Vaccins contre le Covid-19 : voici les réponses aux 45 questions les plus fréquentes que vous vous posez

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Franceinfo répond à vos questions sur les vaccins contre le Covid-19, dans le cadre du dispositif #OnVousRépond. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / POOL / AFP)

Franceinfo répond à vos questions sur les vaccins, dans le cadre de son opération #OnVousRépond.

NB : la dernière mise à jour de ce contenu date du 11 février 2021. Certaines informations ont pu évoluer depuis.


Après des débuts timides et critiqués, la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France, lancée le 27 décembre, semble désormais bien engagée. Après les vaccins de Pfizer-BioNTech et de Moderna, un troisième, développé par AstraZeneca, a obtenu un feu vert fin janvier.

Ce déploiement suscite de nombreuses questions légitimes auxquelles franceinfo s'efforce de répondre ici, dans le cadre de son opération #OnVousRépond. Les plus curieux pourront également consulter le document (en PDF) réalisé par la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf).

Efficacité des vaccins

Le vaccin de Moderna a-t-il la même efficacité que celui de Pfizer ?

Ces deux produits ont la même efficacité. Les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna ont fait l'objet d'essais cliniques de phase 3, en double aveugle et avec groupe placebo, menés respectivement sur 43 000 et 30 400 personnes. Le premier a atteint une efficacité de 95% sur les formes graves après l'administration des deux doses. Le deuxième, lui, a atteint une efficacité de 94,1% après les deux doses. L'efficacité a atteint 90,9% chez les participants à risque de Covid-19 sévère. (mis à jour le 16 janvier)

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Y a-t-il des vaccins meilleurs que d'autres ?

Tout dépend du critère adopté (population ciblée, logistique...). En ce qui concerne l'efficacité, ils obtiennent tous des résultats satisfaisants, voire excellents dans le cas des vaccins à ARNm. A ce jour, sur le plan clinique, il n'y a pas de raisons de privilégier le vaccin de Pfizer plutôt que celui de Moderna dans la stratégie vaccinale, estime d'ailleurs la Haute Autorité de santé. Elle souligne simplement que "les conditions de stockage sont moins contraignantes dans le cas du vaccin de Moderna".

Il existe aujourd'hui quatre grandes familles de vaccins, basés sur différentes technologies : à ARN messager (Pfizer, Moderna...), à protéine recombinante, atténués ou inactivés (vaccins chinois des laboratoires Sinovac et Sinopharm...) et à vecteur viral, comme AstraZeneca. L'efficacité de ce dernier vaccin est évaluée autour de 60% par l'Agence européenne des médicaments (en anglais). Par ailleurs, en France, ce vaccin est réservé aux moins de 65 ans, faute de données suffisantes sur les populations plus âgées. Un autre vaccin à vecteur viral, le fameux Spoutnik V russe, semble obtenir une efficacité de 91,6% contre les formes symptomatiques, selon des résultats validés par des experts indépendants publiés dans la revue The Lancet.

Le laboratoire Novavax revendique une efficacité de 89,3% (lien en anglais) pour son vaccin à protéine recombinante. A titre de comparaison, l'efficacité du vaccin (atténué) contre les grippes saisonnières oscille entre 60 et 70% selon les années. L'OMS considère que l'efficacité d'un vaccin doit atteindre au minimum 50% pour permettre sa mise sur le marché. (mis à jour le 9 février)

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Les vaccins sont-ils efficaces sur les nouveaux variants ?

C'est la grande question du moment, et il va falloir attendre des études plus poussées pour y répondre. A ce stade, le vaccin de Pfizer et BioNTech dit avoir obtenu des résultats rassurants (en anglais) avec des virus porteurs des mutations N501Y (commune aux variants anglais et sud-africain) et E484K (commune aux variants brésilien et sud-africain, récemment identifiée sur certains génomes de variant anglais). Ces résultats, toutefois, ont été obtenus à partir d'une étude in vitro sur un échantillon faible (avec les sérums de 20 participants).

Moderna a annoncé (en anglais), lundi 25 janvier, que son vaccin induisait bien la production d'anticorps contre le variant anglais (B.1.1.7), là encore à partir d'une étude menée in vitro sur un très faible échantillon (sérums de 8 participants). Le niveau d'anticorps était le même que celui obtenu pour les précédents variants. En revanche, une "réduction par six" des niveaux d'anticorps était observée contre le variant sud-africain (B.1.351). Mais ils restaient toutefois supérieurs à ce qui est nécessaire pour assurer une protection.

En revanche, l'Afrique du Sud a suspendu l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca, après une étude menée sur 2 000 participants qui montre une efficacité de 22% contre les formes modérées (les formes graves, en revanche, n'ont pas été étudiées). (mis à jour le 9 février)

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Quelle est la durée de protection du vaccin ?

La durée de la protection n'a pas été établie à ce jour, rappelle la Haute Autorité de santé. Le vaccin de Moderna a produit des anticorps au moins pendant 90 jours après la vaccination, selon une étude parue début décembre et menée sur 34 participants. Une légère baisse du niveau d'anticorps a été observée, tout en restant à un niveau plus élevé que dans le cas d'une immunité acquise après une infection. Ces trois mois sont un minimum et la durée d'immunité est sans doute plus longue.

Une autre étude, parue dans la revue Science, s'est penchée sur la persistance des anticorps après une infection naturelle. Les auteurs ont observé la présence d'anticorps sur une durée allant de six à huit mois dans près de 90% des cas, mais sur un petit échantillon d'une quarantaine de personnes. Rien n'indique encore que les mêmes résultats soient obtenus avec le vaccin. Encourageant, mais pas plus. Il reste également à évaluer la "mémoire immunitaire", qui pourrait également prolonger cette protection contre la maladie dans le temps. (mis à jour le 16 janvier)

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Une fois vacciné, peut-on quand même être porteur et transmettre la maladie ?

La question de la transmission du virus par les personnes vaccinées n'est pas encore tranchée, car ce n'était pas l'objectif des essais cliniques de phase 3. Ceux-ci cherchaient en effet à démontrer la protection induite par le vaccin pour les formes symptomatiques de la maladie. Quelques données sont tout de même encourageantes. Chez Moderna, par exemple, le nombre de patients asymptomatiques était moins élevé (0,1%) dans le groupe vacciné que dans le groupe témoin (0,3%), après deux injections – ces données portent toutefois sur un petit échantillon. Chez AstraZeneca, une demi-dose lors de la première injection protégeait à 58% contre les infections asymptomatiques (pas d'effet avec une dose complète).

