VIDEO. Retour sur la carrière de Gisèle Halimi, infatigable combattante pour la cause des femmes

Gisèle Halimi est morte mardi 28 juillet à l'âge de 93 ans. Célèbre avocate, elle avait notamment défendu des militants du FLN, et l'on retiendra notamment son combat pour le droit à l'avortement.

France 2

C'est une figure incontournable du mouvement féministe en France. L'avocate, ancienne députée et autrice Gisèle Halimi est morte mardi 28 juillet, au lendemain de son 93e anniversaire. "Avocate irrespectueuse", selon le titre de ses Mémoires, elle se fait connaître en 1972 lors du procès emblématique de Bobigny, où elle assure la défense de Marie-Claire Chevalier, mineure jugée pour avoir avorté à la suite d'un viol. Elle obtient sa relaxe et parvient à mobiliser l'opinion, ouvrant la voie à la dépénalisation de l'avortement, début 1975, avec la loi Veil.

"L'injustice m'est physiquement intolérable"

Fondatrice en 1971 de l'association "Choisir la cause des femmes", elle est, la même année, l'une des signataires du célèbre manifeste des 343 femmes disant publiquement avoir avorté. En 1978, lors d'un autre procès emblématique, à Aix-en-Provence, elle représente un couple de femmes violées par trois hommes, contribuant à l'adoption d'une nouvelle loi reconnaissant le viol comme un crime.

"L'injustice m'est physiquement intolérable", disait-elle souvent. "Toute ma vie peut se résumer à ça. Tout a commencé par l'Arabe qu'on méprise, puis le juif, puis le colonisé, puis la femme", confiait-elle au Journal du dimanche en 1988.

Elue députée de l'Isère (apparentée PS) en 1981, elle poursuit son combat à l'Assemblée nationale, cette fois-ci pour le remboursement de l'interruption volontaire de grossesse (IVG), finalement voté en 1982. En 1998, elle fait partie de l'équipe qui crée l'organisation altermondialiste Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne).

Dans une interview accordée au Monde en septembre 2019, la nonagénaire s'étonnait encore que "les injustices faites aux femmes ne suscitent pas une révolte générale". "Cela fait soixante-dix ans que j'ai prêté serment et, si c'était à refaire, croyez-moi, je prendrais les mêmes engagements, je ferais exactement le même choix", ponctuait celle dont le cabinet était "encore ouvert" pour faire "pousser des idées".

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L\'avocate Gisèle Halimi, le 18 juin 2010 lors du 35e congrès du Parti communiste français, organisé à La Défense, dans les Hauts-de-Seine.
L'avocate Gisèle Halimi, le 18 juin 2010 lors du 35e congrès du Parti communiste français, organisé à La Défense, dans les Hauts-de-Seine. (FANNY / REA)