"On en a marre, tout simplement !" : à Saint-Ouen, l'obligation de porter un masque difficilement respectée

Un arrêté préfectoral oblige les habitants de la commune à porter un masque dans les lieux clos qui accueillent du public. Mais tout le monde n'est pas encore prêt à respecter la mesure. Un centre de dépistage a été installé dans la ville.

Un centre de dépistage gratuit a été mis en place à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), pour tenter d\'endiguer le foyer épidémique.
Un centre de dépistage gratuit a été mis en place à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), pour tenter d'endiguer le foyer épidémique. (BORIS LOUMAGNE / RADIO FRANCE)

"D'habitude je l'ai sur moi, mais là je l'ai oublié", confie Abdel, sans masque, à la sortie de la boulangerie, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Dans cette commune où un foyer épidémique de coronavirus a été détecté dans une école, le préfet a pris un arrêté lundi 13 juillet obligeant, de nouveau, le port du masque dans les lieux clos recevant du public. Emmanuel Macron a indiqué, lors de son discours du 14-Juillet, vouloir que le port du masque soit "obligatoire dans tous les lieux publics clos" en France à partir du 1er août.

Si Abdel a oublié son masque ce jour-là, il ne compte de toute façon pas vraiment respecter l'obligation de le porter dans les milieux clos. "Sauf si je vois du monde, sinon je ne vais pas le respecter. On en a marre, tout simplement ! On ne peut plus respirer, moi je suis asthmatique parfois donc, non, je ne peux pas."

À quelques mètres de là, le coiffeur porte bel et bien son masque. "Il n'y a aucun souci", assure-t-il. En revanche, son client n'en porte pas. "Non, le monsieur a son masque dans la poche." Le concerné confirme : "Je n'aime pas beaucoup les masques moi, c'est vrai. Cela me gêne ! Je n'en porte pas beaucoup."

"Il faut qu'on s'y mette"

Boulangerie, coiffeur, supermarché... Peu de masques sont portés dans les commerces de Saint-Ouen. Évelyne, qui tient une épicerie, l'a bien remarqué : "Les gens ne respectent pas, surtout à Saint-Ouen. Moi j'ai quelques affiches dans le magasin, sur la porte, mais on verra bien. Il faut qu'on s'y mette !"

C'est le bien-être de tout le monde et la santé de tout le monde qui comptent.Évelyne, gérante d'une épicerieà franceinfo

Se reprendre en main, c'est aussi ce que pense Cécilie, masque sur le visage. Sa fille est scolarisée à l'école où le foyer épidémique a été détecté. "C'est inquiétant, parce que ça revient à la hausse. Je pense que les gens n'y croient plus parce qu'on nous a dit 'mettez des masques', 'ne mettez pas de masques', 'on peut aller bosser', 'on peut aller au restaurant, au cinéma, partout'. Et puis finalement, on va avoir une deuxième vague, on va encore morfler."

Il en va de ma responsabilité de maire d'expliquer, d'informer, d'éduquer toute la population sur la nécessité absolue du respect des gestes barrières.Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouenà franceinfo

Afin de limiter le foyer épidémique détecté dans l'école, la ville de Saint-Ouen a organisé mardi 14 juillet une séance de dépistage gratuite, toute l'après-midi, par test PCR. En moins d'une heure, une centaine de personnes avaient déjà été testées. Elles recevront leur résultat par SMS. Le centre est également ouvert mercredi et vendredi.

Le nouveau maire de la ville mise sur l'anticipation : "Il faut endiguer tout de suite la contamination, être proactif, explique Karim Bouamrane. L'objectif est d'attirer l'attention de la population en leur disant 'attention à la propagation du virus'. Il faut être vigilant et cela passe par le respect des gestes barrières, l'usage du gel hydroalcoolique et surtout le port du masque obligatoire dans les lieux privés. C'est une prise de conscience citoyenne et collective. Le virus n'est pas mort."

Port du masque à Saint-Ouen : écoutez le reportage de Boris Loumagne
--'--
--'--