VIDEOS. Coronavirus : comment le gouvernement répond à la polémique sur le manque de masques

Depuis plusieurs jours, de nombreux professionnels de santé dénoncent le manque de masques de protection respiratoire pour les protéger face à l'épidémie de coronavirus. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a tenté de répondre à l'inquiétude, samedi, lors d'une conférence de presse.

Des soignants conduisent un patient vers un hélicoptère médicalisé, le 17 mars 2020, à l\'hôpital de Mulhouse (Haut-Rhin).
Des soignants conduisent un patient vers un hélicoptère médicalisé, le 17 mars 2020, à l'hôpital de Mulhouse (Haut-Rhin). (SEBASTIEN BOZON / AFP)

"Ces derniers jours, un enjeu est sur toutes les lèvres : celui des équipements en masques de protection." Le ministre de la Santé Olivier Véran a répondu, samedi 21 mars, à la polémique sur le manque de masques en France dans la lutte contre le coronavirus"Cette situation prive un certain nombre de nos concitoyens de masques dans des situations qui le nécessitent pourtant", a-t-il reconnu, lors d'un point presse.

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Promettant une "transparence absolue", Olivier Véran s'est ensuite évertué à défendre la stratégie du gouvernement.

En expliquant l'origine de cette pénurie

"Les pouvoirs publics ont pris la décision, il y a une dizaine d'années, d'équiper la France d'un milliard de masques chirurgicaux et de 600 millions de masques FFP2", a expliqué le ministre. "Ces stocks de masques se sont réduits année après année, de sorte que quand le Covid-19 est apparu, il ne restait qu'un stock d'Etat de 117 millions de masques chirurgicaux pour adultes et aucun stock stratégique d'Etat en masques FFP2".

En affirmant avoir réagi "dès le début"

"Nous avons, dès le début, considéré que la disponibilité en masques allait être une difficulté dans la gestion de cette crise", a assuré Olivier Véran. En conséquence, "il a été décidé de recourir, au mois de janvier, à l'importation de masques de tous les pays producteurs, avant même les premiers cas sur notre territoire national". Au total, l'Etat a "déjà signé plusieurs commandes pour plus de 250 millions de masques qui sont livrés progressivement"

"Depuis des semaines, nous travaillons jour et nuit à augmenter la production et les importations de masques, a martelé le ministre. Toute production possible a été commandée, toute production disponible a été réquisitionnée, toute distribution possible a été assurée." La mise en place d'une chaîne de distribution a été "complexe", "mais elle fonctionne maintenant". A ce jour, le stock d'Etat est de 86 millions de masques, dont 5 millions aux normes FFP2, soit de quoi tenir au moins trois semaines, selon le ministre.

En donnant la priorité aux professionnels de santé pour tenir "dans la durée"

Face à "l'urgence" de distribuer des masques, le ministre a défendu aussi son souci de "tout mettre en œuvre pour que ces masques si indispensables puissent être délivrés dans la durée".

J'ai fait un choix difficile, mais responsable : celui d'octroyer les masques de protection d'abord aux professionnels de santé pour nous permettre de tenir le plus longtemps possible.Olivier Véran

Depuis fin février, 70 millions de masques ont été livrés aux professionnels de santé, selon le ministre, qui assure que la stratégie du gouvernement "permet de garantir que toutes les personnes qui doivent être protégées par un masque puissent en bénéficier durant toute la durée de l'épidémie"

En annonçant de nouvelles "initiatives" de production

"La France est maintenant en mesure de fabriquer six millions de masques par semaine, pour moitié des masques FFP2, a détaillé l'ancien médecin. Dès le mois d'avril, ce seront huit millions de masques par semaine." Pour cela, des alternatives "jetables ou réutilisables" sont envisagées par l'exécutif et "40 prototypes sont en cours de test pour des masques chirurgicaux comme pour des masques FFP2".

Le ministre promet que, "dans les prochaines heures, d'autres initiatives seront prises pour augmenter massivement les importations de masques en provenance des pays producteurs, ainsi que pour orienter toute l'industrie disponible dans notre pays vers la production des matériels de protection à destination de celles et ceux qui doivent en bénéficier".

En ouvrant la porte à d'autres professions

"J'entends la demande de matériel de protection de la part de plusieurs professions pouvant être au contact direct avec la population, a fait savoir le ministre. Mardi, à la demande du président de la République, nous recevrons le conseil scientifique pour envisager toute extension des modes de répartition des masques au-delà des seuls soignants et personnes malades." 

S'adressant au grand public, qui pourrait être tenté de s'équiper en masques, il a affirmé que "l'immense majorité des transmissions n'est pas arrêtée par les masques". 

Une personne qui marche dans la rue pour aller faire ses courses n'a pas besoin de porter un masque.Olivier Véran

La transmission se fait d'abord par les mains et par les objets, a-t-il souligné. Il a appelé les personnes et les entreprises disposant de masques à les remettre aux professionnels de santé ou aux autorités de santé.

En tentant de rassurer les Ehpad

Confirmant avoir reçu une demande de 500 000 masques chirurgicaux de la part des Ehpad, qui redoutent la mort de 100 000 résidents si rien n'est fait, le ministre de la Santé a dit avoir "entendu" cet appel. "Ils disposeront dans la durée de ces 500 000 masques chirurgicaux par jour", a-t-il promis. Il a fait cette annonce pendant qu'il détaillait les quantités de masques que recevront les différents professionnels bénéficiaires des distributions des stocks de l'Etat.