Impréparation, manque de pédagogie : les sénateurs de l'opposition sceptiques après le discours de politique générale de Jean Castex

Dans son intervention au palais Bourbon, le Premier ministre a justifié le changement de calendrier pour l'obligation du port du masque. L'exécutif n'a pas tiré les leçons de la crise sanitaire, estime le Rassemblement national. Les socialistes s'opposent, eux, à la mise en place de sanctions.

Article rédigé par
Julie Pacaud - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le Premier ministre Jean Castex après son discours au Sénat, le 16 juillet 2020. (BERTRAND GUAY / AFP)

Après les députés mercredi 15 juillet, Jean Castex a livré, jeudi 16, son discours de politique générale aux sénateurs. Le Premier ministre est largement revenu sur la crise du coronavirus, appelant à intensifier les contrôles sanitaires et les tests de dépistage. La principale annonce est l'obligation du port du masque dans les lieux publics clos dès la semaine prochaine. La plupart des sénateurs se sont réjouis de cette annonce mais ils souhaitent quelques éclaircissements.

Flottement et hésitations au sein du gouvernement

Jean Castex l'annonce dès les premières minutes de son discours devant les sénateurs : un décret va être publié dès la semaine prochaine et non pas le 1er août comme indiqué par Emmanuel Macron lors de son intervention télévisée du 14 juillet.

 J'ai entendu et compris que cette échéance apparaissait tardive ou suscitait quelques interrogations. Le décret entrera en vigueur la semaine prochaine.

Jean Castex, le Premier ministre

devant les sénateurs

Jean Castex, met donc fin à plusieurs jours de flottement, d'atermoiements au sein de l'exécutif. La date du 1er août, d'abord annoncée par le président de la République mardi, avait suscité de nombreuses interrogations. Ce délai correspond au temps nécessaire pour s'approprier une nouvelle doctrine, a justifié Olivier Véran. Le ministre de la Santé a, par ailleurs, demandé à ce que le port du masque soit d'ores et déjà obligatoire dans plusieurs villes de Mayenne. Des hésitations que n'a pas oublié de souligner Stéphane Ravier, sénateur Rassemblement national : "Ils n'ont pas été foutus de gérer ne serait-ce que le stock de masques. Ils auraient dû en tirer les enseignements de leurs erreurs, de leur impréparation. Toujours pas, toujours pas. On a l'impression qu'on est revenus au mois de février."

Sanction ou pédagogie

Ce flottement de l'éxécutif serait du aux délais législatifs, estime Claude Malhuret, président des indépendants au Sénat. "Pour le faire, il faut prendre un décret pour prendre un décret. Il faut border juridiquement parce que c'est une question sujette, bien entendu, à des contestations possibles. Donc, Il faut, bien-sûr, le faire tout de suite, mais l'obligation, elle, ne peut se faire qu'avec le décret et le décret prend du temps."

Quinze jours pour un décret, ce n'est pas beaucoup.

Claude Malhuret, président des indépendants au Sénat

à franceinfo

L'obligation du port du masque implique des sanctions en cas de non respect, ce qui ne convient pas aux sénateurs socialistes. Ils plaident pour davantage de pédagogie. "Comment voulez vous sanctionner ? Vous allez commencer à des procès verbaux, à des gens qui circulent sans masque, interroge Patrick Kanner, président du groupe PS au Sénat. Je pense qu'il faut faire confiance. La sanction, oui, si on s'aperçoit qu'il y a des débordements permanents. Mais finalement, quand on voit des personnes qui sont entre guillemets, prises sans marge, très vite, elles en sortent un qui est dans leur poche ou dans leur sac et le porte.

Faisons confiance aux Français. Ce ne sont pas des enfants.

Patrick Kanner, président du groupe PS au Sénat

à franceinfo

Patrick Kanner demande la gratuité des masques et leur distribution devant tous les lieux concernés.

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