L'humoriste Blanche Gardin refuse une décoration et critique le gouvernement, le ministre du Logement lui répond

Dans un texte adressé à Emmanuel Macron, la comédienne reproche à l'exécutif plusieurs décisions qu'elle juge défavorables aux sans-abri.

L\'humoriste Blanche Gardin sur la scène de la cérémonie des César, le 2 mars 2018, à Paris.
L'humoriste Blanche Gardin sur la scène de la cérémonie des César, le 2 mars 2018, à Paris. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Cette proposition ne l'a visiblement pas fait rire. L'humoriste et actrice Blanche Gardin a annoncé, mercredi 3 avril, qu'elle refusait d'être nommée à l'ordre des Arts et des Lettres, une décoration que lui avait proposée le ministère de la Culture. Sur Facebook, elle a expliqué sa décision par une raison politique : "Je ne pourrai accepter une récompense que sous un gouvernement qui tient ses promesses et qui met tout en œuvre pour sortir les personnes sans domicile de la rue."

S'adressant à Emmanuel Macron, Blanche Gardin rappelle au président de la République qu'en 2017, il avait déclaré qu'il ne "voulait plus, d'ici la fin de l'année, avoir des hommes et des femmes dans la rue, dans les bois ou perdus". Elle lui reproche la baisse des APL, la réduction des moyens alloués au logement social et aux centres d'hébergement, l'absence d'encadrement des loyers et la réforme de l'ISF, qui a entraîné une chute des dons aux associations.

Le 31 mars, l'humoriste, engagée sur la question du logement et des sans-abri, a reversé les bénéfices d'une représentation de son spectacle au Zénith de Paris, à deux associations venant en aide aux personnes sans domicile fixe, Les Enfants du canal et la Fondation Abbé Pierre.

Le gouvernement vante son action

Le ministre du Logement, Julien Denormandie, lui a répondu sur Twitter. "Je lutte sans relâche, à tous les instants, contre l'exclusion sous toutes ses formes", écrit-il, avant de lui répondre au sujet de l'hébergement d'urgence principalement. "Nous avons ouvert et pérennisé plus de 14 000 nouvelles places d'hébergement d'urgence, poursuit le ministre. Je ne m'en félicite pas, car cela traduit des tensions d'une intensité exceptionnelle."