Par ailleurs, il est également fortement probable, même en cas d'infection, que la charge virale reste assez faible pour diminuer le risque de transmission. Mais des études complémentaires doivent être menées pour répondre à cette question. "Le vaccin protège des formes graves pulmonaires mais ça ne veut pas dire qu'il protège de la forme nasale ou de la forme oropharyngée", a estimé le ministre de la Santé, Olivier Véran, sur BFMTV. (mis à jour le 16 janvier)

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Pourquoi est-il possible de retarder la seconde injection du vaccin Pfizer ?

La première dose offre déjà une certaine efficacité, mais la seconde est indispensable pour obtenir une réponse neutralisante. Cette décision de retarder la seconde injection vise à libérer davantage de doses pour vacciner un public plus large. Une telle décision est difficile à prendre, et le groupe Pfizer a lui-même rappelé qu'il ne disposait pas de données d'efficacité concernant une seconde dose injectée 21 jours après la première. La France a fait le choix d'espacer les deux doses des vaccins de Pfizer et de Moderna à 28 jours (21 jours en Ehpad).

Cette modification du protocole peut toutefois être envisagée si le rapport risque/bénéfice est favorable. "On aura peut-être une petite perte d'efficacité, mais elle sera très largement compensée par le nombre de personnes qu'on va pouvoir vacciner", résumait sur franceinfo l'infectiologue Odile Launay, membre du Comité scientifique vaccin Covid-19.

>> A LIRE AUSSI. Le vaccin est-il aussi efficace quand on allonge le délai entre les deux doses ?

Un trop long délai entre les doses peut "favoriser la sélection de mutants capables d'échapper à cette réponse" partielle de la première dose, nuance le biologiste Claude-Alexandre Gustave, interrogé par franceinfo. Soumis à la pression de la première dose, le virus pourrait alors s'adapter afin de déjouer cette immunité partielle et non neutralisante. "Le fait d'allonger le délai entre les deux doses est possible, à condition d'assurer la seconde dose et d'éviter l'exposition au virus entre les deux." (mis à jour le 9 février)

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Peut-on se faire administrer la seconde dose avec un vaccin différent de celui utilisé pour la première injection ?

Cette solution n'est pas d'actualité en France. A ce jour, seul le Royaume-Uni a entrouvert la porte (PDF en anglais) au "mix vaccinal", mais un tel recours devra rester exceptionnel. Il sera envisagé uniquement en cas de pénurie ou si le vaccin utilisé lors de la première administration est inconnu du patient et du médecin. Les autorités britanniques justifient leur choix en soulignant les similitudes entre le vaccin à ARN messager de Pfizer et celui à vecteur viral d'AstraZeneca, tous les deux visant à déclencher la production de l'antigène (la protéine S) dans les cellules de la personne vaccinée. Mais à vrai dire, aucune étude n'a encore été menée sur cette approche hybride dans le cadre de l'épidémie de Covid-19.

A l'avenir, ce cas de figure pourrait être envisagé dans le cas d'un éventuel rappel vaccinal – une troisième dose –, mais il s'agit d'une simple hypothèse à l'heure actuelle. (mis à jour le 9 février)

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Développement des vaccins

Comment expliquer la rapidité d'élaboration du vaccin ?

Les chercheurs ne sont pas partis de zéro dans cette aventure. Ils avaient déjà ciblé un antigène pour les coronavirus, la protéine S, en raison des épidémies passées de Sars-CoV (2003) et de Mers-CoV (2012). Les fabricants de vaccins à ARNm disposaient également de données grâce aux essais menés contre plusieurs maladies. Juste après la publication de la séquence de l'antigène, en janvier 2020, le principe actif du vaccin était déjà prêt car on sait produire des brins d'ARN en laboratoire. Rapide à mettre en œuvre, cette technologie a logiquement pris l'ascendant sur les autres.

Les fabricants ont parfois superposé plusieurs phases des essais cliniques (1, 2 et 3), afin de gagner du temps, et les différentes autorités nationales et supranationales ont commencé à étudier les données des essais sans attendre un dossier complet, dans le cadre de procédures de "révision en continu" (ou rolling review). Cette mobilisation a permis de délivrer assez rapidement des autorisations de mise sur le marché "conditionnelles", qui nécessitent encore davantage de données pour être entérinées. Enfin, d'importants investissements publics et privés ont été réalisés pour répondre à l'urgence de la situation. Les laboratoires ont pu rapidement disposer de crédits importants, ce qui a dopé leurs travaux. (mis à jour le 16 janvier)

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Les recherches sur les vaccins à ARN messager existent-elles vraiment depuis plus de vingt ans ?

En 1989, une société californienne est parvenue à insérer de l'ARN messager dans des nanoparticules de lipide avant de l'introduire dans des cellules, raconte le blog du Monde Réalités médicales. Et l'année suivante, des chercheurs du Wisconsin ont montré qu'un tel protocole permettait bien de guider la synthèse d'une protéine par les cellules. Il aura donc fallu plus de trente ans de travaux pour obtenir ce résultat. Cet "outsider" a surpris de nombreux observateurs, car la technologie avait déjà subi quelques revers dans des projets contre le Zika, la grippe, la rage et le cytomégalovirus, lors d'essais sur plusieurs centaines de participants. Est-ce pour cette raison que la Commission européenne a tardé avant de passer commande auprès de Pfizer et de Moderna ? Peut-être en partie. (mis à jour le 16 janvier)

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Qu'en est-il des vaccins développés par les laboratoires français et pourquoi tardent-ils ?

Le groupe français Sanofi développe un candidat vaccin à protéine recombinante en partenariat avec le Britannique GSK (pour la partie adjuvant). Les résultats des essais de phase 1/2, dévoilés mi-décembre, étaient positifs pour les adultes entre 18 et 49 ans mais décevants dans les catégories d'âge suivantes (réponse immunitaire induite insuffisante). Thomas Triomphe, vice-président de la branche "vaccins" du groupe, a expliqué que les réactifs utilisés par les chercheurs pour mesurer les volumes d'antigène "n'étaient pas d'une qualité ou d'une pureté suffisantes", dans un entretien au Wall Street Journal (en anglais) cité par Le Monde.

