Présidentielle : cinq fois où les discours des politiques ont eu un air de déjà-vu

Dans un discours prononcé à Villepinte le 1er mai, Marine Le Pen a repris des passages entiers d'un discours de François Fillon. Ce n'est pas la première personnalité politique à être épinglée pour de tels emprunts.

Marine Le Pen lors de son discours à Villepinte (Seine-Saint-Denis), le 1er mai 2017.
Marine Le Pen lors de son discours à Villepinte (Seine-Saint-Denis), le 1er mai 2017. (CHARLES PLATIAU / REUTERS)

Lundi 1er mai, le discours de Marine Le Pen à Villepinte (Seine-Saint-Denis) avait comme un air de déjà-vu. Et pour cause : la candidate frontiste a repris mot pour mot des passages entiers d'une allocution de François Fillon sur la grandeur de la France, prononcée le 15 avril au Puy-en-Velay (Haute-Loire).

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"C'est totalement assumé, un clin d'œil assumé, un petit emprunt", s'est justifié le secrétaire général du FN, Nicolas Bay, sur Sud Radio et Public Sénat, mardi 2 mai. Marine Le Pen n'est en tout cas pas la première à avoir été ainsi épinglée. Franceinfo revient sur cinq autres exemples.

1Quand Marine Le Pen – déjà – a repris le discours de sa nièce

Deux ans jour pour jour avant son meeting à Villepinte, la présidente du FN s'était déjà inspirée d'un autre discours, cette fois-ci prononcé par sa nièce. Le 1er mai 2015, pour rendre hommage à Jeanne d'Arc, elle reprend les mots employés en 2014 par Marion Marechal-Le Pen, députée FN du Vaucluse. A l'époque, c'est "Le Petit Journal" de Canal+ qui montre les similitudes entre les deux textes. 

Le texte original ne parle cependant pas de la mort de Jeanne d'Arc, intervenue au XVe siècle, mais de la Bataille de Bouvines, qui date de 1214, note Le Lab. Marine Le Pen a simplement remplacé les occurrences de "Bouvines" par "Jeanne d'Arc", sans toucher au reste du discours.

2Quand le candidat Fillon a repris les mots du Premier ministre Fillon

François Fillon, lui, n'a copié personne, mais a repris un de ses discours vieux de dix ans. Devant la foule amassée au Trocadéro à Paris, dimanche 5 mars 2017, il rend hommage à la République : "Vous êtes la République, qui fait de chacun de nous le compagnon de l’autre. La République est née de siècles de combat pour faire triompher l’intérêt général." L'homme politique avait déjà prononcé cette phrase, de manière presque identique, à l'Assemblée nationale, lors de son discours de politique générale en 2007, relève L'Opinion.

Le journal Closer note que François Fillon faisait déjà appel, quand il était chef du gouvernement, à la plume de son ami Igor Mitrofanoff. Celui-ci était-il en panne d'inspiration ? Ou pensait-il que cet extrait était idéal pour galvaniser la foule du Trocadéro ? Quel que soit le cas de figure, le texte a visiblement été ressorti des archives.

3Quand Emmanuel Macron s'est inspiré de François Hollande (et de Barack Obama)

A Marseille le 1er avril, Emmanuel Macron loue les origines hétéroclites des habitants de la ville. "Je vois les Arméniens. Les Comoriens", scande-t-il. Un hommage qui rappelle à L'Opinion celui rendu par le candidat François Hollande en 2012. Le futur locataire de l'Elysée avait alors salué de la même manière "ceux qu'on avait fait venir de loin" pour construire la ville. 

Emmanuel Macron s'est aussi inspiré d'un autre président : Barack Obama"Madame Le Pen… Ne la sifflez pas, battons-la !", a réagi le candidat à la présidentielle lors de son meeting du 1er mai, après les huées du public à l'évocation de sa rivale. Une formule qui rappelle le "Don't boo, vote" ("Ne le huez pas. Allez voter.") que le locataire de la Maison Blanche avait adressé au public de la convention démocrate de Philadelphie, en juillet 2016. Il parlait, bien sûr, de Donald Trump, le candidat républicain.

4Quand Melania Trump a copié Michelle Obama

C'était aussi en pleine campagne présidentielle. Melania Trump, l'épouse de Donald Trump, a été accusée de plagiat lors de la convention républicaine de Cleveland (Ohio, Etats-Unis) chargée d'officialiser la candidature de son mari. Dans son discours donné au soir du 18 juillet, au moins deux passages reprenaient presque mot pour mot un texte de Michelle Obama.

"Barack et moi avons été élevés avec beaucoup de valeurs similaires : (...) il faut travailler dur pour avoir ce que tu veux dans la vie", disait par exemple l'épouse de Barack Obama en 2008. "Depuis mon plus jeune âge, mes parents m'ont bien fait comprendre certaines valeurs :  il faut travailler dur pour avoir ce que tu veux dans la vie", affirmait Melania Trump sur l'estrade, huit ans plus tard. L'équipe de campagne de Donald Trump avait refusé d'y voir un plagiat, préférant évoquer des "sources d'inspiration"

5Quand le président malgache a plagié Nicolas Sarkozy

"Sarkozy copié et pillé..." titrait en une la Gazette de la Grande Île, un quotidien malgache, après l'investiture en 2014 du nouveau président Hery Rajaonarimampianina, visiblement très inspiré par l'ancien chef d'Etat français.

Dans son allocution, le président malgache prônait la réconciliation nationale dans un pays meurtri par cinq années de rivalités politiques et concluait par : "Parce que, lorsqu'il s'agit de Madagascar, il n'y a plus de camp." Nicolas Sarkozy avait dit exactement la même chose lorsqu'il avait reçu l'investiture de l'UMP pour l'élection présidentielle, début 2007. Hery Rajaonarimampianina a tout de même pris soin de remplacer les occurrences de "France" par "Madagascar", comme le montre ce montage.

Des similitudes qui n'avaient pas troublé la ministre française de la Francophonie de l'époque, Yamina Benguigui. "C'est un discours absolument fabuleux, plein d'espoir. Nous étions tous très très émus", avait-elle indiqué à l'AFP.