Jean-Luc Mélenchon veut "élargir sa base" en se présentant sous la bannière de l'Union populaire, analyse le politologue Rémi Lefebvre

Le chef de file de La France insoumise tenait un discours ce dimanche en clôture de la convention de l'Union populaire à Reims.

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Radio France
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Le discours de Jean-Luc Mélenchon à Reims, en clôture de la convention de l'Union populaire, le 17 octobre  2021. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

Jean-Luc Mélenchon s'est exprimé devant 2 000 militants ce dimanche matin 17 octobre, en clôture de la convention de l'Union populaire, à Reims. Sous ce nouveau label, le candidat à la présidentielle cherche à se délester d'une "marque France insoumise un peu abimée", après plusieurs échecs électoraux, et à "accueillir d'autres forces politiques pour élargir sa base", analyse sur franceinfo Rémi Lefebvre. "C'est objectivement mal parti", "Jean-Luc Mélenchon est assez isolé", constate le professeur de sciences politiques à l'université de Lille, mais "on n'est qu'au tout début de la campagne".

franceinfo : Quel est le but de l'Union populaire ? Est-ce que cela peut changer quelque chose ?

Rémi LefebvreOn a l'impression que la marque partisane de Jean-Luc Mélenchon a changé. Le terme de "France insoumise", qui avait été lancé en 2016 pour promouvoir la campagne présidentielle de 2017, a disparu, pour faire place à un nouveau label. Il y a deux raisons à mon avis à cela. D'abord, je pense que la marque "France insoumise" était un peu abîmée, notamment par les élections intermédiaires [européennes, municipales, régionales] qui n'ont pas été bonnes pour le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Et puis, ensuite, dans l'"Union populaire", il s'agit d'accueillir d'autres forces politiques pour élargir la base du candidat, et lui donner un bonus pour rassembler la gauche. C'est donc une nouvelle étape électorale qui s'est ouverte.

Cette "Union populaire" peut-elle vraiment être un instrument d'alliances et de ralliements ?

C'est objectivement mal parti, ça n'en prend pas la direction. Après, on n'est qu'au tout début de la campagne. Aujourd'hui, ce qu'essaie de faire Jean-Luc Mélenchon, c'est de reproduire ce qu'il avait réussi à faire en 2017. C'est-à-dire apparaître comme le candidat de rassemblement à gauche, tout en élargissant l'électorat de gauche, en s'adressant aux milieux populaires. L'enjeu de Jean-Luc Mélenchon est double : à la fois d'avoir le leadership à gauche, de gagner sur les challengers de gauche que sont Yannick Jadot et Anne Hidalgo, et puis d'élargir ensuite cette base électorale aux électeurs éloignés, comme ceux des milieux populaires, qui aujourd'hui s'abstiennent beaucoup. Pour l'instant, Jean-Luc Mélenchon est assez isolé. Il apparaît comme un candidat assez clivant dans l'opinion et chez les électeurs de gauche. On voit mal le trait d'union qu'il pourrait faire avec les autres forces de gauche. Mais on est encore loin du premier tour de la présidentielle.

Dans un mois, La France insoumise va rééditer L'Avenir en commun, le programme de 2017, qui sera amendé, mais la trame va rester la même pour 2022. Y a-t-il là un risque politique ?

Oui et non. L'offre politique programmatique de Jean-Luc Mélenchon ne va pas changer. Cela peut donner l'impression d'une forme de non-adaptation à la société. Mais il estime que l'offre politique qu'il a proposé en 2017 est toujours adaptée. Il faut reconnaître à cette offre politique d'avoir pris en compte très tôt la transition écologique. L'écosocialisme est une vieille idée de Jean-Luc Mélenchon. Il y a cette idée de stabilité, de constance chez lui. C'est un élément qui peut perturber, mais c'est aussi un élément, finalement, d'authenticité. De dire : "Je n'ai pas changé, je creuse mon sillon, je développe une offre politique qui, je l'estime, est toujours convaincante." Et donc plutôt privilégier la pédagogie à la nouveauté des propositions.

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