"Gilets jaunes" : qui est Christophe Dettinger, l'ancien boxeur accusé d'avoir frappé des gendarmes ?

L'homme filmé sur la passerelle Léopold-Sédar-Senghor, à Paris, en train de frapper des gendarmes mobiles a été identifié comme étant Christophe Dettinger, un ancien boxeur professionnel.

Un ancien boxeur, Christophe Dettinger, frappe un gendarme mobile lors d\'une manifestation des \"gilets jaunes\" à Paris, le 5 janvier 2018.
Un ancien boxeur, Christophe Dettinger, frappe un gendarme mobile lors d'une manifestation des "gilets jaunes" à Paris, le 5 janvier 2018. (ANTONI LALLICAN / HANS LUCAS / AFP)

Garde haute devant le visage pour se protéger, jeu de jambes dynamique et coups foudroyants… L'homme suspecté de s'en être pris à un gendarme mobile, samedi 5 janvier à Paris lors d'une manifestation des "gilets jaunes", n'est a priori pas le premier venu. Christophe Dettinger est un ancien boxeur professionnel de 37 ans. D'autres images, tournées le même jour à proximité, montrent un individu qui lui ressemble en train d'asséner des coups de pied à un gendarme mobile bloqué au sol. Voici ce que l'on sait de ce manifestant, qui a été interpellé lundi 7 janvier.

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Un boxeur champion de France

Surnommé "le gitan de Massy", Christophe Dettinger n'est pas un inconnu dans le milieu de la boxe. En 2007, il est devenu champion de France des lourds-légers, la catégorie (PDF, page 7) qui regroupe les athlètes pesant entre 79,378 et 90,719 kg. "C'était un longiligne, qui se servait très bien de sa morphologie. C'était un très bon technicien, très précis", raconte à L'Equipe l'un de ses anciens entraîneurs, Jacky Trompesauce. Selon le quotidien sportif, le boxeur de Massy (Essonne) raccroche les gants en 2013, après 18 victoires, un nul et quatre défaites.

Depuis samedi, c'est la consternation dans le monde de la boxe. La fédération française a publié un communiqué pour condamner "avec la plus grande fermeté de tels agissements d'une violence extrême qui sont totalement contraires aux valeurs prônées par notre discipline". Sur France Inter, un autre de ses coachs est encore plus sévère : "Pourquoi t'as fait ça Christophe ? Quel est l'intérêt ? Tu as une famille, des enfants… Moi je peux aller lui tirer l'oreille, il ne dira rien, je lui dirai 'tu es un con', témoigne Laurent Boucher. Ce qui m'a le plus choqué, c'est de le voir taper le gendarme au sol. En boxe anglaise, on apprend à ne pas taper un homme au sol, jamais, et lui il l'a fait, c'est chaud pour lui."

Un fonctionnaire territorial, père de trois enfants

Depuis sa retraite, Christophe Dettinger est fonctionnaire territorial au service entretien de la mairie de Brétigny-sur-Orge (Essonne), indique L'Equipe. Il habite dans la commune, avec sa femme et ses trois enfants. Une vie qui serait à l'origine de son coup de sang, selon l'un de ses proches interrogés par le quotidien sportif. "Si Christophe était à la manifestation, c'est parce qu'il est comme tout le monde, qu'il en a marre, que les fins de mois sont dures", avance cette personne. Pour ce proche, "s'il est énervé comme il l'a fait, c'est qu'il a dû se passer quelque chose avec sa femme. Elle a dû être gazée par les gendarmes. Et, chez nous, on ne touche pas aux femmes."

Dans une vidéo mise en ligne après son interpellation, le boxeur ne dit pas autre chose. "Oui je me suis fait gazer avec  ma femme, je me suis fait gazer et à un moment, la colère est montée en moi, oui j'ai mal réagi, mais je me suis défendu", explique-t-il.

Marion Maréchal, Coluche, Pompidou sur son Facebook

Son compte Facebook, nettoyé depuis samedi, donne quelques indications sur son positionnement politique, comme l'explique un journaliste de France Inter. Il "like" une photo de Marion Maréchal-Le Pen, plusieurs clichés de Coluche et une citation de Georges Pompidou datant de 1966, "Mais arrêtez donc d’emmerder les Français"rapportée par Jacques Chirac. L'homme a également partagé des thèses complotistes.

Dans la vidéo mise en ligne après son interpellation, il dit n'être ni d'extrême gauche, ni d'extrême droite, mais explique être "un gilet jaune". "J'ai la colère du peuple en moi, assure-t-il. Je vois tous ces présidents, ces ministres, tout l'Etat se gaver et se pomper, ils ne sont même pas capables de montrer l'exemple, ils se gavent sur notre dos."