Covid-19 : pourquoi la situation dans les Pyrénées-Orientales amène les autorités à resserrer la vis

La préfecture a rétabli le port du masque et la fermeture des bars et restaurants à 23 heures, après la résurgence de l'épidémie dans le département. 

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Une opération éphémère de vaccination à la gare de Perpignan (Pyrénées-Orientales), le 14 juillet 2021. (JEANNE MERCIER / HANS LUCAS / AFP)

Les restrictions sont de retour dans les Pyrénées-Orientales. Un mois après la fin du port du masque en extérieur sur tout le territoire, celui-ci est de nouveau obligatoire dans le département sous peine de recevoir une amende de 135 euros. Les bars, les restaurants, mais aussi les établissements de plage, les débits de boissons temporaires et les épiceries de nuit devront également fermer de 23 heures à 6 heures, selon la préfecture. En outre, la consommation de boissons alcoolisées sur l'espace public en dehors des restaurants et bars est également interdite. 

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Ces mesures seront en vigueur au moins jusqu'au lundi 2 août. Pourquoi les autorités ont-elles décidé ce retour des restrictions ? Explications. 

Parce que les cas s'envolent 

Tout d'abord, les chiffres de l'épidémie dans les Pyrénées-Orientales dépassent largement ceux du reste de la France. Selon les dernières données publiées par Santé publique France, le taux d'incidence national s'établit à 53,2 cas pour 100 000 habitants, alors que dans les Pyrénées-Orientales, ce taux s'élève à 257, soit près de cinq fois plus. Il n'était pourtant que de 40 pour 100 000 habitants la semaine précédente, souligne la préfecture. En une semaine, entre le 6 et le 13 juillet, le nombre de cas détecté dans le département a ainsi augmenté de près de 375%. 

La préfecture justifie donc la mise en œuvre de ces mesures par la "progression exponentielle [de l'épidémie] qui commence à se traduire par un nombre d’hospitalisations également croissant". Elle suit les déclarations d'Emmanuel Macron qui avait évoqué, lors de son allocution du 12 juillet, le recours à des "mesures de freinage" à chaque fois qu'un département dépasserait le seuil de 200 cas de Covid-19 pour 100 000 habitants.

Parce que les hospitalisations frémissent

Interrogé par franceinfo, le préfet des Pyrénées-Orientales, Etienne Stoskopf, a par ailleurs souligné l'arrivée nouvelle de patients dans les services hospitaliers, une tendance qui ne rassure pas les autorités. "Un des critères qu'on regarde attentivement, c'est l'hospitalisation. Elle ne baisse pas, et un certain nombre de patients retournent à l'hôpital, explique-t-il. Pas encore en très grand nombre, mais ce frémissement annonce quelque chose d’inquiétant. C'est pour cela qu'on réagit maintenant."

Dans la région, "la baisse du nombre de personnes hospitalisées s'est interrompue et les nouvelles hospitalisations augmentent légèrement. L'impact est modéré à ce stade, mais pas nul", affirme d'ailleurs Pierre Ricordeau, le directeur général de l'ARS Occitanie. Sur les sept derniers jours, 195 personnes ont été hospitalisées dans la région, soit le taux le plus élevé de France, juste derrière l'Ile-de-France.

L'Occitanie avait été la première région de l'Hexagone à dépasser le seuil d'alerte de 50 cas pour 100 000 habitants, le 12 juillet, avec une propagation d'une "rapidité sans précédent" dans les Pyrénées-Orientales, surtout chez les jeunes. Aujourd'hui, le taux d'incidence régional a quasiment doublé et frôle les 90 cas pour 100 000 habitants, selon Pierre Ricordeau, interrogé par l'AFP.

Parce que l'Espagne est toute proche 

"On n'a pas de preuve scientifique, mais on constate dans les faits que, sur les premiers cas de contact-tracing, un certain nombre de personnes, souvent des jeunes, déclarent revenir de fêtes ou d'événements dans des bars ou des restaurants du côté espagnol, insiste sur franceinfo le préfet des Pyrénées-Orientales. Donc oui, c'est très probablement lié à notre situation frontalière." 

Il faut dire que la Catalogne voisine est frappée de plein fouet par une nouvelle vague de contaminations et que l'Espagne fait face à une véritable explosion des cas liés au variant Delta, principalement chez les moins de 30 ans. Durant les deux dernières semaines, le taux d'incidence est monté à 1 508 cas pour 100 000 habitants chez les 20-29 ans.

Très touristique, le département des Pyrénées-Orientales pâtit également de l'arrivée de nombreux vacanciers : "La présence d'une population nombreuse en été ne fait qu’accélérer les choses", pointe encore Etienne Stoskopf. Certains avaient tenté d'anticiper une reprise de l'épidémie : le maire de la très touristique ville de Collioure avait pris les devants, le 10 juillet, en exigeant à nouveau le port du masque, d'après France 3 Occitanie. Mais cela n'a pas suffi. 

Pour lutter contre la propagation de l'épidémie, plusieurs opérations ont été mises en place par les autorités, notamment la mise à disposition de nombreux créneaux de vaccination sans rendez-vous, pour faciliter l'accès aux injections. Des interventions ponctuelles dans les campings de la station balnéaire d'Argelès-sur-Mer auront également lieu du 19 au 23 juillet, pour permettre aux touristes de se faire vacciner directement sur leur lieu de vacances, rapporte encore France 3 Occitanie.

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