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"Music Too" : les témoignages sur les violences sexuelles font bouger les choses dans l'industrie musicale

Le monde de la musique connaît un grand mouvement de libération de la parole, ayant abouti à des plaintes et des mises en cause d'artistes ou de salariés de l'industrie.

Article rédigé par
Camille Laurent - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Le hashtag #MeToo inscrit sur la main d'une personne manifestant à Paris, le 29 octobre 2017. (BERTRAND GUAY / AFP)

Le chanteur américain Marilyn Manson est le dernier en date de la liste des musiciens soupçonnés de violences sexuelles. Avant lui, Placido Domingo ou encore Moha La Squale. A l'étranger comme en France et dans tous les styles musicaux, les langues se délient peu à peu. Ce "Music Too" a également abouti à la signature de protocoles au sein des institutions condamnant toute forme de harcèlement et au sein-même des maisons de disques, les choses semblent désormais changer.

Dans le label indépendant français Because Music, la mise en cause du rappeur Retro X accusé de viol par cinq femmes, a permis de briser l'omerta. Des salariées, toutes des femmes, ont pris la parole dans la foulée pour dénoncer un climat sexiste. "Ce sont les victimes d'artistes agresseurs qui ont permis de mettre en lumière ce qui se passe dans les coulisses de cette industrie en osant mettre en cause des individus célèbres, remarque Lola Levent, fondatrice de Diva, une plateforme pour dénoncer le sexisme dans la musique. En fait, le label lui-même maintienait un état d'esprit sexiste, voire pire. Tout ça, ce n'est pas du hasard. C'est significatif des rapports de force entre les hommes et les femmes dans cette industrie. C'est significatif de l'invisibilisation de la parole des femmes."

Une femme sur trois 

Chez Because, le directeur marketing a finalement été licencié, le règlement intérieur modifié et les nouveaux contrats peuvent maintenant être rompus si un artiste est impliqué dans une affaire de violences sexuelles. Des sanctions encore rares alors qu'une femme sur trois du secteur dit avoir été victime de harcèlement sexuel, d'après une enquête d'octobre 2019.

Le Centre national de la musique (CNM) vient de son côté d'adopter au 1er janvier un protocole contraignant. "Former les directions et les équipes d'encadrement sur le sujet des violences sexuelles et sexistes, faire de l'information sur la prévention des risques dans leur entreprise, mettre en place un dispositif interne de signalement et de traitement des signalements", liste Karine Huet, du Syndicat national des artistes musiciens. "Ce sont des engagements que les entreprises doivent prendre sinon l'accès aux aides du CNM va être suspendu", ajoute-t-elle.

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