"J'ai honte de ce gouvernement" : le scénariste de la BD "Les Vieux fourneaux" refuse la médaille des Arts et les Lettres

Dans un message publié sur Facebook, Wilfrid Lupano explique au ministre de la Culture Franck Riester pourquoi il refuse cette distinction.

Le scénariste Wilfrid Lupano, au festival d\'Angoulême, le 26 janvier 2018.
Le scénariste Wilfrid Lupano, au festival d'Angoulême, le 26 janvier 2018. (JOEL SAGET / AFP)

Après Blanche Gardin, l'auteur Wilfrid Lupano. Le scénariste de la bande dessinée Les Vieux fourneaux, a annoncé, lundi 20 mai, sur Facebook, refuser à son tour le grade de Chevalier des arts et des lettres, que voulait lui décerner le ministre de la Culture, Franck Riester, pour des raisons politiques. "Gilets jaunes", "urgence écologique", "dérive sécuritaire"… Wilfrid Lupano détaille le "peu de points communs" qu'il a avec le gouvernement, pour expliquer son refus. "Je vous remercie de cette délicate attention, mais j'ai bien peur de devoir refuser cet 'honneur', écrit-il. Comment accepter la moindre distinction de la part d'un gouvernement qui, en tout point, me fait honte ? Car oui, il s'agit bien de honte."

Dans un monde où les distinctions culturelles seraient remises par le milieu culturel lui-même, sans intervention du politique, j'aurais accepté celle-ci avec honneur et plaisir.Wilfrid Lupanosur Facebook

Le scénariste liste ensuite des reproches qu'il adresse au gouvernement et à Emmanuel Macron, citant notamment la suppression de l'ISF. "J'ai honte de ce que votre gouvernement fait des services publics", explique-t-il, estimant que le président de la République refuse de "faire payer aux grandes entreprises et aux plus grosses fortunes les impôts dont elles devraient s'acquitter (...) pour ne pas déplaire à ceux qui ont financé sa campagne."

Wilfrid Lupano fustige ensuite les propos de Christophe Castaner, qui avait dénoncé une "attaque", quand des "gilets jaunes" s'étaient réfugiés dans l'enceinte de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. "J'ai honte de voir, depuis des mois, partout en France, éclater des yeux, exploser des mains ou des visages sous les coups de la police, de Notre-Dame-des-Landes aux Champs-Elysées, à Toulouse, Biarritz, Nantes", égrène-t-il au sujet des violences commises par les forces de l'ordre.

"J'ai honte, monsieur le ministre, de ce gouvernement mal élu qui ne tient plus que par sa police ultra violente", ajoute-t-il. Wilfrid Lupano dénonce ensuite une politique française "indigne" en matière d'accueil des migrants qui traversent la Méditerranée, ainsi que "l'incapacité de ce gouvernement à prendre en compte l'urgence écologique".