Mayotte : le préfet confirme qu'il fera appel de la décision du tribunal de suspendre la destruction d'un bidonville

Le préfet de Mayotte Thierry Suquet soutient que sur ce bidonville "plus de 45 familles et 100 personnes ont été relogées", soit "plus de 50% des gens" présents sur place.
Article rédigé par France Info
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Le préfet de Mayotte Thierry Suquet lors d'une conférence de presse, le 24 avril 2023. (MORGAN FACHE / AFP)

"J'ai pris acte de la décision judiciaire, il y aura un appel", confirme mardi 25 avril sur franceinfo le préfet de Mayotte Thierry Suquet, après la décision du tribunal judiciaire de Mamoudzou de suspendre l'opération de destruction du bidonville Talus 2 dans le quartier de Majicavo, dans la commune de Koungou. Le préfet assure que "la mise en danger aujourd'hui" ne se trouve pas du côté de "l'opération menée par la préfecture et préparée depuis plusieurs mois" mais dans le fait "de laisser les gens vivre dans des conditions indignes".

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Thierry Suquet reconnaît que cette décision judiciaire l'"oblige à regarder les propositions de relogement qui ont été faites". Il soutient que sur ce bidonville "plus de 45 familles et 100 personnes ont été relogées", soit "plus de 50% des gens" présents sur place. Le préfet promet d'ailleurs que les services de l'État continueront "à reloger les gens" : "Quand on aura réglé les malentendus, on démolira cet habitat indigne dans lequel il n'est pas possible de laisser vivre des gens", promet-il.

Le préfet de Mayotte balaie d'un revers de la main les critiques émises par l'association Droit au Logement qui assurait lundi sur franceinfo que la préfecture n'avait pas affiché "son arrêté de destruction sur les portes de chaque logement". Thierry Suquet affirme au contraire que "cet arrêté pris le 2 décembre a été affiché et régulièrement publié". "Pour chaque personne, pour chaque famille, nous faisons une proposition de relogement pour l'ensemble des gens qui ont vocation à rester sur le territoire", ajoute le préfet qui entend bien démontrer cela "en appel".

Thierry Suquet affirme que si l'opération de destruction est suspendue pour ce bidonville Talus 2, les autres "opérations de démolition d'habitats indignes commenceront au fur et à mesure que les conditions juridiques et réglementaires seront mises en œuvre", évoquant "six arrêtés préfectoraux". Il juge ces opérations nécessaires pour répondre à l'objectif de "faire disparaître de Mayotte les bidonvilles et l'habitat indigne". Le préfet assure par ailleurs que dans le cadre de "l'accélération de la lutte contre l'habitat indigne, à la demande du ministre de l'Intérieur et des Outre-mer, nous avons réservé plus de 500 places d'hébergement (...) et nous avons la capacité de reloger plus de 800 personnes".

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