Un technicien du laboratoire Sanofi de Val-de-Reuil (Eure), en juillet 2020. (JOEL SAGET / AFP)

Cette erreur a grandement perturbé les travaux. "Je trouve grave qu'un acteur majeur comme Sanofi ne soit pas plus vigilant vis-à-vis de ses fournisseurs", a réagi auprès du quotidien français le coordinateur adjoint de la CGT-Sanofi, Fabien Mallet. Un nouvel essai doit débuter en février "avec une formulation d'antigène améliorée", explique le groupe. Mais une phase 3 ne pourra pas débuter avant le deuxième trimestre 2021, ce qui relègue une éventuelle commercialisation à la toute fin de l'année, au mieux. Par ailleurs, Sanofi travaille sur un projet de vaccin à ARN, en partenariat avec la start-up américaine Translate Bio. Les essais de phase 1/2 doivent débuter au premier trimestre.

Enfin, l'Institut Pasteur a annoncé lundi 25 janvier qu'il arrêtait le développement de son principal projet de vaccin, car les premiers essais ont montré qu'il était moins efficace qu'espéré. Cette annonce intervient après des résultats intermédiaires d'essais cliniques de phase 1, qui avaient débuté en août dernier. (mis à jour le 26 janvier)

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Quel est l'intérêt pour Sanofi de sortir un vaccin alors que plus de la majorité des citoyens sera vaccinée ?

Le laboratoire a pris du retard dans la course mondiale au vaccin. Mais le PDG de Sanofi France, Olivier Bogillot, défend tout de même l'intérêt de son vaccin candidat, dans un entretien à La Tribune, car, explique-t-il, "nous avons besoin de plusieurs vaccins et de milliards de doses pour lutter contre la pandémie actuelle". A l'heure actuelle, "nous ne sommes pas encore assez armés pour ne pas donner leur chance à tous les vaccins", ajoute Jean-Daniel Lelièvre, chef de service des maladies infectieuses à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne), interrogé à ce propos par Le Monde. "Le sujet [de la vaccination] sera-t-il clos en 2021, ou faudra-t-il se faire vacciner régulièrement comme pour la grippe ?", poursuit la ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, dans le même quotidien. "On aura besoin d'un vaccin qui limite la circulation du virus chez les moins de 50 ans pour l'Europe, mais aussi pour les pays en développement." (mis à jour le 16 janvier)

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Comment sont validés et autorisés les vaccins contre le Covid-19 ?

La procédure d'autorisation de mise sur le marché (AMM) est européenne. C'est le Comité des médicaments à usage humain (CHMP), sous tutelle de l'Agence européenne des médicaments (EMA), qui a pour mission d'étudier ces demandes à partir des données transmises par les différents fabricants. Des experts de chaque Etat membre peuvent ainsi éplucher "plusieurs dizaines de milliers de pages", expliquait un expert interrogé par franceinfo.

Les documents transmis par les fabricants sont confidentiels, mais ces données portent traditionnellement sur la qualité pharmaceutique, les études chez l'animal, la pharmacodynamie (ce que le médicament fait à l'organisme), la pharmacocinétique (ce que l'organisme fait à un médicament), l'efficacité et la sécurité clinique. L’examen se poursuit aussi longtemps qu'il est nécessaire avant d'obtenir (ou non) les preuves nécessaires à l'autorisation du produit sur le marché.

>> A LIRE AUSSI. Covid-19 : comment les instances européennes travaillent en temps réel pour accélérer la délivrance des autorisations

Afin de gagner du temps, les demandes relatives au Covid-19 sont examinées dans le cadre de procédures au fil de l'eau, nommées "révisions en continu" (rolling review). Cela veut dire que les données sont envoyées au fur et à mesure de l’avancée des travaux, et qu'elles sont analysées en temps réel. Le CHMP se réunit lors d'une réunion extraordinaire, puis transmet son éventuel avis favorable à l'EMA. Celle-ci formule une recommandation positive à la Commission européenne, qui consulte alors tous les Etats membres avant de délivrer rapidement une autorisation. (mis à jour le 10 février)

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Le vaccin russe Spoutnik V va-t-il arriver en France ?

Les résultats de ce vaccin candidat sont excellents, puisque l'efficacité atteint 91,6% contre les formes symptomatiques, selon les résultats publiés dans la revue The Lancet, après validation par des experts indépendants. Pour l'heure, l'Agence européenne des médicaments n'a pas encore débuté l'examen de ces données, dans le cadre d'une procédure de révision en continu. Par ailleurs, le fabricant n'a pas encore formalisé de proposition commerciale à la Commission européenne.

>> A LIRE AUSSI. Covid-19 : pourquoi le vaccin russe Spoutnik V pourrait bientôt être autorisé en Europe

Fin novembre, une délégation française s'était rendue à Moscou, emmenée par Marie-Paule Kieny, présidente du Comité vaccin Covid-19. La France a fait savoir récemment qu'elle ne s'opposerait pas à la distribution de ce vaccin en cas de feu vert européen. "Ce n'est pas une décision politique. C'est une décision scientifique, et heureusement", a notamment souligné Emmanuel Macron, le 2 février sur TF1. "Les vaccins n'ont pas de nationalité. L'important, c'est d'avoir un médicament qui marche", a également déclaré Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, sur Europe 1. (mis à jour le 9 février)

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Effets indésirables éventuels

Y a-t-il des effets secondaires au vaccin ?

Oui, comme pour tous les vaccins. Mais il faut tout d'abord distinguer les "événements graves", quand un lien causal avec le vaccin n'est pas établi, et les "effets indésirables graves", quand ce lien est avéré. Voici le détail des événements les plus fréquents survenus dans les sept jours après chaque injection, pour les deux vaccins à ARN disponibles sur le marché. Ces tableaux permettent de comparer les signalements du groupe “vaccin” et du groupe “placebo” dans les essais cliniques.

 (D'APRES LES DONNEES COMPILEES PAR LA HAUTE AUTORITE DE SANTE)
 (D'APRES LES DONNEES COMPILEES PAR LA HAUTE AUTORITE DE SANTE)

Les événements les plus fréquemment observés avec le vaccin de Pfizer sont des douleurs au niveau de la piqûre (plus de 80%), de la fatigue (plus de 60%), des maux de tête (plus de 50%), des douleurs musculaires et des frissons (plus de 30%). Mais ils sont généralement d'une intensité faible à modérée et disparaissent en un jour ou deux. Leur fréquence diminue légèrement avec l'âge.

