Suspension aux États-Unis du vaccin Janssen : "une décision importante" des autorités américaines, selon un expert à la HAS

Les autorités américaines ont recommandé la suspension du vaccin anti-Covid-19 Janssen, après des cas de caillots sanguins observés chez six personnes. C'est "une décision importante", indique Jean-Daniel Lelièvre, membre de la commission technique des vaccinations à la Haute autorité de santé en France.

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Radio France
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Une fiole du vaccin Janssen, du nom de la filiale européenne du groupe américain Johnson & Johnson, ici photographiée le 5 mars 2021 dans un centre de vaccination à Chicago, aux Etats-Unis. (KAMIL KRZACZYNSKI / AFP)

Le professeur Jean-Daniel Lelièvre, chef du service Immunologie clinique et maladies infectieuses à l’hôpital Henri Mondor à Créteil, expert à la commission technique des vaccinations de la Haute autorité de santé, salue mardi 13 avril sur franceinfo "une décision importante" des autorités américaines après la suspension du vaccin Janssen, du laboratoire Johnson&Johnson, dont l'utilisation est mise sur pause Outre-atlantique. Jean-Daniel Lelièvre indique que les autorités sanitaires françaises prendront leur décision en fonction des données qui seront transmises par les États-Unis.

franceinfo : Est-ce que la décision américaine va influer sur les décisions des autorités sanitaires en France et en Europe ?

Jean-Daniel Lelièvre : Oui, c'est un coup d'arrêt pour ce vaccin, pour essayer de comprendre effectivement ce qu'il se passe et avoir plus d'informations, sur les cas de thromboses. Pour l'instant, les données sont surtout disponibles aux États-Unis, donc on les attend, et évidemment on prendra les décisions en fonction des résultats de ces données qui pour l'instant sont peu importantes. On sait qu'il y a eu six cas de thromboses particulières, de thromboses cérébrales, sur 6,8 millions de personnes vaccinées.

Très peu de cas de thromboses, est-ce que cela veut dire qu'on surjoue la précaution, ou bien c'est une procédure classique ?

Procédure classique c'est difficile à dire, en revanche surjouer la protection, sûrement pas. Je pense qu'il y a aussi une décision importante des autorités américaines pour bien faire comprendre la particularité de ces thromboses. Là on est dans un cas très particulier de thrombose cérébrale, avec des baisses de plaquettes, et on sait que la prise en charge de ce genre d'infections, extrêmement rares, est complètement différente, et ne doit pas conduire à l'utilisation d'un médicament qui est l'héparine qui aggrave le tableau clinique, donc c'est aussi une décision des autorités américaines pour bien dire aux médecins : "attention, il faut le traiter différemment". Pour comprendre le mécanisme, cela va demander beaucoup plus de temps, mais là il y a un signal. Après il faut comprendre chez qui il survient, quelle est la fréquence de ce signal, pour savoir la conduite à tenir dans un deuxième temps. On ne pourra pas déterminer un profil sur des critères biologiques, mais on pourra le déterminer sur des critères d'âge par exemple.

Le Premier ministre annonce la suspension des liaisons aériennes entre le Brésil et la France pour freiner la progression du variant brésilien, c'était indispensable ?

C'est très difficile à dire. Il ne faut pas rajouter des problèmes aux problèmes, pour autant ce variant est déjà présent sur le territoire, on a déjà eu des cas. Il est présent notamment dans le nord-est de la France. Arrêter les vols vers l'étranger peut permettre de réduire un petit peu le phénomène, mais attention, l'émergence des variants va avoir lieu, quels que soient les pays, puisqu'elle est liée à la circulation naturelle du virus, ça ne va donc pas régler l'ensemble de la problématique.

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