Vidéo "L'inflation commence à apparaitre de façon assez forte dans les rayons des magasins", selon Michel-Edouard Leclerc qui table sur une hausse de 4% en 2022

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Le patron du groupe Leclerc a toutefois promis, dans le cadre d'une décision commune avec le ministère de l'Agriculture et les parlementaires, "de sanctuariser les prix du secteur agricole français".

"On est un peuple de fêtards, on mange beaucoup, probablement trop, les paniers sont assez élevés, on mange festif, du foie gras, des huitres, du saumon", a constaté Michel-Edouard Leclerc, PDG du groupe Leclerc, à l'approche des fêtes de fin d'année, alors que l'inflation "commence à apparaitre de façon assez forte dans les rayons des magasins" et sur les tickets de caisse.

"On a maîtrisé la politique de prix sur les jouets et sur la nourriture" des fêtes, a-t-il assuré, mais "on a commencé à répercuter l'inflation sur le prix des pâtes parce qu'il est fondé sur le prix des blés". "Dans toutes les enseignes de distribution, le prix des pâtes a augmenté de 15% une première fois et de 20% une deuxième fois", a affirmé Michel-Edouard Leclerc. Une hausse qu'il met également sur le compte "d'un mauvais marché, d'une mauvaise météo et de beaucoup de spéculation". D'autres secteurs sont concernés, selon ses estimations, comme le marché du papier qui a augmenté de 40% et le marché de l'aluminium qui est en hausse de 30%.

"On va mettre un socle pour que l'inflation ne soit pas trop forte"


"L'inflation est là", a-t-il insisté, reconnaissant que la hausse des prix de l'énergie et des matières premières se ressent aujourd'hui dans les négociations commerciales avec les industriels. "Il va falloir négocier, c'est le moment où les enseignes de distribution, nos métiers, vont consister à essayer de mettre un couvercle sur cette tendance inflationniste", a indiqué Michel-Edouard Leclerc. "On va mettre un socle pour que l'inflation ne soit pas trop forte, ça veut dire peut-être la différer, obtenir des promos en échange ou la répercuter sur plusieurs gammes de produits plutôt que sur tel ou tel produit", a-t-il expliqué. "C'est de bonne guerre", a-t-il poursuivi estimant qu'il n'y a pas à "faire payer aux consommateurs français la sur-marge" des industriels qui veulent "doubler leurs résultats" et "leurs marges" pour "lever de l'argent en Bourse". Michel-Edouard Leclerc a donc tablé sur une inflation des prix d'au moins "4%" pour les tarifs de l'année 2022.

Le patron du groupe Leclerc a toutefois promis, dans le cadre d'une décision commune avec le ministère de l'Agriculture et les parlementaires, "de sanctuariser les prix du secteur agricole français". "Leclerc sera moins cher sur autre chose, mais les produits agricoles ne seront pas atteints par la lutte anti-inflation", a-t-il précisé.

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