>> A LIRE AUSSI. Effets secondaires : ce que révèle le rapport de l'Agence américaine des médicaments sur le vaccin de Pfizer/BioNTech

Avec le vaccin de Moderna, les principales réactions observées sont une douleur à l'endroit de la piqûre (92%), de la fatigue (70%), un mal de tête (64,7%) ou une douleur musculaire (61,5%). Là encore, ces effets sont d'une intensité faible à modérée, disparaissent rapidement, et leur fréquence diminue un peu avec l'âge. (mis à jour le 16 janvier)

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Comment le suivi des injections est-il mis en place ?

Le premier étage du dispositif de pharmacovigilance repose sur un réseau de 31 centres régionaux (CRPV), répartis sur l'ensemble du territoire. Ils servent de centres experts et de recours pour les professionnels de santé et les patients qui s'interrogent sur un effet indésirable potentiel (et peuvent rédiger des signalements sur cette plateforme). "Parfois, il y a un lien évident, par exemple de réactogénicité (fièvre, courbatures...). Mais pour d'autres cas, ça peut être plus compliqué", explique à franceinfo Antoine Pariente. Dans ces situations, les centres de pharmacovigilance ont pour rôle de compléter "un dossier médical complet avec les antécédents du patient et les enquêtes complémentaires" pour trouver les autres causes.

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Les dossiers sont ensuite saisis dans la base nationale de pharmacovigilance, elle-même reversée dans les bases internationales, avec une validation informatique par l'ANSM. Dans le cadre du suivi renforcé des vaccins, ces informations sont transmises tous les jours aux deux centres de pharmacovigilance (Bordeaux et Marseille) qui sont en charge de faire la synthèse des données, de conduire des analyses fines et de regrouper les déclarations par catégories (éventuels troubles neurologiques, cardiaques...). Chaque jeudi, une synthèse est présentée lors d'un comité de suivi. Cette surveillance va se poursuivre au minimum durant toute la durée de la campagne vaccinale. (mis à jour le 9 février)

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Que donne le suivi en France ?

Le 5 février dernier, le réseau des centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) avait analysé 1 356 effets indésirables avec le vaccin de Pfizer depuis le début de la campagne de vaccination en France. Au total, 57 cas de décès post-vaccinaux ont été enregistrés mais "les données actuelles ne permettent pas de conclure qu'ils sont liés à la vaccination", selon la pharmacovigilance.

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Parmi les éventuels effets graves, le réseau mentionne 26 cas d'hypertension artérielle à l'évolution favorable après quelques minutes ou heures, 19 cas d'hypersensibilité et anaphylaxie et 24 cas d'arythmie ou tachycardie, ce qui ne veut pas dire qu'ils sont nécessairement la conséquence du vaccin. "A ce jour, estime l'ANSM, il n'y a pas de signal confirmé de sécurité avec le vaccin Comirnaty [de Pfizer]" (1 447 000 vaccinations au 29 janvier). Par ailleurs, 23 cas d'effets indésirables avec le vaccin Moderna, dont un grave mais d'évolution favorable, ont été rapportés et transmis aux CRPV rapporteurs (Lille et Besançon). (mis à jour le 19 février)

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Le vaccin à ARN messager modifie-t-il mon ADN ?

Non, les vaccins à ARN messager ne peuvent pas modifier le génome humain. Grâce à leur capsule graisseuse (couronne brune), ces brins (en bleu) entrent dans le cytoplasme (en jaune) des cellules et leur code est déchiffré par les ribosomes (en orange et violet), permettant la synthèse de l'antigène (protéine S). Mais le "matériel génétique de la personne vaccinée, qui se trouve dans le noyau de la cellule, ne va pas interagir avec l'ARN du vaccin", explique à franceinfo Etienne Simon-Lorière, responsable de l'unité de génomique évolutive des virus à ARN à l'Institut Pasteur. Ces brins sont ensuite dégradés, toujours dans le cytoplasme de la cellule. Ils y côtoient d'ailleurs de nombreux autres ARN d'origine étrangère à l'organisme, sans que cela nous émeuve.

Les brins ARN sont encapsulés dans des nano-particules grasses, afin d'être en mesure de passer la membrane cellulaire. Leur information est ensuite lue par les ribosomes, déclenchant la production de l'antigène (protéine S). Ce processus se déroule à l'extérieur du noyau où se trouvent les chromosomes, et donc l'ADN. (ITZIAR GOMEZ-AGUADO ET ALII / REVUE "NANOMATERIALS")

Cet ARN messager est un peu comme la photocopie d'une page de livre (ADN), dont il est tout à fait incapable de réécrire les chapitres. En réalité, seuls les rétrovirus, comme le VIH, ont la capacité d'opérer une "rétro-transcription" de l'ARN à l'ADN, afin d'intégrer le noyau des cellules-hôtes. Les séquences ARN utilisées dans les vaccins de Pfizer et de Moderna ne contiennent pas l'enzyme (transcriptase inverse) permettant de rebrousser le chemin vers l'ADN, ni celle (intégrase) permettant d'intégrer le génome – le coronavirus "sauvage" entier non plus. (mis à jour le 16 janvier)

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Est-il possible que le vaccin contre le Covid-19 entraîne une infertilité chez les femmes ?

Non. Les anticorps induits par la vaccination ne peuvent pas être dirigés contre des protéines humaines, et donc contre la syncytine, nécessaire à la fabrication du placenta. Mi-novembre, 12 grossesses avaient été recensées dans le groupe vaccin de l'essai clinique de phase 3 de Pfizer (11 dans le groupe placebo). Des études complémentaires doivent être menées. (mis à jour le 16 janvier)

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Les vaccins de Pfizer et de Moderna intègrent-ils des adjuvants ?

Le principe actif des vaccins de Pfizer et de Moderna est l'ARN. En raison du mode d'action, aucun produit n'est ajouté pour stimuler et améliorer la réponse immunitaire. Contrairement aux vaccins inactivés et à protéine recombinante, les vaccins à ARN n'ont donc pas besoin d'adjuvant.

Les différents composés nécessaires au vaccin de Moderna sont disponibles sur le site (PDF, en anglais) de l'Agence européenne des médicaments. On retrouve tout d'abord les quatre composants des petites particules grasses qui encapsulent l'ARN, lui permettant d'entrer dans les cellules (lipide SM-102, cholestérol, lipide DSPC et lipide PEG2000 DMG). Figurent également dans la liste des sels et une solution tampon, qui permet de maintenir le PH (trométamol et hydrochloride de trométamol, acide acétique et acétate de sodium trihydratée). On trouve également du sucrose, pour la viscosité, et de l'eau stérile.

