Contrats AstraZeneca et Janssen probablement pas renouvelés : "C'est normal que lorsque l'éventail s'élargit, on soit un peu plus sélectifs", estime l'IRIS

L'Union européenne pourrait ne pas renouveler son contrat avec AstraZeneca, selon la ministre de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher. Une décision "normale", juge Anne Sénéquier, codirectrice de l’Observatoire de la Santé à l'IRIS.

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Le Danemark a déjà annoncé l'abandon du vaccin d'AstraZeneca, justifiant ce choix par des effets secondaires "rares", mais "graves".
 (ELIANO IMPERATO / CONTROLUCE VIA AFP)

"C'est normal qu'au moment où on n'a pas le choix, on prenne ce qui existe. Et c'est normal que lorsque l'éventail s'élargit, on soit un peu plus sélectifs", a tempéré Anne Sénéquier, codirectrice de l’Observatoire de la Santé à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), vendredi 16 avril sur franceinfo. Quelques heures plus tôt, la ministre de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher annonçait qu'il était probable que l'Union européenne (UE) ne renouvelle pas ses contrats d’approvisionnement de doses de vaccins avec AstraZeneca et Johnson & Johnson.

Certes, "aujourd'hui, est-ce que l'on peut s'en passer ? Bien sûr que non. Il nous en manque", admet-elle, mais "'il faut considérer la temporalité de cette affirmation". "Normalement, on devrait avoir la totalité de la population européenne vaccinée pour la fin de l'année", rappelle Anne Sénéquier. Et d'ici là, le portefeuille vaccinal se sera étoffé : "Sur le second semestre 2021, il devrait arriver d'autres vaccins d'autre type vaccinal, les protéines recombinantes comme le Novavax, le Sanofi, ou encore le CureVac, qui est lui un ARN messager, que l'on commence à bien connaître."

Empêcher une défiance générale sur le vaccin

"Donc, finalement, c'est normal qu'au moment où on n'a pas le choix, on prenne ce qui existe. Et c'est normal que quand l'éventail s'élargit, on soit un peu plus sélectif, estime la chercheuse de l'IRIS. D'autant plus qu'il faut aussi considérer le principe de réalité. Le principe de réalité, c'est que la population n'a plus confiance dans certains vaccins. On a besoin que la population ait confiance pour qu'elle accepte la vaccination et qu'on puisse arriver à éteindre la pandémie."

Selon elle, la défiance envers la vaccination contre le Covid-19 peut également provoquer une défiance envers la vaccination en général, "sur toutes les autres pathologies". Or "on a besoin de maintenir les taux de vaccination, que ce soit pour la rougeole, la polio, la rubéole et toutes les autres pathologies qui restent un problème de santé publique au niveau international."

Par ailleurs, sur la campagne de vaccination, Anne Sénéquier estime que le "pari" est "plus que rempli" dans sa globalité, même si "on aura toujours l'impression que ça ne va pas assez vite".

"On a une pandémie qui s'est déclarée en janvier de l'année dernière et qu'un an et demi plus tard, on a trouvé pas un, mais plusieurs vaccins et qu'on a déjà commencé à vacciner dans la plupart des pays, avec plus ou moins de réussite, rappelle la codirectrice de l’Observatoire de la Santé à l’IRIS. Et ça, c'est quelque chose d'unique qui n'a jamais été fait encore. En ce sens-là, c'est une réussite."

Il faut savoir garder du recul et ne pas trop céder à l'impatience, conseille la chercheuse. "C'est vrai que quand on se compare à certaines nations comme l'Amérique ou Israël ou même la Turquie, on peut se demander finalement pourquoi ça ne va pas aussi vite. Mais il faut quand même reprendre l'image globale pour comprendre que, finalement, oui, ça va assez vite. Que malgré tout, on ne s'en sort pas si mal que ça."

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