Sobriété énergétique : comment la limite pour le chauffage a été fixée à 19°C

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France Télévisions
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Un thermostat connecté affichant une température de 19,2°C (photo d'illustration). (FRANCEINFO)

Pour limiter les risques de coupures cet hiver, Emmanuel Macron a enjoint les foyers français à ne pas dépasser cette température. Lors du premier choc pétrolier, c'est déjà ce qu'avait conseillé le gouvernement de Jacques Chirac.

Prière de ne pas trop chauffer. Alors que la crise de l'énergie inquiète à tous les étages, des collectivités locales au gouvernement en passant par les universités, une mesure s'est imposée pour réduire les factures : respecter une température maximale de 19°C.

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Une solution simple, "dans nos mains", déclarait Emmanuel Macron le 5 septembre, conseillant de mettre "le chauffage un peu moins fort que d'habitude" avant de citer cette température de référence. Mais d'où vient ce chiffre ? Comment a-t-il été fixé ?

Une première obligation en 1974

Le contrôle des températures dans les bâtiments est entré dans la législation française à travers un décret datant du 3 décembre 1974. A cette époque, la France accuse le coup d'une autre crise énergétique : le premier choc pétrolier. Les prix à la pompe ont quadruplé et l'explosion des factures de chauffage inquiètent le gouvernement de Jacques Chirac.

Le Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing charge alors son ministre de l'Industrie, Michel d'Ornano, de réguler "la température de chauffage" à l'intérieur des bâtiments. Cette dernière est limitée à "20°C en moyenne", avec des variations selon les usages. Elle est par exemple fixée à 18°C pour les locaux d'enseignement, 14°C pour les gymnases et 19°C justement dans les logements et bureaux de l'administration.

Il ne s'agit d'ailleurs pas de la seule mesure d'économie d'énergie prise à l'époque. Sur demande du gouvernement, les vitrines des magasins sont également éteintes la nuit, aucune émission de télévision n'est diffusée à partir de 23 heures et la vitesse maximale devient pour la première fois limitée à 120 km/h sur autoroute et à 90 km/h sur les nationales. Certaines de ces mesures dureront quelques mois, d'autres entreront dans les usages.

Une règle figurant au Code de l'énergie

Après plusieurs mises à jour successives, la limitation du chauffage à l'intérieur des bâtiments a fait du chemin et on la retrouve depuis le 1er janvier 2016 dans l'article R241-26 du Code de l'énergie. Ce dernier limite en effet à "19°C en moyenne" la température "dans les locaux à usage d'habitation, d'enseignement, de bureaux ou recevant du public et dans tous autres locaux". 19°C, c'est aussi la température à laquelle les gouvernements allemand et espagnol ainsi qu'une partie des autorités belges ont choisi de chauffer leurs bâtiments publics.

Dans un logement, cette température peut encore varier, explique l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) dans son guide pour "mieux se chauffer". La température conseillée dans les chambres est par exemple de 17°C, conformément à la recommandation de l'Institut national du sommeil et de la vigilance. Dans une salle de bains, elle est de 22°C lors de l'utilisation. Et dans les pièces de vie (salon, salle à manger, cuisine), l'Ademe recommande une température comprise entre 19°C et 21°C.

Si vous souhaitez chauffer au-delà, aucun agent de police ne viendra vous contrôler ni vous verbaliser. Mais la planète (et votre porte-monnaie) vous remercieront sûrement de ne pas le faire.

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