"Je serai disponible, mais pas ravi d'être rappelé" : l'espoir d'un répit pour les soignants cet été alors que le nombre de patients Covid augmente à l'hôpital

Le nombre de personnes hospitalisés en réanimation pour Covid-19 en France est repassé jeudi au-dessus de la barre symbolique des 1 000 patients, pour la première fois depuis le 6 juillet. C'est le début de la quatrième vague de l'épidémie à l'hôpital, alors que les soignants aspiraient à prendre enfin des congés.

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Radio France
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Des soignants de l'hôpital Pompidou, à Paris, lors de la troisième vague de l'épidémie de Covid-19, le 15 mars 2021. (ARNAUD DUMONTIER / MAXPPP)

La France compte 7 236 personnes hospitalisées pour une infection au coronavirus, dont 1 015 en réanimation, selon les dernières données publiées par Santé publique France jeudi 29 juillet. Ce nombre augmente quotidiennement depuis quelques jours. C'est le début de la quatrième vague de l'épidémie à l'hôpital. Une vague qui tombe au plus mal dans le calendrier, au beau milieu des vacances d'été, alors que dans les hôpitaux, les soignants, épuisés par cette pandémie, espèrent profiter de congés pour se reposer enfin.

A l'hôpital Georges Pompidou, à Paris, où environ un tiers de l'équipe médicale est en vacances en juillet et en août, cette quatrième vague débute tout juste et la réanimation n'est pas encore sous tension. "Six patients ont été admis dans la semaine du 19 au 25 juillet, près du double de la semaine précédente", précise le professeur Jean-Luc Diehlet, chef du service de réanimation médicale. Deux nouveaux patients ont été admis cette semaine et le service va également accueillir des malades évacués de Guadeloupe et de Martinique

Des rappels de personnels envisageables

Les professionnels de santé espèrent qu'avec la moitié de la population française complètement vaccinée, moins de malades arriveront en réanimation. Malgré tout, l'hôpital se tient prêt. "Si le nombre de patients hospitalisés, et encore plus hospitalisés en soins critiques, venait à augmenter de façon exponentielle, cela imposerait d'envisager des rappels de personnels, des recours à la réserve sanitaire", explique le professeur Jean-Luc Diehl. Cela signifie rappeler éventuellement des soignants en vacances, ce qui n'enchante pas ceux qui s'apprêtent à partir.

"J'attends mes vacances depuis longtemps, mais je sais bien que je fais partie du personnel de santé, et que je pourrais bien être amenée à les annuler. Qu'est-ce qu'on peut y faire ?"

Une soignante au service de réanimation

à franceinfo

"J'ai pris mes congés en septembre et je n'imagine pas que je n'irai pas, sinon c'est trop dur de tenir", confie l'une de ses collègues. "Mais l'année dernière on a accepté de supprimer nos vacances et cette année on acceptera aussi si nécessaire", ajoute-t-elleLe chef du service sera lui aussi mobilisable. "Je serais disponible s'il le fallait et joignable", assure le professeur Jean-Luc Diehl, mais "je ne vous dis pas que je serai ravi d'être rappelé pendant mes vacances", reconnaît-il. 

Pas sûr pour autant que tous les personnels hospitaliers reviennent, prévient le Dr Jean-Loup Augy. "On fera avec les moyens du bord", explique-t-il.

"On ne pourra pas rappeler tout le monde parce qu'on leur doit leurs vacances. Et surtout, si on ne leur donne pas, ils seront en arrêt parce qu'ils sont épuisés." 

Dr Jean-Loup Augy

à franceinfo

Tous croisent les doigts et espèrent que cette quatrième vague en plein été ne débordera pas l'hôpital. Ils insistent sur l'importance de la vaccination contre le Covid. "Les gens vaccinés qui sont arrivés dans notre service, on en a eu deux en l'espace de neuf mois. Et donc si vous êtes vaccinés, vous ne viendrez pas chez nous, ce qui m'arrange", résume le Dr Augy. 

A l'hôpital Pompidou, à Paris, les soignants "pas ravis" mais prêts à annuler leurs vacances - Reportage de Solenne Le Hen
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