Paracétamol : trois questions sur le logo d'alerte contre le surdosage qui va être apposé sur les boîtes

Doliprane, Efferalgan, Dafalgan... A trop forte dose, ces médicaments peuvent engendrer de graves problèmes de foie, potentiellement mortels.

Tous les médicaments contenant du paracétamol, soit quelque 200 spécialités, sont concernés par cette mesure.
Tous les médicaments contenant du paracétamol, soit quelque 200 spécialités, sont concernés par cette mesure. (HOUIN / BSIP / AFP)

"Surdosage = danger". Ces quelques lettres, écrites en rouge sur fond blanc, vont bientôt s'afficher sur les boîtes de paracétamol, révèle Le Parisien dans son édition du mardi 9 juillet. L'objectif est d'alerter sur les risques que comportent un dépassement de la posologie de ce médicament très consommé par les Français, potentiellement dangereux pour le foie.

Qu'est-ce que ce nouveau logo ?

"Il s'agit d'un message majeur. Nous le voulions direct et visible. C'est pourquoi, afin d'être vu par tout le monde, il sera apposé sur la face avant des boîtes", explique Dominique Martin, le directeur de l'Agence du médicament (ANSM), dans Le Parisien.

Toutes les boîtes de médicaments comportant du paracétamol sont concernées par l'apposition de ce message d'alerte, ce qui concerne quelque 200 spécialités parmi lesquelles les très célèbres Doliprane, Efferalgan, Dafalgan ou encore Fervex. Soit, au total, un milliard de boîtes. Les laboratoires pharmaceutiques disposent de neuf mois pour se mettre en conformité.

Concrètement, l'avant des boîtes comportera la mention "Surdosage = danger" en rouge, avec en dessous la phrase "Dépasser la dose peut détruire le foie", ou "Ne pas prendre un autre médicament contenant du paracétamol". Mais l'arrière des boîtes est également concerné : il affichera un encadré rappelant les bonnes pratiques à suivre pour prendre ce médicament.

Le paracétamol est-il dangereux pour la santé ?

Si l'on respecte les doses prescrites, il n'y a pas de risque particulier à prendre du paracétamol. Mais en cas de surdosage, il peut représenter un danger. Des nausées et des vomissements peuvent ainsi survenir. Plus grave : le foie peut être atteint, jusqu'à être détruit en seulement quelques jours. Dans certains cas, cela peut aboutir au décès.

Avec une consommation normale, il est un médicament sûr et efficace. Mais en surdosage, il est la première cause de greffe hépatique d'origine médicamenteuse.Le docteur Dominique Martindans "Le Parisien"

Plusieurs types de patients sont particulièrement exposées à ce risque : les personnes âgées de plus de 75 ans, les personnes pesant moins de 50 kg, les personnes en situation de dénutrition ou d'alcoolisme ou atteintes d'hépatite virale, celles présentant une insuffisance rénale ou hépatique, détaille la professeure Françoise Forette à Allodocteurs.

L'an dernier, après la mort de Naomi Musenga, cette jeune femme de 22 ans dont l'appel au Samu de Strasbourg n'avait pas été pris au sérieux, le parquet avait désigné un surdosage de paracétamol comme cause du décès. Une version toutefois contestée par la famille de la victime.

Quelles sont les précautions à prendre ?

Il faut évidemment respecter les doses prescrites par le médecin dans le cadre d'une ordonnance. En cas d'automédication, il ne faut pas dépasser les doses maximales inscrites dans la notice. Ces conseils seront notamment rappelés à l'arrière de la boîte dans l'encart imposé par l'ANSM.

Pour un adulte, la dose à ne pas dépasser pour la paracétamol est de 4g par jour (c'est-à-dire quatre comprimés de 1 g ou huit comprimés de 500 mg), mais il est conseillé de ne pas en ingurgiter plus de 3g sans avis médical. De plus, il est nécessaire d'espacer les prises de minimum 4 heures (avec des comprimés de 500 mg) ou de 6 heures (avec des comprimés de 1 g).

De plus, "il faut s'assurer que l'on ne prend pas du paracétamol sous différents noms de marque", expliquait en juillet 2018 à franceinfo le professeur de pharmacologie clinique Jean-Paul Giroud. "Je me bats depuis 30 ans pour faire comprendre qu'il faudrait que le nom paracétamol, le principe actif, soit écrit en beaucoup plus gros sur les boîtes de Doliprane et d'Efferalgan", poursuivait-il. Un vœu bientôt exaucé.