La liste des composants du vaccin de Pfizer et BioNTech est disponible à cette adresse (PDF, en anglais), avec là encore des composants pour les nanoparticules (lipide ALC-0315, lipide ALC-0159, lipide DSPC et cholestérol), des sels et une solution tampon (chlorure de potassium, phosphate de monopotassium, chlorure de sodium et phosphate disodique déshydraté), du sucrose et de l'eau stérile. (mis à jour le 16 janvier)

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Les vaccins sont-ils des remèdes de type thérapie génique ?

Non, ils ne relèvent en aucun cas des thérapies géniques. Cette expression désigne des techniques prometteuses permettant de réparer le gène d'un patient. Le pôle de recherche financé par le Téléthon, par exemple, a récemment obtenu le feu vert pour un essai clinique sur la myopathie de Duchenne, une maladie dégénérative des muscles. Le principe est d'acheminer la séquence ADN du gène en question dans le noyau des cellules, grâce à un vecteur viral adapté en conséquence. Comme évoqué plus haut, l'ARN des vaccins de Pfizer et de Moderna a pour principe de guider la production d'une protéine S au niveau des ribosomes, dans le cytoplasme. Il n'entre pas dans le noyau, ne côtoie pas les chromosomes et ne peut pas interagir avec eux. (mis à jour le 16 janvier)

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Publics concernés

Est-ce utile de se faire vacciner si on a déjà eu le Covid-19 ?

Oui, avec une petite spécificité dans ce cas précis. La Haute Autorité de santé (HAS) recommande désormais l'administration d'une dose unique pour les personnes déjà infectés par le virus responsable du Covid-19. Et ceci, "car elles ont déjà élaboré à l’occasion de l’infection une mémoire immunitaire", explique un communiqué. "La dose unique de vaccin jouera ainsi un rôle de rappel." La HAS recommande de réaliser cette "vaccination au-delà d'un délai de 3 mois après l’infection, de préférence avec un délai proche de 6 mois". Les personnes présentant une immunodépression avérée devront conserver un schéma vaccinal à deux doses. (mis à jour le12 février)

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Pourquoi les personnes âgées sont-elles vaccinées en premier ?

Avec des doses en nombre limité, le gouvernement a d'abord souhaité désengorger les hôpitaux. Il a donc mis l'accent sur les publics les plus vulnérables au virus et les plus susceptibles de développer des formes graves de la maladie. "Cette stratégie est celle qui permet la plus grande réduction des formes sévères et des décès", faisait valoir la Haute Autorité de santé (HAS) fin décembre, un mois après avoir recommandé de cibler en priorité les résidents des Ehpad et autres hébergements collectifs. Ces derniers représentent en effet les premières victimes de la maladie depuis le début de l'épidémie.

Plusieurs observateurs, toutefois, ont fait remarquer que les données cliniques étaient encore incomplètes, voire inexistantes, pour les catégories d'âge les plus hautes. En réalité, des personnes âgées ont bien pris part aux essais cliniques menés par les fabricants – 4,3% des participants à l'essai de Moderna étaient âgés de plus de 75 ans. Malgré tout, la HAS recommande de mener "des études complémentaires" dans la sous-catégorie des plus de 75 ans, afin de "confirmer les résultats rassurants de sécurité et d'efficacité du vaccin chez les plus âgés". La campagne a pu débuter car la balance bénéfice-risque est jugée positive. (mis à jour le 16 janvier)

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On ne parle plus de la vaccination de la tranche d'âge de 65 à 75 ans. Qu'en est-il ?

"La vaccination pourra commencer au tout début du mois d'avril", a déclaré Olivier Véran, jeudi 11 février, d'abord avec les personnes atteintes d'une ou plusieurs comorbidités. En l'état, elles devraient bénéficier de vaccins à ARN, sauf si des données complémentaires permettent d'ouvrir le vaccin d'AstraZeneca au public âgé de plus de 65 ans.

Les vaccins à ARN de Pfizer et de Moderna concernent pour le moment les Ehpad et unités de soins de longue durée (USLD), les professionnels de santé âgés de plus de 50 ans et/ou avec comorbidités (depuis le 4 janvier), ainsi que les personnes âgées de plus de 75 ans (depuis le 18 janvier) ou à haut risque. En France, le vaccin d'AstraZeneca est réservé aux moins de 65 ans. Dans un premier temps, il est administré aux professionnels de santé, quel que soit leur âge, ainsi qu'aux personnes âgées de 50 à 65 ans en commençant par celles qui présentent des comorbidités. (mis à jour le 11 février)

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Parmi les personnels de santé prioritaires dès le départ, les techniciens de laboratoire et les secrétaires médicales sont-ils inclus ?

Depuis le 5 janvier, les professionnels de santé âgés de 50 ans ou plus, ainsi que ceux présentant des risques de développer une forme grave de la maladie, peuvent se faire vacciner. Cela comprend les secrétaires médicales, les techniciens de laboratoire, les préparateurs en pharmacie, les ambulanciers, les manipulateurs radio et les pompiers. Il faut présenter un document justifiant de sa profession et de son âge, et le cas échéant, une preuve du risque ouvrant l'accès au vaccin (par exemple une ordonnance). (mis à jour le 16 janvier)

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Quels sont les écarts de risque selon l'âge ou la pathologie ?

Le groupe Epi-Phare a publié une nouvelle étude afin de déterminer les facteurs de risques médicaux d'hospitalisation et de décès à l'hôpital pour Covid-19. Bien entendu, ces risques augmentent de manière exponentielle avec l'âge. "Par rapport aux 40-44 ans, le risque d'hospitalisation est doublé chez les 60-64 ans (décès multipliés par 12), triplé chez les 70-74 ans (décès multipliés par 30), multiplié par 6 chez les 80-84 ans (décès multipliés par 100) et par 12 chez les 90 ans et plus (décès multipliés par presque 300)". Les hommes ont 1,4 fois plus de risques d'être hospitalisés que les femmes et 2,1 fois plus de risques de décéder du Covid-19.

