"Que faisons nous ? Je n'ai pas la réponse" : dans cette commune du Puy-de-Dôme, le flou demeure avant le retour à l'école

A Cébazat (Puy-de-Dôme), élus et corps enseignant se disent toujours dans l'incertitude pour la préparation du retour à l'école des enfants, après la présentation du plan de déconfinement par le Premier ministre.

Article rédigé par
Farida Nouar - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Flavien Neuvy, maire de Cébazat (Puy-de-Dôme), le 28 avirl 2020. (MARC GARVENNES / RADIO FRANCE)

Une longue intervention, et finalement, beaucoup de questions qui restent sans réponse... "Sur l'école, c'est léger... On ne sait rien, en fait", affirme Flavien Neuvy, maire UDI de Cébazat (Puy-de-Dôme), qui vient d'écouter Edouard Philippe conclure la présentation de son plan de déconfinement devant l'Assemblée nationale, mardi 28 janvier

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Le maire de Cébazat, commune de 8 700 habitats, redoute notamment le scénario dans lequel le nombre d'élèves à accueillir par classe serait supérieur à quinze, limite fixée par le gouvernement. "Vous imaginez les parents d'élèves ? s'interroge Flavien Neuvy. Vous êtes parent, on vous dit : voilà, il y a déjà quinze élèves, on ne peut pas prendre votre enfant... Ce n'est pas mon problème ! L'école publique est obligatoire, vous devez prendre mon enfant ! Il est inscrit à l'école, elle reprend, je suis volontaire pour mettre mes enfants à l'école... et vous me dites qu'il n'y a pas la place ? Qu'est-ce qu'on fait ?"

"J'aurais aimé un cadrage plus serré"

Le retour à l'école, c'est la plus grosse inquiétude du maire de Cébazat, à l'approche du 11 mai. "Moi, je ne sais pas accueillir les enfants en dehors de l'école, je n'ai ni le personnel, ni les locaux, plaide Flavien Neuvy. Que faisons nous ? Je n'ai pas la réponse. En tout cas, j'aurais aimé que le Premier ministre précise un peu plus les choses, avoir un cadrage un peu plus serré." 

La commune fera au mieux. Mais garantir toutes les conditions sanitaires dans les écoles aura aussi ses limites, reconnaît Patrick Rosley, adjoint en charge des affaires scolaires. "En terme de ressources, humaines et matérielles, c'est très compliqué d'imaginer de désinfecter les stylos, tout ce qui va être touché, explique-t-il. Un certain nombre de choses vont être mises en place, comme le lavage des mains périodique. Ce sera piloté par le corps enseignant."

Si cette reprise, c'est mettre les enfants dans un lieu où ils ne pourront rien faire et ne pas bouger, ça va être très compliqué

Elisabeth Burgod-Folguer, directrice d'école

à franceinfo

Elisabeth Burgod-Folguera, directrice de l'école Jules-Ferry, l'une des quatre de la commune, reste elle aussi dans le flou. "Cette intervention ne m'a pas permis d'y voir plus clair" regrette-t-elle. Elle n'a plus que quelques jours pour se préparer. "Comme au mois d'août, lorsque je réfléchis à l'ouverture de mon école, là je dois repenser toute la mise en place du fonctionnement de l'établissement. C'est toute une organisation, spatiale, temporelle, pour ne pas se croiser", explique la directrice.

Pour anticiper au mieux cette rentrée si particulière, un questionnaire devrait être envoyé dans la semaine aux parents des 635 écoliers de Cébazat.

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