Fibrose pulmonaire, syndrome de stress post-traumatique... Quelles sont les séquelles pour les cas graves de Covid-19 ?

Les personnes présentant de faibles symptômes ne semblent pas concernées par d'éventuelles séquelles liées au coronavirus, contrairement aux patients gravement atteints par la maladie et placés en réanimation.

Une personne atteinte du Covid-19 à l\'hôpital Louis-Pasteur de Colmar (Haut-Rhin), le 26 mars 2020.
Une personne atteinte du Covid-19 à l'hôpital Louis-Pasteur de Colmar (Haut-Rhin), le 26 mars 2020. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Chaque jour, des centaines de personnes guérissent du coronavirus en France. Vendredi 27 mars, elles étaient 5 700 à être sorties des hôpitaux, victorieuses du Covid-19. "Et le nombre est probablement beaucoup plus important car plus de la moitié des cas confirmés d'infection Covid est à domicile, en ville, et non hospitalisés", a précisé le directeur général de la santé, Jérôme Salomon. Mais dans quel état se retrouvent ces personnes convalescentes ? La situation est très variable selon les cas. Et pour les personnes ayant eu les symptômes les plus graves, d'importantes séquelles ont déjà été détectées.

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Ces observations doivent être prises avec prudence, tant le recul nécessaire à l'évaluation des séquelles manque encore aujourd'hui. Mais de premières études, notamment chinoises et italiennes, viennent nourrir les observations des professionnels de santé en contact avec les malades. Avec un premier constat : "Actuellement, on ne pense pas qu'il y ait de séquelles pour les personnes qui ont eu de faibles symptômes", explique à franceinfo le professeur Xavier Lescure, infectiologue à l'hôpital Bichat, à Paris, sans pour autant se montrer catégorique.

Un risque de fibrose pulmonaire

Les poumons sont en première ligne face au coronavirus. Pour bien s'en rendre compte, des chercheurs de l'hôpital universitaire George Washington, aux Etats-Unis, ont réalisé une vidéo en 3D de poumons sévèrement infectés par le Covid-19. On peut apercevoir le tissu pulmonaire endommagé en jaune, relève Le Parisien. "Quand cette inflammation se réduit, elle laisse des cicatrices sur les poumons et crée des dégâts à long terme. Cela peut détériorer les capacités d'un patient à respirer dans le futur", précise le docteur Keith Mortman, chef du service de chirurgie thoracique dans cet hôpital.

Un avis partagé par plusieurs spécialistes. "Les experts chinois avec qui on est en contact disent que, pour les gens qui font des formes sévères, le risque, c'est la fibrose pulmonaire et une insuffisance respiratoire chronique", indique le professeur Xavier Lescure. Les poumons fibrosés peuvent notamment provoquer une forte gêne respiratoire pour les patients.

Les études autopsiques menées en France corroborent ce risque de séquelles aux poumons. "On voit que les personnes qui décèdent ont des grosses lésions liées à des inflammations pulmonaires", complète le professeur Xavier Lescure.

Des séquelles neurocognitives importantes

D'autres séquelles potentiellement très handicapantes sont observées par les spécialistes de santé. Celles-ci ne proviennent pas directement de l'action du virus sur l'organisme, mais des longs passages en réanimation que doivent subir certains patients pour survivre. "On observe des séquelles neurocognitives très impressionnantes à la suite de syndromes de détresse respiratoire aiguë", explique à franceinfo le professeur Jean-Michel Constantin, anesthésiste-réanimateur à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris.

Il faut dire que, pour les cas les plus graves, les périodes de réanimation peuvent être extrêmement longues, jusqu'à huit semaines, rappelle le docteur Jérôme Marty, médecin généraliste et président de l'Union française pour une médecine libre (UFML). "Vous vous retrouvez pendant trois semaines avec une machine qui respire pour vous, vous êtes endormis, vous êtes paralysés avec des curares [des anesthésiques]", explique à l'AFP Bertrand Guidet, chef du service de médecine intensive réanimation à l'hôpital Saint-Antoine, à Paris.

De quoi laisser de graves séquelles neurocognitives. Parmi elles, "le plus important, c'est le syndrome de stress post-traumatique", indique le professeur Constantin. "Tout cela est régressif mais il faut du temps, des années. Et on ne s'en remet pas de la même manière à 20 ans ou à 80 ans", prévient-il. Dans ces conditions, la réanimation peut être "déraisonnable", insistent les experts, notant que certains malades peuvent alors être orientés vers les soins palliatifs, afin de mourir sans souffrir.

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