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Réouverture des écoles, port du masque et application Stop Covid : le "8h30 franceinfo" du professeur Franck Chauvin

Le professeur Franck Chauvin, membre du Conseil scientifique, était l'invité du "8h30 franceinfo" lundi 27 avril.

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Professeur Franck Chauvin (2014)
Professeur Franck Chauvin (2014) (YVES SALVAT / MAXPPP)

Le professeur Franck Chauvin, membre du Conseil scientifique, était l'invité de franceinfo lundi 27 avril. De nombreuses questions ont été abordées, en cette période de confinement dû à l'épidémie de coronavirus Covid-19.

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Le professeur Chauvin est revenu sur le port du masque chez les enfants et sa dangerosité. Interrogé sur la reprise de l'école progressive à partir du 11 mai, le professeur a assuré ne pas avoir d'avis à donner sur la décision du président de la République. Franck Chauvin a par ailleurs souligné que le Conseil scientifique avait recommandé l'application StopCovid pour gérer l'épidémie. Enfin, il a assuré que les deux mois à venir étaient "cruciaux" et qu'il faudra apprendre à vivre avec ce virus tout en s'habituant à effectuer les gestes barrières, alliés au port du masque.

Le port du masque "peut être dangereux" chez les jeunes enfants

Le Conseil scientifique préconise le port du masque obligatoire dans les collèges et les lycées à partir du 11 mai, date du déconfinement. Cette recommandation ne concerne pas les écoles primaires. "Chez les jeunes enfants, le masque peut être dangereux", a estimé Franck Chauvin. "Les tout-petits, c'est impossible de leur faire porter un masque. Il faut qu'on trouve plutôt des moyens de vivre avec des enfants qui n'auraient pas de masque plutôt que d'obliger une mesure qui n'est pas raisonnable."

Au départ, les enfants semblaient être plus contagieux que les adultes. Finalement, on serait peut-être sur "un schéma inverse. Des études faites à l'étranger montrent que les enfants seraient peut-être moins contagieux que les adultes, alors qu'on était plutôt sur un schéma inverse lorsque la décision de fermer les écoles a été prise. Donc, la dangerosité de l'ouverture des écoles serait moindre qu'envisagée au départ", a expliqué Franck Chauvin qui ajoute que "cela mériterait d'être confirmé par d'autres études."

Reprise de l'école le 11 mai : "Le président prend une décision et il n'y a pas de commentaire à avoir là-dessus de notre part"

Le gouvernement a décidé de faire reprendre l'école aux élèves le 11 mai, alors que le Conseil scientifique s'était prononcé pour une reprise en septembre. "Le président prend une décision et il n'y a pas de commentaire à avoir là-dessus de notre part", a estimé Franck Chauvin. Emmanuel Macron a toujours suivi l'avis des scientifiques mais pas sur l'école. Pour Franck Chauvin, cela est tout à fait compréhensible. L'épidémie de coronavirus "rentre dans une phase plus chronique, nous devons nous habituer à vivre avec ce virus et il y a des décisions qui doivent prendre en compte d'autres paramètres que les paramètres sanitaires. C'est tout à fait légitime que les politiques le fassent."

Le choix du 11 mai pour le déconfinement est un choix à risques mais "toutes les décisions comportent des risques", a relativisé Franck Chauvin. "Sur le plan sanitaire, si vous demandez à des gens qui gèrent une épidémie, ils aimeraient que tout le monde reste au domicile jusqu'à ce qu'il n'y ait plus un cas. Évidemment, ce n'est pas possible. Donc les décisions doivent prendre en compte d'autres paramètres."

Application StopCovid : "Nous l'avons recommandé"

Pour accompagner le déconfinement du 11 mai, le gouvernement cherche à mettre en place une application sur les smartphones qui permettrait de savoir si on a croisé un malade du coronavirus. Pas d'obligation, cela se ferait sur la base du volontariat. "Nous l'avons recommandé, c'est un plus dans la gestion de l'épidémie", affirme Franck Chauvin. "Ce n'est pas l'alpha et l'oméga de la gestion de l'épidémie mais ce serait un plus parce que ça aiderait les personnes qui ont été en contact avec quelqu'un de contaminant à savoir qu'ils ont pu être contaminés. Donc à aller se faire dépister", a-t-il expliqué.

Cette application est décriée par de nombreuses personnes qui craignent la perte des libertés individuelles. "On peut le comprendre. Je trouve que c'est une aide pour les individus. Personnellement, j'aimerais bien savoir si j'ai été à côté de personnes contaminantes pour pouvoir surveiller si je suis contaminé et éventuellement rester chez moi", a expliqué Franck Chauvin. "Il faut que les recommandations de la Cnil soit suivies, du Conseil national numérique aussi."

"Notre santé collective dépend du comportement de chacun d'entre nous"

"Les deux mois qui viennent sont tout à fait cruciaux", a déclaré le professeur. "Les deux mois qui viennent, c'est la levée du confinement qui est une des périodes extrêmement difficiles (…) par exemple on le voit en Allemagne", a-t-il affirmé. "Il faut surveiller de façon extrêmement rapprochée le développement de l'épidémie et surtout faire en sorte que le nombre de nouveaux cas par jour continue à diminuer plutôt qu'augmenter", a expliqué le professeur.

En revanche, il estime que si le nombre de cas repartait à la hausse, il n'y aurait "probablement pas" un nouveau "confinement général". Cela "n'aurait pas de sens (…) parce que on est revenu au stade antérieur de l'épidémie". "C'est à nouveau la gestion de foyers de contamination qu'il va falloir gérer. Mais ces foyers, il faut absolument les gérer de façon extrêmement rapprochée et confiner les personnes qui font partie de ce foyer", estime Franck Chauvin.

Le membre du Conseil scientifique appelle à "une responsabilité individuelle de chacun d'entre nous". "Notre santé collective, dépend du comportement de chacun d'entre nous. Si on a une suspicion d'être affecté, il faut absolument qu'on se confine chez soi", prévient-il. "Il va falloir continuer à surveiller cette épidémie et faire en sorte que chacun d'entre nous soit acteur de la disparition de cette épidémie", conclut Franck Chauvin.

Professeur Franck Chauvin (2014)
Professeur Franck Chauvin (2014) (YVES SALVAT / MAXPPP)