Ce que l'on sait de la découverte devant la tour Eiffel de cinq cercueils portant l'inscription "Soldats français de l'Ukraine"

Trois suspects ont été placés sous le statut de témoin assisté, lundi, pour "violences avec préméditation", a annoncé le parquet de Paris.
Article rédigé par franceinfo
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Des passants se promènent sur le Trocadéro, au pied de la tour Eiffel, à Paris, le dimanche 26 mai 2024. (ADRIEN FILLON / NURPHOTO / AFP)

Une affaire étrange sur fond de soupçons d'ingérence étrangère. La tour Eiffel a été le théâtre d'une macabre mise en scène samedi 1er juin. Cinq cercueils recouverts d'une banderole portant l'inscription "Soldats français de l'Ukraine" ont été découverts au pied du monument, a appris franceinfo de source policière. Trois hommes soupçonnés d'avoir déposé ces cercueils ont été placés lundi sous le statut de témoin assisté pour "violences avec préméditation", a annoncé le parquet de Paris. On vous résume ce que l'on sait de cette affaire.

Des cercueils remplis de sacs de plâtre

Il est 8h50 samedi matin quand deux personnes descendent d'une camionnette blanche stationnée à l'angle du quai Jacques Chirac et de l'allée Jean Paulhan pour déposer cinq cercueils sur le trottoir. Ces derniers sont ornés de drapeaux français et de l'inscription "Soldats français de l'Ukraine". D'après les exploitations de la police technique et scientifique, les cercueils contiennent des sacs de plâtre visant à faire croire qu'ils ne sont pas vides.

Les suspects interpellés peu après les faits

Le conducteur de la camionnette, contrôlé dans la foulée, a assuré aux policiers avoir été payé 120 euros pour déposer les deux personnes et la cargaison. Il a précisé être arrivé de Bulgarie la nuit précédente. Quelques heures plus tard, les deux hommes soupçonnés d'avoir déposé les cercueils sont interpellés à leur tour par les policiers de la brigade anticriminalité du 12e arrondissement de Paris grâce au dispositif de surveillance. Les deux suspects étaient dans un premier temps parvenus à s'enfuir avant d'être retrouvés au niveau de la gare routière de Bercy, avec l'intention de prendre un bus pour Berlin en Allemagne.

Trois personnes placées sous le statut de témoin assistées

Les deux fuyards, nés en Allemagne et en Ukraine, ainsi que le conducteur de la camionnette, d'origine bulgare, ont été placés en garde à vue pour "violence avec préméditation". Ils ont été déférés au palais de justice dimanche soir et placés lundi sous le statut de témoin assisté, échappant ainsi à une mise en examen. "Ces personnes demeurent donc libres. Il appartient au juge d'instruction de décider des suites qu'il entend apporter à sa saisine", a précisé le parquet. Les investigations ont été confiées à la sûreté territoriale de Paris.

L'un des trois hommes interpellés était en lien avec l'une des personnes suspectées d'avoir tagué des mains rouges sur le mémorial de la Shoah à Paris, mi-mai, d'après une source policière contactée par franceinfo. C'est l'analyse du téléphone du chauffeur bulgare qui a permis d'établir un lien avec cet homme, toujours selon cette source policière.

La piste d'une ingérence étrangère à l'étude 

Pour l'heure, aucune piste n'est exclue, y compris celle d'une potentielle ingérence étrangère, alors que cet incident fait écho à deux récentes affaires dans lesquelles pèsent des soupçons similaires. Dans la nuit du 13 au 14 mai, des mains rouges avaient été taguées sur le mémorial de la Shoah à Paris et les policiers soupçonnent trois personnes ayant fui à l'étranger. En octobre, après le début de la guerre entre Israël et le Hamas, des étoiles de David avaient été dessinées au pochoir sur plusieurs façades d'immeubles en région parisienne.

Les faits, pour lesquels un couple de Moldaves a été interpellé, ont été imputés par les autorités françaises aux services de sécurité russes (FSB). Dans les deux cas, Stéphane Séjourné, ministre des Affaires étrangères, avait estimé à la mi-mai qu'il s'agissait de "commanditaires payés pour déstabiliser et appuyer sur les clivages de la société française". Il ne s'est pour l'heure pas exprimé sur l'affaire des cinq cercueils déposés au pied de la tour Eiffel.

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