Sept pathologies augmentent nettement les risques d'hospitalisation et de décès : la trisomie 21 (risque d'hospitalisation x7, risque de décès x23), le retard mental (x4 et x7), la mucoviscidose (x4 et x6), l'insuffisance rénale chronique terminale sous dialyse (x4 et x5), le cancer actif du poumon (x3 et x4), les patients ayant bénéficié d'une transplantation rénale (x5 et x7) et d'une transplantation du poumon (x3 et x6). (mis à jour le 9 février)

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Quelles sont les pathologies dites à "risque" ouvrant droit à la vaccination prioritaire, quel que soit l'âge ?

De nouveaux publics ont été déclarés prioritaires et peuvent bénéficier du vaccin depuis le lundi 18 janvier. Le ministre Olivier Véran avait dévoilé la liste suivante, sur avis de la HAS et d'Alain Fischer, président du conseil d'orientation de la stratégie vaccinale : insuffisance rénale chronique sévère, cancer sous traitement, transplantés d'organe, personnes atteintes de trisomie. Les patients atteints de certaines maladies rares sont également concernés – la liste est ici disponible (PDF). Ces personnes devront obtenir une ordonnance de leur médecin traitant. Cela concerne 800 000 personnes atteintes de maladies graves qui les rendent vulnérables à des formes graves du Covid-19. (mis à jour le 9 février)

Les personnes diabétiques sont-elles concernées ?

Le diabète n'a pas été mentionné mais il faut lire entre les lignes, expliquait à franceinfo Jean-François Thébaut, vice-président de la Fédération française des diabétiques (FFD). "La liste précise indique que les personnes qui sont atteintes de polypathologies, de défaillance de plusieurs organes sont prioritaires." Le diabète est une défaillance viscérale du pancréas, et s'accompagne parfois d'une autre pathologie (obésité, insuffisance rénale, cardiaque ou pulmonaire...). Le cas échéant, il peut alors être considéré comme polypathologique et accéder à la vaccination. Cela n'est pas automatique et il faut donc consulter son médecin. S'il estime que c'est nécessaire, il rédigera un certificat à présenter au centre de vaccination. (mis à jour le 9 février)

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Le vaccin contre le Covid-19 est injecté en intramusculaire. Quel est le protocole pour les personnes sous anticoagulants ?

La vaccination n'est pas contre-indiquée chez les patients sous anticoagulants, à condition de prendre les précautions nécessaires. La Haute Autorité de santé en détaille quelques-unes : injection dans le muscle deltoïde, aiguille de petit calibre, pression ferme sur le point d'injection sans massage ni frottement (pendant deux minutes au moins…). Par ailleurs, le patient doit être informé du risque d'hématome avant de bénéficier du vaccin. (mis à jour le 16 janvier)

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Pour les personnes séropositives, est-il important de se faire vacciner ?

Les personnes qui vivent avec le virus du VIH n'ont pas été exclues des études mais les données de ce groupe n'ont pas été incluses dans l'analyse de l'efficacité du vaccin de Moderna, par exemple. La Haute Autorité de santé recommande tout de même de leur proposer la vaccination, "quel que soit le nombre de CD4" (une protéine de surface dont le nombre détermine l'état immunitaire du patient). En Allemagne, les personnes qui vivent avec le virus du VIH sont intégrées dans le troisième groupe des personnes prioritaires. Au Royaume-Uni, elles figurent dans le sixième des neuf groupes prioritaires. En France, cette population ne fait pas l'objet d'une mesure de priorité. (mis à jour le 16 janvier)

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J'ai des maladies auto-immunes. Le vaccin est-il conseillé ?

Les personnes ayant un traitement immunosuppresseur et les personnes immunodéprimées (hors VIH) ont été exclues des études cliniques, rappelle la HAS (PDF). Mais la vaccination est tout de même recommandée dans ces situations, car ces populations font partie des personnes à risque de forme grave. Il convient d'en parler avec son médecin. (mis à jour le 16 janvier)

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Mon fils de 10 ans peut-il se faire vacciner ?

Ce n'est pas d'actualité. "Nous avons raisonné par ordre de priorité, et clairement les catégories jeunes ne font pas partie des plus à risque",expliquait début décembre au Parisien Daniel Floret, vice-président de la commission technique des vaccinations de la HAS. Mais surtout, les fabricants doivent d'abord obtenir une autorisation de mise sur le marché pour cette catégorie d'âge, qui n'a pas participé aux essais cliniques menés jusqu'ici. Pour le moment, Pfizer ne dispose d'une AMM que pour les personnes âgées d'au moins 16 ans et Moderna pour les personnes âgées d'au moins 18 ans. Le premier a débuté un essai en octobre avec des participants âgés entre 12 et 15 ans. Le second n'a pas encore débuté le recrutement pour un essai sur 3 000 volontaires de 12 à 17 ans. (mis à jour le 16 janvier)

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Contre-indications

La vaccination est-elle compatible avec la grossesse et l'allaitement ?

Lors des essais pré-cliniques menés par Pfizer et Moderna sur les animaux, il n'y a pas eu d'effets secondaires sur la fertilité, la grossesse ou le développement du fœtus. A ce stade, ce type d'étude spécifique n'a pas été mené chez les femmes enceintes, mais aucun événement indésirable n'a été signalé chez celles qui ont participé aux essais cliniques. Par simple mesure de précaution, des études spécifiques sont prévues et les femmes enceintes sont pour le moment exclues des campagnes de vaccination.

L'administration du vaccin ne sera envisagée que lorsque le bénéfice attendu sera supérieur au risque éventuel, ajoute l'Agence européenne des médicaments. Les autorités britanniques recommandent (PDF en anglais) par exemple aux femmes enceintes ou qui allaitent de solliciter l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien avant de se faire vacciner. "Par mesure de précaution, vous devriez éviter de tomber enceinte au moins deux mois après le vaccin", est-il également mentionné. Par ailleurs, il n'existe pas encore de données sur une éventuelle excrétion de vaccin dans le lait maternel. (mis à jour le 16 janvier)

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Peut-on consommer de l'alcool une fois vacciné contre le Covid-19 ?

Cette question a notamment fait l'objet d'un débat en Russie, début décembre, après des consignes gouvernementales prônant deux semaines d'abstinence avant la première injection et trois semaines après la seconde, soit deux mois au total en comptant l'intervalle. "Si vous voulez être forts et avoir une réponse immunitaire forte, ne buvez pas d'alcool", a notamment déclaré la responsable de l'agence sanitaire russe. En France, le Haut Conseil de la santé publique avait d'ailleurs classé la surconsommation d'alcool parmi les facteurs pouvant expliquer une non-réponse au vaccin contre l'hépatite B.

