Pass vaccinal : "Il y a un problème avec l'Etat de droit", dénonce l'ancienne ministre Corinne Lepage

Sur franceinfo, la co-présidente de Cap écologie accuse ainsi le gouvernement de rendre obligatoire "de manière déguisée" la vaccination.

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Radio France
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La co-présidente de Cap écologie Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement de Jacques Chirac, en mars 2021. (JOEL SAGET / AFP)

Alors que le projet de loi instaurant le pass vaccinal a été validé vendredi par le Conseil constitutionnel, la co-présidente de Cap écologie Corinne Lepage persiste à y voir "un problème avec l'Etat de droit". Pour l'ancienne ministre de l'Environnement de Jacques Chirac, "vaccinée trois fois", ce pass rend obligatoire "de manière déguisée" la vaccination et "peut durer le temps que le gouvernement voudra bien que ça dure".

franceinfo : Il n'y a pas de durée d'application du pass vaccinal. C'est ce qui vous gêne ?

Corinne Lepage : Je suis juriste et j'aime bien qu'il y ait des choses précises dans les textes. Là, il n'y a aucune forme de règle. Ça peut durer le temps que le gouvernement voudra bien que ça dure. C'est même le conseil de défense sanitaire, couvert par le secret le plus absolu, qui va décider du moment où on va supprimer ce pass vaccinal, qui est quand même un moyen de contrôle de nos concitoyens. Je pense qu'il y a problème avec l'État de droit, je le dis très clairement. Le Conseil constitutionnel en est conscient puisqu'il dit il faudra que ça s'arrête le plus tôt possible, mais en droit ça ne veut rien dire.

Ce pass pose également un problème puisque, selon vous, il rend de fait la vaccination obligatoire ?

Le Conseil constitutionnel dit que ce n'est pas obligatoire pour ne pas avoir à répondre à la question, Olivier Véran dit que c'est quasi obligatoire, nos concitoyens savent très bien que c'est quasi obligatoire, donc, ça aussi, ça me pose un problème avec l'Etat de droit. Je le répète, ces vaccins ne sont pas autorisés de manière définitive. Ils ne le seront qu'en 2023. On est dans des vaccins qui sont en phase intermédiaire, en fin de phase expérimentale. Pour ces vaccins-là, toute la législation internationale prévoit qu'il faut un consentement libre et éclairé du patient, donc pas obligatoire.

Ça ne vaut pas le coup même pour remplir un objectif de santé publique ?

Je suis dans une réflexion purement du respect de l'État de droit parce que je pense que c'est quelque chose d'essentiel. Convaincre les gens d'aller se faire vacciner, oui, bien sûr. Encore une fois, je vous le dis, je suis vaccinée trois fois. Mon problème est un respect de l'Etat de droit. Quand on n'a pas le droit de rendre obligatoire quelque chose, on ne le rend pas obligatoire de manière déguisée.

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