Coronavirus : va-t-il falloir porter un masque à l'extérieur ?

L’augmentation de l’activité épidémique dans certaines régions de France inquiète les autorités, incitant de plus en plus de communes à prendre des mesures dont le port du masque obligatoire dans les rues fréquentées et les marchés.

Les touristes au Mont-Saint-Michel (Normandie) sont masqués, le 25 juillet 2020.
Les touristes au Mont-Saint-Michel (Normandie) sont masqués, le 25 juillet 2020. (LUCIE THUILLET / RADIOFRANCE)

Depuis le 20 juillet, le port du masque est obligatoire dans tous les lieux clos (à l’exception des salles de cinéma), en complément des gestes barrières pour éviter une reprise de l’épidémie de coronavirus qui a fait 15 nouveaux morts en 24 heures, selon le communiqué du 29 juillet de la Direction générale de la Santé (DGS). Le bilan total du nombre de décès en France s’élève à 30 238 depuis le début de l'épidémie. "La proportion de tests positifs augmente à 1,4% et on constate une hausse sensiblement plus marquée chez les jeunes adultes", alerte la DGS qui rappelle que "les jeunes peuvent contribuer à diffuser le virus s'ils ne respectent pas les mesures barrière et contaminer leurs proches, parents, grands-parents et les personnes fragiles".

Les zones touristiques en première ligne

Des chiffres qui incitent les autorités à passer à la vitesse supérieure en envisageant notamment le port du masque en extérieur. Depuis le 28 juillet, c’est le cas dans certaines rues de Cabourg et dans plusieurs marchés du Calvados, ceux de Caen, Deauville et Trouville. Et alors que la saison des vacances bat son plein, les lieux de rassemblements comme les plages, les parcs et les jardins publics ont été fermés la nuit dans la ville touristique de Quiberon en raison d’un rebond des contaminations. D'autres villes littorales, comme La Rochelle, ont imposé le masque en plein air dans les quartiers les plus fréquentés.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a indiqué le 29 juillet que des discussions étaient en cours avec le préfet et le directeur de l'Agence régionale de santé (ARS) du Nord pour éventuellement rendre le port du masque obligatoire en extérieur, "compte tenu de la proximité avec la Belgique" qui fait face à une recrudescence de cas de Covid. La décision sera prise le 30 juillet en fonction des "derniers chiffres consolidés de l'ARS", a indiqué la préfecture du Nord qui a ajouté que si des mesures étaient prises, elles seraient effectives dès le week-end. Certaines communes n’ont cependant pas attendu de directives et obligent à porter le masque sur les marchés de plein air comme à Bailleul.   

Les rassemblements festifs dans la ligne de mire  

Lors d’une visite dans les Yvelines le 29 juillet, Olivier Véran a confirmé qu’il y avait "une augmentation de l'activité virale dans certains endroits de notre pays" depuis quelques jours, citant notamment le cas de la Mayenne, où le masque est désormais obligatoire en extérieur et où tout rassemblement de plus de 10 personnes est interdit. "L'Organisation mondiale de la santé reconnaît un risque sérieux de transmission aérosol du virus", a souligné le ministre qui incite au port du masque en extérieur en cas de soudaine densité de population. Il a également lancé un appel particulier aux jeunes : "Il faut pouvoir profiter de la vie et des vacances mais il faut aussi se protéger et protéger les autres", a plaidé Olivier Véran. "Nous enregistrons des clusters (foyers épidémiques) qui sont amenés souvent par des activités festives", a insisté le ministre, faisant référence à Quiberon (Morbihan) où des rassemblements, notamment chez les 18-25 ans, ont engendré des dizaines de contaminations.

On n'est pas à l'abri parce qu'on est jeune et on est encore moins à l'abri de transmettre.Olivier Véran, ministre de la Santé  

Le port du masque en extérieur est "une mesure de prudence", a commenté le 30 juillet sur franceinfo le président d'honneur de la Fédération des Médecins de France, Jean-Paul Hamon. "Même dans ces périodes de vacances, même si on est à l'extérieur, il y a des endroits où on est regroupés", a constaté le médecin qui témoignait de la queue de l’embarcadère de Belle-Île-en-Mer. "Les gens attendent, ils sont serrés les uns contre les autres", a-t-il décrit, soulignant l’incohérence du masque obligatoire dans le bateau, mais pas dans la file d’attente. Ce serait "effectivement raisonnable de mettre un masque dans ces conditions-là parce que même si on est en plein air, les distances barrières ne sont pas respectées", pointe-t-il.

Sport : les supporters masqués

La ministre des Sports Roxana Maracineanu a, de son côté, appelé jeudi 30 juillet sur franceinfo "à la responsabilité des spectateurs" lors du Tour de France qui débutera le 29 août. "Nous avons insisté pour que même en plein air, il y ait le port du masque", a-t-elle indiqué. C'était d'ailleurs le cas vendredi 24 juillet au Stade de France, lors de la finale de la Coupe de France de football, entre le PSG et Saint-Etienne.

Les Français savent maintenant que le masque est le meilleur moyen de se préserver de la circulation du virus. D'autant plus si c'est dans une épreuve sportive, un temps de loisir, de passion où on va avoir tendance à crier. Il faut faire attention.Roxana Maracineanu, ministre des Sportsà franceinfo

Pour l’heure, le gouvernement maintient la présence de spectateurs dans les stades avec une jauge maximale de 5 000 personnes jusqu'à fin août, et les préfets pourront même accorder des dérogations pour accueillir plus de spectateurs si la situation sanitaire le permet. On ne sait pas encore si le masque y sera rendu obligatoire.