Cette durée de deux mois semble toutefois exagérée et ne repose sur aucune donnée scientifique. Interrogé à ce propos par New Scientist (en anglais), le responsable du centre Gamaleïa de Moscou a simplement évoqué la nécessité d'adopter un comportement responsable, comme pour tous les vaccins, afin de laisser le corps former une réponse immunitaire dans de bonnes conditions – au moins pendant trois jours avant et après. Les fabricants Pfizer et Moderna n'ont émis aucun avertissement sur ce point, qui reste mal documenté scientifiquement. (mis à jour le 16 janvier)

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Je me fais vacciner contre le tétanos, pourrai-je ensuite me faire vacciner contre le Covid-19 ?

Oui, mais la Haute Autorité de santé préconise (PDF) tout de même un intervalle minimum de 14 jours entre un vaccin contre le Covid-19 et un autre vaccin, en l'absence de données sur une administration concomitante. Il est également conseillé "de ne pas faire un autre vaccin dans l'intervalle entre les deux doses de l'un ou l'autre des vaccins", précise l'HAS. Enfin, si le vaccin contre le Covid-19 est administré par inadvertance dans les 14 jours suivant l'administration d'un autre vaccin, il n'est pas nécessaire d'administrer une dose supplémentaire pour l'un ou l'autre de ces vaccins. (mis à jour le 16 janvier)

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Organisation de la campagne vaccinale

De combien de doses la France va-t-elle disposer prochainement ?

Concernant les livraisons déjà effectuées, les données sont disponibles en open data sur le site du ministère de la Santé. Concernant les livraisons à venir, voici une hypothèse de travail (datée du 2 février) du même ministère, qui est donc susceptible d'évoluer en fonction des autorisations et d'éventuels impondérables. Par ailleurs, le volume des livraisons n'a pas encore été fixé avec précision pour le deuxième trimestre, et encore moins par la suite.

 (MINISTERE DE LA SANTE)

Pour donner un exemple, 278 000 doses du vaccin d'AstraZeneca ont été livrées début février, puis 316 000 ; 700 000 nouvelles doses sont attendues le 17 février et 1,1 million supplémentaires à la fin du mois. Selon ces prévisions, et à condition que les vaccins de CureVac et de Johnson & Johnson (à une dose) obtiennent prochainement leur feu vert, la France devrait théoriquement disposer de suffisamment de doses, fin juin, pour proposer la vaccination à tous les adultes volontaires. Il s'agit du scénario idéal, mais la route est encore longue. (mis à jour le 11 février)

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Faut-il passer un test avant de se faire vacciner ?

Cela ne semble pas utile, sauf si vous avez été en contact avec une personne malade. Si vous avez eu le Covid-19, il suffit, comme expliqué plus haut, d'attendre trois mois après le début des symptômes, voire de prendre conseil auprès de votre médecin. Par ailleurs, la HAS ne recommande pas la réalisation d'une sérologie pour appuyer la décision de vaccination, car celle-ci "ne permet pas d'attester d'une immunité face au virus". Il est encore difficile, à l'heure actuelle, de définir "le marqueur immunologique de protection contre le SARS-Cov-2", détaille la Haute Autorité de santé. (mis à jour le 16 janvier)

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Pourra-t-on choisir le vaccin qui nous sera administré ?

Négatif. "Aujourd'hui, nous avons deux vaccins validés, deux vaccins à ARN messager avec la même efficacité [et] les mêmes indications", avait déclaré le ministre de la Santé, Olivier Véran, sur BMFTV, le 7 janvier, avant l'autorisation du vaccin d'AstraZeneca. "Il n'y a pas lieu de poser la question du choix", avait-il ajouté. "Si les indications sont les mêmes que pour les deux premiers, vous serez vaccinés par l'un ou par l'autre. On ne va pas commencer avec : 'Moi je préfère un vaccin à virus atténué, moi un vaccin à ARN...' On ne s'en sortirait pas." Voilà qui a le mérite d'être clair. (mis à jour le 9 février)

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Il était question de pouvoir manifester son intention de se faire vacciner, par exemple sur l'appli TousAntiCovid. Qu'en est-il ?

Le ministre de la Santé Olivier Véran, en effet, avait annoncé sur RTL que les Français souhaitant avoir accès au vaccin pourraient bientôt s'inscrire sur internet, par téléphone ou sur l'application TousAntiCovid. Ce dispositif a été lancé le jeudi 14 janvier, mais à l'attention des publics concernés, à savoir les personnes âgées de plus de 75 ans. Un numéro national a été mis en place (0800 009 110), le site sante.fr a été actualisé et il est également possible de contacter directement l'un des centres de vaccination disponibles. A ce jour, en revanche, aucun calendrier de pré-inscription n'a été communiqué pour l'ensemble de la population. (mis à jour le 16 janvier)

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Pourquoi le ministre de la Santé français a-t-il attendu avant de se faire vacciner devant les caméras ?

C'est un choix de communication politique. Olivier Véran a finalement reçu une première dose de vaccin AstraZeneca, lundi 8 février au centre hospitalier de Melun (Seine-et-Marne). Mais ailleurs dans le monde, d'autres responsables politiques avaient choisi de lancer le mouvement dès le début des campagnes vaccinales (Joe Biden aux Etats-Unis, Benyamin Nétanyahou en Israël...). Fin décembre, le ministre français avait expliqué qu'il respecterait le calendrier défini par le gouvernement, afin de ne pas prendre "la place d'une personne fragile", mais tout en affirmant son "impatience à pouvoir être protégé par le vaccin". Neurologue de formation, Olivier Véran, 40 ans, a donc attendu l'ouverture de la vaccination à l'ensemble des soignants. (mis à jour le 9 février)

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Des "vaccinodromes" vont-ils être mis en place en France, comme en Allemagne ?

Cette question a fait l'objet d'un débat parfois animé entre des professionnels hospitaliers, plutôt favorables à cette option, et des médecins généralistes, qui y étaient plutôt opposés. En Allemagne, certains "vaccinodromes" peuvent accueillir jusqu'à 5 000 personnes par jour, dans des espaces publics aménagés pour l'occasion. De son côté, la France a privilégié la mise en route de centres médicaux, en appui des hôpitaux, dans sa stratégie de ciblage de populations prioritaires élargies au fil du temps. A ce jour, le choix français de publics très ciblés ne requiert pas de grands centres à l'allemande.

