"Ce n'était ni une attaque ni une intrusion violente" : des manifestants interpellés dans l'enceinte de la Pitié-Salpêtrière rejettent les accusations

Lisant un communiqué rédigé au nom de 34 interpellés, ils ont affirmé que la grille de l'hôpital était déjà ouverte quand ils sont entrés dans le périmètre de l'hôpital, pour échapper aux gaz lacrymogènes et aux "ultraviolences policières".

L\'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, le 15 avril 2019.
L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, le 15 avril 2019. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Interpellés ensemble dans l'enceinte de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, mercredi 1er mai, ils s'exprimaient pour la première fois. Un collectif de 34 manifestants a livré sa version des faits, samedi 4 mai, alors que leur arrestation est au cœur d'une polémique. Vendredi, Christophe Castaner a reconnu qu'il "n'aurait pas dû" employer le terme d'"attaque" de l'établissement par des manifestants, mais maintenu qu'il s'agissait d'une "intrusion violente""Ce n'était ni une attaque ni une intrusion violente", lui répondent les manifestants.

"Chargé brusquement et sans raison"

Lors d'une conférence de presse, plusieurs membres de ce "collectif des 34 de la Pitié" ont lu un texte écrit collectivement par une "majorité" d'entre eux. Ils racontent qu'alors qu'ils participaient à la manifestation du 1er-Mai, leur partie du cortège "s'est retrouvée encerclée, par-devant et par-derrière, par des CRS", et a "subi une pluie de lacrymogène et de LBD".

Ces manifestants affirment que la grille de l'hôpital par laquelle sont entrés des manifestants était alors "ouverte""Pour fuir ces ultraviolences policières, et le nuage de gaz étouffant et aveuglant, nous nous sommes réfugiés derrière une grille ouverte pour respirer", expliquent-ils, "sans réaliser, pour certains, que nous pénétrions dans l'enceinte d'un bâtiment public".

Une fois à l'intérieur, le groupe explique avoir été "chargé brusquement et sans raison" par des CRS arrivés derrière eux, tandis que des policiers à moto entraient dans l'hôpital de l'autre côté. "Les deux groupes ont sorti leurs matraques en nous menaçant. (...) Nous avions peur, la seule issue possible semblait être l'escalier de l'hôpital." 

"Nous ne sommes jamais entrés dans le bâtiment"

Une vidéo prise par un membre du personnel soignant de l'hôpital montre alors plusieurs manifestants tenter d'ouvrir la porte du service de réanimation pour y entrer, avant d'en être dissuadés par le personnel. "A aucun moment, nous ne savions qu'il s'agissait du service de réanimation, ce n'était indiqué nulle part. Nous ne sommes jamais entrés dans le bâtiment. Ce n'était ni une attaque ni une intrusion violente. Nous n'avons à aucun moment fait preuve de violence", explique le texte collectif lu par un de ces manifestants. Ils expliquent avoir été interpellés "sans résistance" par les forces de l'ordre.

Jeudi, le parquet avait indiqué avoir remis en liberté trente-deux personnes qui avaient été placées en garde à vue à la suite de leur intrusion dans l'enceinte de l'hôpital. La directrice de l'hôpital a déposé plainte contre X, et affirme que l'établissement a subi "des dégradations".