Vaccin contre le Covid-19 : face à l'afflux de demandes, les créneaux pour la dose de rappel ne sont pas encore au rendez-vous

Avec l'ouverture de la dose de rappel à tous les adultes la semaine dernière, c'est de nouveau la course pour trouver un créneau. Il est, pour le moment, très difficile d'obtenir une place dans un centre ou chez un médecin libéral dans un délai inférieur à deux semaines.

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Une vérification du pass sanitaire sur l'application TousAntiCovid, en novembre 2021 à Paris. (CORINNE SIMON / HANS LUCAS via AFP)

Les Français se ruent de nouveau sur les plateformes de réservation. Deux jours après avoir annoncé l'ouverture de la dose de rappel à tous les adultes, le 25 novembre, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a salué le démarrage en fanfare de cette nouvelle campagne : "Trois millions de rendez-vous ont été pris depuis jeudi. Ne baissons pas la garde !" Les prises de rendez-vous ont atteint des pics à plus d'un million par jour, ce qui porte le total à 4,5 millions depuis l'intervention du ministre. Au plus fort des réservations, quelque 250 créneaux étaient calés chaque seconde sur Maiia, la plateforme de réservation médicale.

Au total, 19 millions de personnes sont désormais éligibles à cette dose de rappel. Dans ces conditions, il est parfois difficile d'obtenir un créneau. Mardi 1er décembre, le site Doctolib recensait 290 000 rendez-vous disponibles d'ici à deux semaines, ce qui est loin d'être suffisant pour absorber cet afflux soudain. En toute logique, les délais s'allongent. Une situation d'autant plus compliquée qu'une course contre la montre est engagée. A partir du 15 janvier, les adultes perdront en effet la validité de leur pass sanitaire s'ils n'ont pas effectué cette fameuse dose, qui doit être administrée cinq mois après le schéma vaccinal complet. L'offre devra être rapidement ajustée. 

"Des créneaux seront remis sur les plateformes pour permettre aux Français de faire leurs rappels et une cinquantaine de centres ont pu rouvrir hier [mardi]", a promis Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement. En fin de semaine passée, sur TF1, Olivier Véran avait déjà annoncé la réouverture de 300 centres en renfort des 1 100 sites toujours en fonctionnement, et promis que "des centaines de milliers de créneaux de court terme" seront ouverts chaque jour. Avec 25 millions de doses, la France a "largement assez de vaccins en stock pour pouvoir vacciner tous ceux qui doivent être vaccinés".a-t-il ajouté.

Toutes les préfectures sont en ordre de bataille. En Indre-et-Loire, par exemple, 56 000 créneaux supplémentaires seront débloqués en décembre. Les agences régionales de santé (ARS), de leur côté, annoncent une augmentation des capacités "de manière progressive" en élargissant "les lignes vaccinales", les nombres de jours d'ouverture et les amplitudes horaires. A Marseille (Bouches-du-Rhône), mercredi, un quatrième vaccinodrome a ouvert ses portes au parc Chanot. "Il y a eu une flambée de nouveaux rendez-vous, on est passé de 600 à 2 500 injections quotidiennes", souligne Thierry Zaveroni, le responsable de la coordination des centres de vaccination de la ville, interrogé par France 3 dans un autre centre.

"Un peu de patience"

Les médecins et pharmaciens, qui réalisent environ la moitié des injections, revoient également leurs commandes à la hausse. "Le cahier de rendez-vous est plein et on rajoute des gens dans la mesure de nos possibilités", explique Hervé Armant, pharmacien en région parisienne. Au-delà du pass sanitaire, la perspective des fêtes de fin d'année en famille explique également cette affluence dans les officines. "Il y aura une majoration [financière] des vaccinations pour les pharmaciens qui vaccinent le week-end", a déclaré mercredi Olivier Véran. Le ministre a invité les "15 000 pharmacies" disposant de doses à être davantage ouvertes en fin de semaine, pour accélérer la campagne vaccinale.

"[Lundi et mardi], nous avons eu un record de commandes de vaccins par les professionnels de santé libéraux, ce qui montre qu'il va y avoir une augmentation des injections dans les prochaines semaines."

Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement

lors d'une conférence de presse mercredi 1er décembre

Après une longue période de décrue vaccinale, ce démarrage poussif des doses de rappel a été dénoncé par l'opposition de droite. "La logistique n'est pas au rendez-vous dans cette crise", a accusé Philippe Juvin sur France 2, lors du débat des candidats à l'investiture LR pour la présidentielle. "Il faut accélérer la réouverture des centres, a poursuivi Xavier Bertrand. Les délais commencent à être très longs et il faut ouvrir [les centres] massivement." Alors qu'il est parfois difficile de trouver une place avant janvier, voire février, certains dispositifs reviennent en grâce, comme Covidliste. La plateforme Vite Ma Dose a d'ailleurs annoncé mercredo une simplification de son interface en offrant la possibilité de visionner des créneaux différenciés pour la première dose ou la dose de rappel.

Cette ruée, une nouvelle fois, semble favoriser les publics les plus à l'aise avec les outils numériques. Sur Doctolib, pendant le week-end, quelque 64% des rendez-vous ont été pris par des utilisateurs âgés de moins de 50 ans, a calculé Le Parisien. "Un peu de patience. On doit aussi préserver la vaccination des plus de 50 ans", souligne sur France Bleu Alsace Laure Pain, responsable de la cellule Covid-19 du Bas-Rhin à l'ARS : "On a déjà connu ça. Tout le monde va s'énerver et, finalement, tout le monde sera vacciné."

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