Prix des carburants : les cinq leviers évoqués par le gouvernement et les candidats à la présidentielle pour faire baisser la facture à la pompe

Chèque énergie, baisse des taxes, blocage des prix... Alors que les tarifs de l'essence s'envolent, les politiques rivalisent de propositions pour diminuer la facture des automobilistes.

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Une station d'essence affiche les prix du carburant à Paris (Ile-de-France) le 16 octobre 2021. (MAGALI COHEN / HANS LUCAS)

Un record. Avec un prix à la pompe à 1,5583 euro (soit plus de 2 centimes supplémentaires par rapport à la semaine précédente), le prix du litre de gazole a atteint, lundi 18 octobre, un nouveau plus haut historique, selon les chiffres officiels du ministère de la Transition écologique. A quelques mois de l'élection présidentielle, la hausse des prix du carburant affole la classe politique. Quelles solutions proposent l'exécutif et les principaux candidats à l'Elysée pour alléger la facture des automobilistes ? Tour d'horizon.

Un chèque carburant

C'est la solution vers laquelle s'oriente le gouvernement, mais "il reste du travail à faire" pour la mettre au point, a expliqué lundi Bruno Le Maire. Le ministre de l'Economie se dit en effet "davantage favorable" à la création d'un "chèque carburant" qui serait attribué sous conditions de ressources, sur le modèle du chèque énergie, qu'à une baisse des taxes sur le gazole et l'essence.

Une baisse des taxes est "injuste", a affirmé le ministre, parce qu'elle ne ciblerait pas les ménages qui en ont le plus besoin. Une diminution de taxes "coûte très cher" car un centime de baisse, peu perceptible pour les conducteurs, représente "un demi-milliard d'euros" en moins dans les caisses de l'Etat, a également fait valoir Bruno Le Maire. 

Le parti écologiste Europe Ecologie-Les Verts (EELV) est également favorable à cette solution du chèque carburant. Son secrétaire national, Julien Bayou, a défendu cette idée lundi sur SudRadio. Appelant à "viser large", jusqu'à "15 millions de familles", il a défendu l'idée de chèques énergie à hauteur de 400 euros pour les foyers les plus modestes et de 100 euros pour les classes moyennes, comme l'avait proposé dimanche sur BFMTV Yannick Jadot, le candidat écologiste à l'Elysée.

Une réduction de la marge des distributeurs

La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a estimé la semaine dernière que les distributeurs doivent "faire un geste en cette période difficile en réduisant leurs marges" sur le prix de l'essence. En guise de réponse, les centres Leclerc ont annoncé lundi qu'ils vendront jusqu'au 30 octobre le carburant à prix coûtant dans toutes leurs stations-service (en dehors des autoroutes). "Nous faisons l'effort maximum que la loi nous autorise à faire. Nous n'avons actuellement pas le droit de revendre à perte", a précisé dans un communiqué Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres du groupe. 

Il a également expliqué sur RTL que ses magasins "n'avaient qu'un ou deux centimes sous le pied". "J'ai voulu le souligner en disant : on vend sans marge jusqu'à la fin du mois. Et donc, si ça continue d'augmenter, la marge de manœuvre, elle n'est pas chez nous, elle est chez vous [le gouvernement]", a lancé le patron des centres Leclerc, faisant allusion aux taxes perçues par l'Etat sur chaque litre d'essence vendu.

Une baisse des taxes

Plusieurs personnalités politiques invitent d'ailleurs le gouvernement à baisser ces taxes astronomiques sur le carburant (environ 60% du prix du litre à la pompe). Parmi celles-ci, la maire de Paris, Anne Hidalgo. "Onze millions de personnes ont besoin de leur voiture tous les jours pour aller travailler. Il faut les accompagner pour tourner la page des véhicules thermiques à partir de 2030", a expliqué la candidate socialiste à la présidentielle dans un entretien à Libération le 5 octobre.

Du côté du Rassemblement national, Marine Le Pen a également proposé d'abaisser la TVA sur l'essence, le gaz et l'électricité, à 5,5% au lieu de 20% actuellement. Pour l'essence, ce taux représenterait environ 10 euros économisés sur un plein de 60 euros, a-t-elle fait valoir. Arnaud Montebourg, également candidat à l'Elysée, n'a pas dit autre chose dimanche dans l'émission politique de France 3. Il propose, lui aussi, de ramener la TVA à 5,5% pour tous les tarifs de l'énergie.

Le candidat communiste, Fabien Roussel, réclame pour sa part une baisse modulée de la fameuse TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques). Il propose d'instaurer une "taxe flottante" sur les carburants pour amortir la flambée des prix à la pompe, "comme ça a pu être fait à l'époque par le gouvernement Jospin [entre octobre 2000 et juillet 2002]", ce qui "permet de faire baisser les taxes quand le prix du baril monte pour que ça ne pèse pas sur le pouvoir d'achat de nos concitoyens", a-t-il expliqué jeudi dernier sur CNews.

Le blocage des prix de l'essence

C'est la solution prônée par Jean-Luc Mélenchon. Le candidat de l'Union populaire a expliqué dimanche dans le journal de 13 heures de France 2 qu'il fallait appliquer ce blocage des prix à tous les tarifs de l'énergie. Son porte-parole, le député Alexis Corbière, avait expliqué jeudi dernier sur franceinfo pourquoi son parti préférait le blocage des prix à une baisse des taxes : "Quand on reconnait qu'il y a un problème, il faut agir. Nous proposons de reprendre la méthode qui avait été celle d'Edouard Philippe pendant la crise des 'gilets jaunes' : on bloque les prix. On les bloque à leur niveau actuel, déjà pour éviter que cela ne continue de monter. Le problème de la baisse des taxes, c'est que cela revient à ce que ce soit les Français et l'argent public qui financent cela. Cela permet que les groupes privés continuent à faire leurs marges de bénéfices. Par contre, il y a moins d'argent public qui rentre", avait dénoncé l'élu de La France insoumise.

Les frais kilométriques mieux pris en charge par les employeurs

Valérie Pécresse, elle, a plaidé dimanche pour relever le plafond du forfait kilométrique pris en charge par l'employeur afin d'atténuer la hausse des prix de l'essence. "Il y a une prise en charge à moitié par les employeurs des forfaits kilométriques. Peut-être qu'on pourrait envisager d'autoriser une prise en charge plus importante", a suggéré la présidente de la région Ile-de-France et candidate à l'investiture de la droite pour la présidentielle lors du "Grand jury" LCI-RTL-Le Figaro.

L’employeur n'est pas tenu de prendre en charge les frais kilométriques de carburant de ses salariés qui viennent travailler en voiture, explique l'émission de Radio France "Le décryptage éco". En revanche, si un salarié prend son véhicule personnel pour un déplacement professionnel, il y a une prise en charge obligatoire, en fonction du type de voiture, de sa puissance. Cette prise en charge se fait selon un barème fixé par Bercy, dans la limite d’un plafond.

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