour sensibiliser et alerter face à la radicalisation islamiste, la plateforme Stop-Djihadisme a reçu des milliers d'appels.

France Info

En janvier 2015, le gouvernement français a lancé une plateforme intitulée Stop-Djihadisme afin de lutter contre la radicalisation en ligne. Dès la page d'accueil du site, une vidéo affiche des profils Facebook de combattants de Daech, mais aussi des photos violentes et des affiches de propagande. Puis un message s'affiche. "Ils te disent : 'Sacrifie-toi à nos côtés, tu défendras une juste cause'. En réalité, tu découvriras l'enfer sur Terre et mourras seul, loin de chez toi".

Les djihadistes se sont adaptés

L'outil numérique est mis en place pour alerter en cas de radicalisation d'un proche ou d'un voisin, et sensibiliser à la propagande terroriste grâce à un numéro vert : 0 800 005 696. "Il faut informer les jeunes de tout ça, c'est une manière de les protéger", indiquait Bernard Cazeneuve le 28 janvier 2015, il était alors ministre de l'Intérieur. À ce jour, on comptabilise 68 000 appels, avec un pic lors des attentats de "Charlie Hebdo". Pourtant, seuls 8% des appels ont donné lieu à des identifications. De plus, à force de diffuser les marqueurs de radicalisation, les islamistes ont appris ainsi à d'adapter, explique l'anthropologue Dounia Bouzar.

Valérie de Boisrolin, l\'une des trois personnes mises en examen dans cette affaire, a participé à \"Stop jihadisme\", la campagne du gouvernement pour lutter contre la radicalisation. 
Valérie de Boisrolin, l'une des trois personnes mises en examen dans cette affaire, a participé à "Stop jihadisme", la campagne du gouvernement pour lutter contre la radicalisation.  (JOEL SAGET / AFP)