Plus généralement, le gouvernement souhaite privilégier une vaccination de proximité. Fin décembre, Olivier Véran avait fait référence au précédent de la grippe H1N1, en 2009, et déclaré qu'on avait déjà "essayé [les 'vaccinodromes'] en France" et que "ça n'avait pas marché".

>> A LIRE AUSSI. Covid-19 : les "vaccinodromes" font-ils défaut à la France ?

Avec l'arrivée du vaccin d'AstraZeneca en médecine de ville (seconde moitié de février), la place des généralistes et des officines sera centrale pour les professionnels de santé et les personnes âgées de moins de 65 ans avec comorbidité. Mais le ministère de la Santé se réserve la possibilité de maintenir des centres pour ce vaccin dans chaque département (en plus des centres équipés de vaccins de Pfizer et de Moderna), afin d'offrir "un filet de sécurité". Début janvier, enfin, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, avait évoqué sur franceinfo un possible "rôle" des entreprises à l'avenir, quand la vaccination sera ouverte au plus grand nombre. (mis à jour le 9 février)

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Quel rôle pour les pharmacies dans la campagne vaccinale ?

C'était une demande forte des pharmaciens d'officine. Ils ont été entendus et vont entrer dans la danse avec l'arrivée du vaccin d'AstraZeneca, qui ne nécessite pas de congélation pour le stockage. Dans un avis très attendu, le 2 février, la Haute Autorité de santé a recommandé l'élargissement de la compétence vaccinale aux pharmaciens et aux sages-femmes, à condition qu'ils aient été formés à la vaccination et qu'ils aient déjà déclaré une telle activité, par exemple dans le cadre de la grippe.

"Ils vont pouvoir vacciner, évidemment, parce qu'on a besoin d'eux, parce qu'on a un maillage d'officines sur notre territoire qui est extrêmement dense", soulignait ainsi sur France 5 le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. L'ordre national des pharmaciens a aussitôt "salué" cette recommandation. La livraison du 17 février – quelque 700 000 doses – devrait être fléchée vers les médecins. Les pharmaciens devront sans doute patienter encore un peu avant de pouvoir réaliser leurs premières injections. (mis à jour le 9 février)

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Vie sociale et voyages

Si nous nous faisons vacciner, allons-nous avoir un "passeport vaccinal" ?

Dominique Le Guludec, présidente de la Haute Autorité de santé, a affirmé sur franceinfo, mi-janvier, que ce n'était pas à l'ordre du jour : "Nous ne nous sommes pas penchés sur cette question parce que, tout bêtement, on ne sait pas si ce vaccin bloque la transmission, ça n'a donc pas de sens." Et même en cas de données convaincantes sur le blocage de la transmission, cette question restera débattue.

Après des protestations, le gouvernement a déjà remballé fin décembre un projet de loi sur les urgences sanitaires, qui prévoyait la possibilité future de "subordonner" certains déplacements et activités à la présentation d'un test négatif, d'un vaccin ou d'un traitement. Une telle mesure pourrait être "conforme aux droits fondamentaux, mais à certaines conditions assez exigeantes", explique à franceinfo Serge Slama, professeur de droit public à l'université de Grenoble-Alpes.

>> A LIRE AUSSI. Covid-19 : le passeport vaccinal serait-il légal ?

Le gouvernement a toujours répété que le vaccin ne serait pas obligatoire, mais un éventuel "passeport" vaccinal pourrait changer la donne. Par ailleurs, il faudrait d'abord rendre ce vaccin accessible à tous, prévoir des dérogations pour ceux qui ont des contre-indications médicales et préciser le champ d'application d'un tel sésame. Il faudrait également préciser la manière dont les contrôles seront réalisés, et quelle preuve utiliser (carnet de vaccination, application...). La question des données médicales est sensible. (mis à jour le 16 janvier)

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Le vaccin sera-t-il imposé plus tard pour les voyages internationaux ?

A ce jour, seule l'Islande délivre des certificats de vaccination électroniques à ses habitants – et pour l'heure, ces documents ne valent donc pas grand-chose pour les voyages. Mais la Suède et le Danemark, à leur tour, sont en train de développer de tels passeports vaccinaux électroniques pour faciliter les déplacements à l'étranger. Par ailleurs, l'Association du transport aérien international élabore depuis l'an passé un "travel pass" ("passeport pour voyager") utilisable sur smartphone. Celui-ci permettrait de prouver sa vaccination aux compagnies aériennes et aux douanes.

Côté français, Emmanuel Macron a déclaré qu'il fallait traiter ce point "avec une grande prudence", le 22 janvier, en soulignant qu'il n'était pas exclu que les personnes vaccinées soient encore contagieuses. Mais certains Etats membres de l'UE, comme la Grèce, défendent au contraire cette option. Le principe d'un certificat commun a été adopté par l'UE, afin d'harmoniser les preuves de vaccination. La Commission européenne a toutefois précisé que l'utilisation de ce document pour "d'autres raisons" que des fins médicales, comme les voyages, devrait être décidée ultérieurement.

"La mise en place d'un passeport sanitaire aux frontières, on va y arriver", déclarait le sénateur LREM André Gattolin, interrogé le 5 février sur Public Sénat. "Les compagnies aériennes et les Etats ont déjà conditionné les voyages à la présentation de tests PCR négatifs". (mis à jour le 9 février)

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Une personne vaccinée contre le Covid-19 aura-t-elle toujours besoin de porter un masque ?

A priori, oui. Par précaution, une personne vaccinée devra continuer à porter le masque et à respecter les gestes barrières. Les chercheurs tentent de savoir si les anticorps induits par le vaccin ont la capacité de se projeter rapidement dans les muqueuses nasales, avant que le virus n'ait le temps de s'y répliquer et d'être transmis par voie aéroportée à un autre individu. Certains laboratoires planchent même sur des vaccins nasaux, qui permettraient de monter la garde très tôt en cas d'infection. (mis à jour le 16 janvier)

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Devra-t-on se faire vacciner tous les ans ?

Ce n'est pas exclu. "Il est possible que la Covid-19 devienne une maladie à recrudescence saisonnière comme la grippe, explique la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf), ce qui pourrait justifier l'obtention d'une immunité à long terme". Il faudra donc surveiller deux paramètres : la durée de l'immunité induite par le vaccin, mais aussi l'évolution du virus. Si l'organisme n'est plus capable de reconnaître d'éventuels variants, il faudra alors adapter le vaccin en conséquence. (mis à jour le 16 janvier)

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